Côte d'Ivoire/Nigéria : Sommet international sur l'énergie, Sangafowa-Coulibaly (Pdt de l'APPO) : "L'Afrique doit transformer ses ressources pour elle-même"
L’Afrique énergétique était au cœur de l’actualité ce 3 février dans la capitale nigériane, à l’ouverture de la 9ᵉ édition du Nigerian International Energy Summit (NIES), l’un des rendez-vous stratégiques majeurs du secteur sur le continent. Placé sous le thème « L’énergie au service de la paix et de la prospérité : bâtir notre avenir commun », le sommet a réuni des délégations venues d’une dizaine de pays africains, dont la Côte d’Ivoire, la Guinée équatoriale et le Sénégal.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du président gambien Adama Barrow, du vice-président nigérian Kashim Shettima, du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie Mamadou Sangafowa-Coulibaly, par ailleurs président en exercice de l’Association des pays producteurs de pétrole africains (APPO), ainsi que de plusieurs ministres africains en charge de l’énergie et des hydrocarbures.
Dans son allocution inaugurale, le vice-président nigérian a rappelé le rôle fondamental de l’énergie dans la stabilité et le développement des États.
« L’énergie est la force vitale des économies modernes. Elle doit éclairer les foyers, alimenter les industries, stimuler l’innovation et bâtir la confiance entre gouvernements, investisseurs et citoyens », a déclaré Kashim Shettima devant une salle comble.
Les chiffres présentés lors du sommet ont mis en lumière l’ampleur des défis auxquels l’Afrique est confrontée. Près de 600 millions d’Africains restent privés d’accès à l’électricité, tandis que la population du continent devrait croître d’environ un milliard de personnes d’ici 2050. Une dynamique démographique qui nécessitera des capacités énergétiques considérablement accrues.
À ce titre, l’ensemble des intervenants a insisté sur la nécessité de bâtir des fondations solides pour réussir cette transformation : stabilité politique, cadres réglementaires attractifs, mobilisation des capitaux privés et, surtout, mise en place d’outils financiers africains capables d’accompagner durablement le développement du secteur.
C’est dans ce contexte que la Banque africaine de l’énergie (BAE) s’est imposée comme la véritable vedette du Nigerian International Energy Summit. La veille de l’ouverture du sommet, le siège de l’institution a été officiellement réceptionné à Abuja par le président de l’APPO, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Dans les couloirs comme à la tribune, un consensus s’est dégagé autour de cette banque portée par l’APPO en partenariat avec Afreximbank, désormais perçue comme un levier stratégique pour l’avenir du secteur pétro-gazier africain.
« Nos attentes sont immenses avec la Banque africaine de l’énergie. Elle va contribuer à changer la trajectoire du pétrole africain pour en faire une véritable source de prospérité pour le continent », a affirmé Heineken Lokpobiri, ministre nigérian des Ressources pétrolières.
Porteur du plaidoyer pour la concrétisation de ce projet structurant, Mamadou Sangafowa-Coulibaly s’est montré confiant, fort de l’adhésion croissante des États membres et des acteurs africains de la chaîne pétro-gazière.
« Nos idées convergent toutes vers une même nécessité : l’Afrique doit transformer localement ses ressources, pour elle-même d’abord. La création de la Banque africaine de l’énergie va permettre de changer la donne et d’assurer notre autonomie énergétique », a-t-il déclaré en marge du sommet.
Les travaux du Nigerian International Energy Summit se poursuivent jusqu’au 5 février à Abuja, réunissant plus de 5 000 participants, selon les organisateurs. Panels, rencontres ministérielles et échanges entre investisseurs et décideurs devraient permettre de dessiner les grandes orientations énergétiques du continent pour les années à venir.
Wassimagnon
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