Côte d'Ivoire : Accusations du Niger, Abidjan hausse le ton et attend la réponse de Niamey
La tension diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Niger demeure palpable. Le 30 janvier dernier, la ministre ivoirienne des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a convoqué l’ambassadrice du Niger en poste à Abidjan, à la suite d’accusations jugées graves formulées par le président nigérien à l’encontre de la Côte d’Ivoire.
Interrogé ce mercredi 3 février, sur l’évolution de cette affaire, le gouvernement ivoirien a confirmé qu’une vive protestation officielle avait été adressée aux autorités nigériennes et qu’un courrier de protestation formel avait également été transmis à Niamey.
« Son Excellence Madame la ministre des Affaires étrangères a effectivement reçu Madame l’ambassadrice du Niger pour lui exprimer une vive protestation. Un courrier de protestation a été adressé et, à ce jour, nous sommes en attente de la réponse à ce courrier », a indiqué le porte-parole du gouvernement.
S’agissant des accusations récurrentes provenant des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le gouvernement ivoirien reconnaît qu’elles ne sont pas nouvelles. Toutefois, aucune preuve tangible n’a, jusqu’à présent, été apportée pour étayer ces allégations.
« À ce jour, nous attendons les preuves de toutes ces accusations », a précisé le porte-parole, Amadou Coulibaly, ajoutant que l’État islamique du Grand Sahel a revendiqué l’attentat à l’origine de ces mises en cause, qualifiant de « grotesques » les tentatives d’impliquer la Côte d’Ivoire et d’autres pays.
Alors, pourquoi cette démarche diplomatique ivoirienne intervient-elle cette fois avec autant de fermeté ? Le gouvernement explique que la nature des accusations a changé.
« Jusqu’ici, les pays de l’AES n’avaient jamais mêlé le nom du chef de l’État ivoirien à leurs accusations fantaisistes. Nous refusons catégoriquement que l’image de celui qui incarne notre pays soit brocardée », a martelé le porte-parole, ministre de la Communication.
Selon les autorités ivoiriennes, tant que les accusations visaient le pays de manière générale, aucune réaction officielle n’avait été jugée nécessaire, la Côte d’Ivoire n’ayant « rien à se reprocher ». En revanche, l’implication directe du président de la République dans ces accusations constitue une ligne rouge.
« En tant qu’Ivoiriens respectueux de notre président, nous refusons cela. L’acte d’accusation était différent, et notre réaction l’est aussi », a-t-il souligné.
Pour l’heure, Abidjan maintient sa position et attend toujours une réaction officielle de Niamey, condition préalable à toute suite diplomatique dans ce dossier sensible.
Wassimagnon
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