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Togo :  Aperçu démocratique en 2025, changement constitutionnel !
 

Togo : Aperçu démocratique en 2025, changement constitutionnel !

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 07 février 2026 - 10:36

Place de l’indépendance à Lomé (ph)


Pays francophone situé en Afrique de l’Ouest, le Togo a marqué un pas décisif dans son processus démocratique avec l’adoption d’une nouvelle Constitution qui a fait enter le pays dans la 5e République en passant d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Avec ce changement, le Togo est devenu le seul pays francophone de la sous-région ouest-africaine à adopter le régime parlementaire après être entré dans le Commonwealth en 2022.


Le 25 mars 2024, les députés togolais en fin de mandat ont adopté une nouvelle Constitution qui a officiellement fait entrer le Togo dans une 5e République avec l’installation des institutions officielles le 03 mai 2025.


Ce changement fondamental a été acté le 04 mai 2025, avec la désignation de Faure Gnassingbé comme le Président du Conseil des ministres par le Congrès du Togo, réunissant les deux chambres (l’Assemblée nationale et le Sénat). C’était au terme d’une période transitoire, amorcée après la promulgation de la nouvelle Constitution le 06 mai 2024.


Réformes constitutionnelles


La nouvelle Constitution, qui a abrogé celle de 1992, comporte des changements majeurs dans la vie socio politique du pays.


Le 29 avril 2025 s’est tenu un double scrutin législatif et régional, largement remporté par l’Union pour la République (UNIR), le parti présidentiel. A la suite des élections législatives, le parti UNIR s’est taillé la part du lion avec 108 des 113 sièges. Cette victoire garantit la continuité du pouvoir du Président Gnassingbé pour les six prochaines années, conformément à la nouvelle Constitution.


La nouvelle Constitution met en place un régime parlementaire qui ambitionne de favoriser une grande collaboration entre l’Exécutif et le législatif. Les innovations majeures portent sur le mode de désignation du Président de la République et de ses compétences, l’instauration du poste de Président du Conseil des ministres ayant pleine autorité, ainsi que le réaménagement de certaines institutions de la République.


Un Président honorifique


Cette nouvelle Constitution a inauguré une 5e République de type parlementaire, dans laquelle le chef de l’État, à la fonction désormais essentiellement symbolique, sera élu non plus au suffrage universel, mais par un Parlement bicaméral, pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois.


La nouvelle loi fondamentale acte la disparition du suffrage universel direct dans le mode d'élection du Président de la République. Ce dernier ne joue qu'un rôle honorifique, puisque l'essentiel du pouvoir est concentré entre les mains du Président du conseil des ministres, une sorte de super Premier ministre disposant de larges pouvoirs.


Une grande nouveauté de cette 5e République c’est que les citoyens ne votent plus directement pour élire le Président de la République. Ce sont désormais les membres du Congrès (députés et sénateurs) qui s’en chargent.


 

Le chef de l’Exécutif


Le pouvoir Exécutif sera principalement exercé par un Président du Conseil des ministres, désigné par le Parlement (Assemblée nationale + Sénat), tandis que le rôle du Président de la République sera largement honorifique.

Le Président du Conseil des ministres, chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, est le chef du pouvoir exécutif, des armées et de la politique étrangère du pays.


Réserves et interrogations


Bien qu’étant en vigueur, des dispositions de la nouvelle Constitution sont loin de recueillir l’assentiment de tous les togolais car certains émettent des réserves et des interrogations.


C’est le cas de Paul Amegakpo, le président de l'Institut Tamberma pour la gouvernance (ITG) qui a déclaré à la Deutsche Welle que « le schéma tel qu'il se présente actuellement est crisogène.


Dans son analyse, Amegakpo a estimé que le régime parlementaire ne pourra satisfaire la volonté de changement du peuple togolais et expliqué que « Nous pensons que le schéma tel qu'il se présente actuellement est un schéma crisogène, parce que l'aspiration profonde du peuple togolais, c'est de voir s'opérer à la tête de l'Etat une alternance politique, par le changement de personnalité ou alternance politique, par le changement de formation et de régime politique ».


Pour sa part, Koffi Amessou Adaba un enseignant et chercheur en sociologie politique, a expliqué à The Conversation Africa les motivations derrière le changement constitutionnel intervenu.


Avec les reformes intervenues, Adaba a relevé que le Togo a instauré un système de séparation souple des pouvoirs. Si dans l’ancienne Constitution, les dispositions favorisaient un régime où chaque pouvoir était désigné directement par le peuple, après la révision constitutionnelle, le pays se retrouve avec une collaboration entre le législatif et l’Exécutif en matière législative. Ce qui change fondamentalement reste le déplacement des enjeux portés sur l'élection présidentielle vers les élections législatives.


Dans ce concert de réactions, des organisations de la société civile togolaise comme le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) et Novation International ne digèrent pas les changements constitutionnels opérés dans le pays et soutiennent qu’ils sont illégaux.


Vu que le paysage sociopolitique est en profonde mutation, l’urgence de l’heure a rapproché d’une part des partis politiques au sein du Cadre de Réflexion et d’Action pour le Changement (CRAC) et d’autre part le Front « Touche Pas À Ma Constitution », une coalition de partis politiques et d'organisations de la société civile. Ils s’engagent tous pour une cause commune, une pratique démocratique juste et équitable. Lors d’une conférence de presse tenue le 07 mai 2025 à Lomé, le Front a fustigé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel », soulignant que la révision du 03 mai 2025, adoptée sans référendum, viole les principes fondamentaux de la démocratie.


 

Plaidoyer à l’international


La société civile continue de résister au changement constitutionnel et d’exiger l’instauration d’une véritable démocratie par le biais de campagnes de sensibilisation et de manifestations. Compte tenu de leur capacité limitée à influencer la position du gouvernement, la société civile place ses espoirs dans la pression internationale pour que le cas du Togo soit revu en vue d’une solution favorable pour tous.


Contestations des jeunes


A un moment où les institutions de la 5e République prenaient corps, un soudain mouvement de protestations de jeunes s’est fait enregistrer le 06 juin 2025 à Lomé.


Le Mouvement de jeunes baptisé le Mouvement du 6 juin (M66), né dans la diaspora, a pris forme le 26 mai à la faveur de l’appel d’un jeune artiste engagé, Aamron, qui a appelé ses compatriotes à « faire un cadeau spécial » au Président Faure Gnassingbé pour son anniversaire, le 06 juin.


Les manifestations n’étaient ni encadrées par l’opposition, ni portées par des syndicats. Elles sont nées d’un appel lancé sur les réseaux sociaux et relayé par des jeunes qui refusent de s’effacer. Connectés, ils ont choisi de manifester contre la vie chère, la hausse du tarif de l'électricité et le basculement du Togo vers un régime parlementaire.


Dans le but d’empêcher les jeunes de manifester dans les rues, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et interpellé plusieurs manifestants. La police a bouclé des quartiers entiers et saisi des téléphones, des outils de communications entre les jeunes. D’autres tentatives de manifestations comme celles du 30 août 2025 ont été empêchées par les autorités pour officiellement cause de non-respect des procédures d'organisation pouvant causer des troubles à la circulation.


Difficile à cerner car n’ayant pas de leaders visibles et une hiérarchie bien définie, les autorités en sont arrivées à la conclusion que le Mouvement est une manœuvre de déstabilisation orchestrée depuis l'étranger. Sous une forme d’apaisement, des manifestant arrêtés durant les manifestations ont été jugés et déférés en prison avant de bénéficier à la veille de l’an 2026 d’une grâce présidentielle.


En prenant en compte l’appel du nouvel an 2026 du Président Faure Gnassingbé pour une « culture politique nouvelle » basée sur le respect, le dialogue et la critique constructive pour renforcer la gouvernance démocratique, on s’attend à ce que les semaines et mois à venir apportent une cohésion et un élan fraternel pour l’essor du Togo.


Mensah,

Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria

- Joindre la rédaction de koaci.com (+228) 98 95 28 38 ou koaci.ghana@gmail.com –


 
 
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