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Cameroun : Après le scandale des 15 tonnes d'or évaporées, Yaoundé reprend le contrôle du secteur minier
 

Cameroun : Après le scandale des 15 tonnes d'or évaporées, Yaoundé reprend le contrôle du secteur minier

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 10 février 2026 - 08:33

Fuh Calistus Gentry


Face à l'hémorragie révélée par le rapport ITIE Cameroun 2023, publié fin 2025, le ministère des mines annonce un train de mesures drastiques pour reprendre le contrôle de la filière aurifère. Les opérateurs en infraction ont jusqu'au 20 février pour se conformer, sous peine de retrait d'autorisation.


Le secteur minier ébranlé par un scandale


Le choc est venu fin 2025 avec la publication du rapport de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Cameroun 2023. Les chiffres révélés ont mis en lumière une réalité troublante : alors que les douanes camerounaises n'ont enregistré officiellement que 22,3 kg d'or exporté en 2023, pour une valeur de 904 millions de FCFA, les statistiques internationales racontent une tout autre histoire.


Pas moins de 15,2 tonnes d'or auraient été importées depuis le Cameroun par divers pays, dont 13,7 tonnes destinées aux Émirats arabes unis, soit 90% du total. L'Italie et les États-Unis complètent la liste des principaux importateurs. Un écart abyssal qui pose une question dérangeante : où sont passées ces 15 tonnes d'or ?


Evasion fiscale estimée à 165 milliards de FCFA


Au-delà des volumes, c'est le manque à gagner pour l'État qui interpelle. Selon les experts, cette contrebande massive aurait privé le Trésor public de quelque 165 milliards de FCFA en recettes fiscales. Une somme colossale dans un contexte où le Cameroun cherche à diversifier ses sources de revenus et à mieux valoriser ses ressources minières.


Cette opacité révèle surtout l'ampleur d'une filière aurifère largement informelle, échappant au contrôle des autorités et alimentant des circuits de fraude organisés à l'échelle internationale.


Riposte gouvernementale 


C'est dans ce contexte explosif que Fuh Calistus Gentry, le ministre des mines, de l'industrie et du développement technologique (Minmidt) a publié, le 0ç février 2026, un communiqué annonçant une restructuration en profondeur du secteur de l'exploitation artisanale semi-mécanisée de l'or.


 

Retrait imminent des autorisations


Premier volet de cette offensive : à compter du 20 février 2026, le ministère procédera au retrait des autorisations d'exploitation pour tous les opérateurs n'ayant pas respecté leurs obligations. Le délai de 15 jours accordé pour le paiement de la caution de remise en état des sites et la signature des cahiers de charges avec les parties concernées étant largement dépassé, l'État passe à l'action.


Le système en « vase clos » devient obligatoire


Les titulaires d'autorisations en règle ne sont pas pour autant à l'abri. Ils disposent d'un délai de trois mois pour se conformer à une exigence désormais incontournable : construire un système en « vase clos » ou présenter un contrat de partenariat avec un opérateur disposant d'un tel système.


Selon Fuh Calistus Gentry, cette mesure, déjà en vigueur depuis quelques années mais insuffisamment appliquée, vise à garantir la traçabilité de l'or dès son extraction. Le système en vase clos permet à la fois de vérifier la sincérité des déclarations des exploitants et de contrôler effectivement la production, apprend-on.


Les opérateurs devront également élaborer et soumettre à la validation du Ministre une étude de faisabilité sommaire comprenant la teneur moyenne du site et le seuil minimal de production.


Pour les futurs demandeurs, les règles se durcissent également. Toute demande d'autorisation d'exploitation artisanale semi-mécanisée devra désormais être précédée d'une autorisation d'accès au site, délivrée par le Délégué Régional compétent, pour effectuer des sondages préalables.


La demande devra être accompagnée d'un cahier de charges signé avec toutes les parties prenantes et des justificatifs de paiement aux fonds de restauration des sites miniers.


Le Ministre rappelle par ailleurs que le travail de nuit et la conduite d'activités d'exploitation à l'intérieur des permis de recherche demeurent strictement interdits, conformément à la loi n° 2023/014 du 19 décembre 2023 portant Code Minier.


Fléau régional


 

Le gouvernement inscrit ces mesures dans un contexte continental où la contrebande d'or gangrène de nombreux pays producteurs. Le communiqué cite plusieurs exemples édifiants : Ghana : 80% de l'or produit de manière artisanale échappe au circuit formel ; Soudan : 29 tonnes d'or exportées sans déclaration ; Togo : 52 tonnes ; Rwanda : 19 tonnes ; Tchad : 18 tonnes ; Libye et Ouganda : 9 tonnes chacun.


Le ministère des mines tient néanmoins à souligner les avancées réalisées ces dernières années. Le Cameroun a réussi à canaliser environ 1 500 kg d'or vers le Trésor Public, un bond spectaculaire comparé aux maigres 37 kg de réserves accumulées entre l'indépendance et les années 2000.


Dans sa stratégie de reprise en main du secteur, le gouvernement annonce des négociations en cours avec des partenaires privés. L'objectif : canaliser l'or directement depuis les sites de production vers des circuits contrôlés.


Ce dispositif devrait permettre à l'État de mieux maîtriser la production réelle et d'améliorer la collecte à la source de l'impôt synthétique de 2,5% et de la taxe à l'exportation de 5%, calculés sur la base de la production effective des sociétés minières.


Selon le gouvernement, cette traçabilité de l’or devrait à l'optimisation des recettes de l'État et récupérer les 165 milliards de FCFA qui s'évaporent actuellement dans les circuits informels.


Le Cameroun parviendra-t-il à colmater cette hémorragie aurifère et à transformer son potentiel minier en recettes réelles pour le développement national ?


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com


 
 
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