Côte d'Ivoire : Biosécurité, Abidjan accueille un atelier décisif pour la validation du 5ᵉ rapport national
La Côte d’Ivoire a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de ses engagements internationaux en matière de biosécurité avec l’ouverture officielle, ce mardi à Abidjan, de l’atelier national de validation du cinquième rapport de mise en œuvre du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques.
Organisée les 17 et 18 février 2026 à l’Hôtel Manhattan Suites de Cocody-Attoban, cette rencontre stratégique réunit 63 participants issus des ministères sectoriels, des institutions nationales, des collectivités territoriales, du secteur privé, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, le Professeur Kouadio Georges a rappelé l’importance stratégique de ce cinquième rapport national. Conformément à l’article 33 du Protocole de Cartagena, les États parties ont l’obligation de soumettre périodiquement un rapport sur la mise en œuvre de leurs engagements. Pour la Côte d’Ivoire, la date butoir est fixée au 28 février 2026.
« La protection des ressources biologiques constitue un enjeu majeur pour la santé humaine, l’agriculture et l’environnement », a-t-il souligné, invitant les participants à faire preuve de rigueur scientifique et de franchise dans leurs contributions.
La Directrice générale de l’Environnement, Dr Jeanne N’Tain, a salué la mobilisation des parties prenantes et réaffirmé l’engagement du pays en faveur d’une utilisation sécurisée des biotechnologies modernes. Elle a rappelé que depuis l’adoption de la Convention sur la diversité biologique en 1992, la Côte d’Ivoire œuvre à concilier innovation scientifique, protection de la biodiversité et développement durable.
Partie au Protocole de Cartagena depuis le 12 mars 2015, la Côte d’Ivoire a progressivement renforcé son dispositif réglementaire en matière de biosécurité. Celui-ci comprend notamment, la Stratégie nationale de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique, la Stratégie nationale de développement durable, la Stratégie et Plan d’actions nationaux pour la biodiversité (en cours de révision), la loi n° 2016-553 du 26 juillet 2016 portant régime de biosécurité, le Code de l’environnement (loi n° 2023-900 du 23 novembre 2023), dont l’article 177 traite de la biosécurité, la loi n° 2024-366 du 11 juin 2024 relative au commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ainsi que plusieurs décrets encadrant l’introduction, l’exportation et l’évaluation environnementale des organismes vivants modifiés (OVM).
Ces textes traduisent la volonté des autorités de réglementer strictement l’importation, la production, l’expérimentation, la mise sur le marché et l’utilisation des produits issus des biotechnologies modernes.
L’élaboration du cinquième rapport national s’appuie sur un processus structuré en trois phases.
La première phase a consisté en la mise en place d’un Groupe de travail technique (GTT), l’élaboration des termes de référence et l’organisation d’une réunion de lancement le 12 novembre 2025.
La deuxième phase a été consacrée au recrutement d’un consultant national chargé de la collecte des données et de la rédaction du projet de rapport. Cette étape a inclus l’analyse des troisième et quatrième rapports nationaux afin d’identifier les lacunes et défis persistants, l’examen de la législation en vigueur et la consultation des parties prenantes : institutions publiques, universités, centres de recherche et acteurs du secteur privé.
Les travaux ont porté sur des thématiques clés telles que, le cadre réglementaire et les procédures d’octroi d’autorisations pour les OVM, l’évaluation et la gestion des risques ;
l’étiquetage, l’emballage et le transport ;
le renforcement des capacités, la sensibilisation et la participation du public ;
les considérations socio-économiques, les mesures d’urgence et de surveillance ;
la mobilisation des ressources et les accords internationaux.
Enfin, la troisième phase prévoit la prévalidation technique, la validation nationale, la relecture finale, l’approbation par le Cabinet du ministère et la transmission officielle au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique via le Centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques (CEPRB).
L’atelier vise à examiner et renforcer les données collectées, consolider les informations issues des parties prenantes et valider techniquement le document final avant sa soumission internationale.
Il s’agit également de tirer les leçons des précédents rapports en mettant en lumière les succès enregistrés, les insuffisances constatées et les défis persistants.
À travers cet exercice, la Côte d’Ivoire entend affirmer sa volonté de garantir un encadrement rigoureux des biotechnologies modernes, tout en promouvant l’innovation au service du développement durable.
Au-delà de l’exigence administrative, ce cinquième rapport national constitue un outil stratégique d’évaluation des politiques publiques en matière de biosécurité. Il marque une nouvelle étape dans l’engagement du pays à protéger sa biodiversité, à sécuriser l’utilisation des organismes vivants modifiés et à assurer la cohérence de son cadre juridique avec les standards internationaux.
La validation attendue au terme de ces deux jours de travaux ouvrira la voie à la transmission officielle du rapport avant l’échéance du 28 février 2026, confirmant ainsi la détermination de la Côte d’Ivoire à respecter ses engagements au titre du Protocole de Cartagena.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
