Côte d'Ivoire : Conflit au marché d'Anyama, les commerçants de petit ruminant dénoncent le non-respect d'un décret présidentiel
La tension monte autour du site du marché d’Anyama. Le président de l’Union régionale des commerçants du petit ruminant, Barry Babilé, est monté au créneau pour dénoncer les obstacles persistants à l’installation de ses membres sur un espace qui leur aurait pourtant été officiellement attribué par décret présidentiel.
Face à la presse, Barry Babilé a exprimé son exaspération devant les difficultés rencontrées par les commerçants de petit ruminant dans le District autonome d’Abidjan.
Selon lui, en mars dernier, un décret présidentiel les autorisant à s’installer dans des espaces dédiés à leur activité leur a été notifié. Mais, un an plus tard, l’accès effectif au site d’Anyama reste impossible.
« Nous continuons à éprouver d’énormes difficultés pour accéder à ce site », a-t-il regretté, rappelant que cette activité constitue la seule source de subsistance de nombreux acteurs de la filière.
Pour tenter de résoudre la situation, l’organisation dit avoir saisi son président du conseil d’administration (PCA), le Général Gaoussou, afin qu’il engage des démarches auprès des autorités compétentes.
Plusieurs médiations auraient été entreprises dans un esprit pacifique. Les commerçants ont même proposé d’installer, dans un premier temps, leur bureau sur le site du marché d’Anyama, présenté comme le marché terminal et le plus important du district.
Mais cette tentative aurait failli dégénérer. « Certains de nos membres ont été violentés », affirme Barry Babilé, indiquant que le PCA a alors recommandé la patience et le respect des lois de la République.
Après plus de deux mois d’attente, les commerçants disent avoir identifié l’origine des blocages. Selon eux, les obstacles ne proviendraient pas directement des autorités, mais de représentants de la branche des gros ruminants, opposés à leur installation.
Pourtant, rappelle Barry Babilé, la filière bétail est structurée en trois branches distinctes : petit ruminant, gros ruminant et filière lait. « Malgré cela, ce groupe nous empêche d’accéder à un espace public destiné à l’ensemble de la filière », déplore-t-il.
Une sécurisation qui n’a pas eu lieu
La semaine dernière, une nouvelle tentative d’installation a été menée. Cette fois, l’Union régionale a officiellement saisi la préfecture de police pour obtenir la sécurisation du site.
Il leur aurait été demandé de mobiliser trente agents de sécurité, à raison de 10 000 francs CFA par élément. Les commerçants affirment avoir accepté et réglé la somme demandée afin d’éviter tout incident.
Cependant, selon leur version des faits, les forces de sécurité ne se seraient finalement pas présentées. Les opposants auraient à nouveau empêché l’installation du bureau.
Un représentant du district, accompagné d’un détachement, aurait exigé le retrait du bureau sans fournir de document officiel. Interrogé sur la base légale de son intervention, il aurait évoqué une instruction verbale émanant d’un responsable du district.
Les réponses contradictoires quant au statut du site public ou privé auraient, selon les commerçants, mis en évidence un manque de coordination entre les différents intervenants. Un autre représentant du district aurait ensuite reconnu qu’il s’agissait bien d’un espace public destiné à un marché.
Un recours annoncé devant la justice
Face à cette situation, les commerçants ont décidé de se retirer et de constituer un dossier en vue d’une saisine de la justice.
« Le district peut-il avoir plus d’autorité qu’un décret signé par le Président de la République ? » s’interroge Barry Babilé.
Les responsables de l’Union régionale dénoncent le non-respect du décret présidentiel ainsi qu’un « parti pris » dans la gestion du dossier. Ils rappellent que le marché d’Anyama existe depuis plus de vingt ans et que leur présence dans la filière n’est pas nouvelle.
Selon eux, si plusieurs entités sont autorisées à exercer sur un même site, il appartient aux autorités de régulation de garantir l’équilibre et le respect des décisions officielles.
En attendant une clarification, le différend entre les branches de la filière bétail continue d’alimenter les tensions autour du marché d’Anyama.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
