Côte d'Ivoire : Crise à l'UNJCI, l'ISMCI appelle à stopper la judiciarisation et relancer le dialogue
La crise qui secoue l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire prend une nouvelle tournure avec l’implication croissante des juridictions. Face à cette escalade, l’Intersyndicale du Secteur des Médias de Côte d’Ivoire hausse le ton et appelle les différentes parties à privilégier le dialogue pour une sortie de crise durable.
Dans une déclaration officielle, l’ISMCI déplore le recours à la justice comme solution à un conflit interne qui perdure. Selon l’organisation, cette judiciarisation intervient alors même qu’un processus de médiation était en cours, conduit conjointement par l’intersyndicale, le Conseil des sages et le Présidium des anciens présidents de l’UNJCI.
La situation s’est tendue avec la saisine du juge des référés par un collectif, visant la dissolution des instances dirigeantes de l’UNJCI. Une initiative qui a provoqué une réaction immédiate du président du Conseil exécutif, Jean-Claude Coulibaly, lequel a suspendu sa participation à la médiation avant d’annoncer la tenue du 12e congrès ordinaire, initialement prévue pour le 25 mars 2026, finalement reportée.
Dans la foulée, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan est intervenu en auditionnant les principaux responsables, notamment le président de l’UNJCI et celui du Conseil d’administration, Bertin N’Guessan. Une démarche qui a contribué au report du congrès.
Face à cette escalade, le Bureau exécutif national de l’ISMCI exprime sa vive préoccupation et rappelle son attachement au dialogue comme unique voie de règlement des différends. L’organisation insiste également sur les risques que fait peser cette crise sur l’ensemble du secteur des médias ivoiriens.
« La division de l’UNJCI impactera négativement l’ensemble du secteur », prévient l’intersyndicale, appelant à une prise de conscience collective.
Pour désamorcer la crise, l’ISMCI formule plusieurs recommandations, un appel à la retenue de toutes les parties prenantes ;
L’arrêt immédiat de la judiciarisation du conflit, le retour du Conseil exécutif, des candidats et de leurs équipes à la table des négociations, la mise en place d’un comité électoral ad hoc pour l’organisation d’un congrès transparent et consensuel.
Pour l’ISMCI, l’enjeu dépasse le cadre de l’UNJCI. Il s’agit de préserver l’unité et la crédibilité de la presse ivoirienne, dans un contexte où les défis liés à la liberté de la presse et à la professionnalisation du secteur restent importants.
Signée par son président, Glodé Francelin, cette déclaration sonne comme un appel urgent à la responsabilité des acteurs du secteur, afin d’éviter une aggravation de la crise et de favoriser une issue concertée.
Wassimagnon
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