Côte d'Ivoire : Décentralisation, vers un nouveau souffle pour le développement des territoires
Réunis à Yamoussoukro les 26 et 27 mars à l’initiative du Sénat, élus locaux, experts et partenaires au développement ont engagé une réflexion approfondie sur l’avenir de la décentralisation en Côte d’Ivoire. Au cœur des échanges : la nécessité de transformer les collectivités territoriales en véritables moteurs de développement, capables de répondre efficacement aux besoins des populations.
Organisé autour du thème « Accélérer la décentralisation pour un développement local effectif », ce symposium international s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par l’État ivoirien, notamment celles encadrées par la loi de 2003 sur le transfert de compétences et la Constitution de 2016. L’ambition affichée est claire : renforcer la gouvernance locale en donnant aux collectivités les moyens d’agir avec plus d’autonomie et d’efficacité.
Représentant le Président de la République, le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara a salué une initiative stratégique pour l’avenir du pays, soulignant l’importance d’une gouvernance territoriale solide dans la consolidation du développement national. De son côté, la Présidente du Sénat, Kandia Camara, a mis en avant la vocation inclusive de cette rencontre, conçue comme un espace de dialogue et de propositions concrètes.
Les discussions ont rapidement mis en lumière les limites actuelles du processus de décentralisation. Malgré des progrès notables, plusieurs obstacles persistent, freinant l’efficacité de l’action publique locale. La question du financement des collectivités demeure centrale, tout comme la lourdeur des procédures administratives, le manque de personnel qualifié et les difficultés de coordination entre les différents niveaux de décision.
Dans ce contexte, le Ministre Bruno Nabagné Koné, également Président du Conseil régional de la Bagoué, a plaidé pour une réforme en profondeur du système. Selon lui, la réussite de la décentralisation passe par une meilleure définition des rôles entre l’État et les collectivités, une autonomie financière renforcée et une gouvernance plus cohérente et intégrée. Il a également insisté sur l’importance de moderniser les pratiques administratives afin de les adapter aux exigences actuelles du développement local.
Au-delà des constats, l’expérience du Conseil régional de la Bagoué a été présentée comme un exemple de gestion territoriale structurée et orientée vers les résultats. Cette approche, fondée sur des priorités stratégiques claires, illustre le potentiel des collectivités lorsqu’elles disposent des outils et des ressources nécessaires.
Les échanges ont par ailleurs abordé des enjeux transversaux essentiels tels que le statut des élus locaux, les mécanismes de financement, la coopération entre territoires ou encore la promotion du leadership féminin. Autant de leviers jugés indispensables pour bâtir des collectivités plus inclusives et performantes.
À l’issue des travaux, un consensus s’est dégagé sur l’urgence d’accélérer les réformes afin de faire des territoires des acteurs clés du développement durable en Côte d’Ivoire. Plus qu’un simple chantier institutionnel, la décentralisation apparaît désormais comme un enjeu stratégique pour garantir un développement équilibré, au plus près des réalités locales.
Jean Chresus, Abidjan
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