Côte d'Ivoire: Délivrance d'attestations villageoises sur les terres du CNRA, Bruno Koné sonne la riposte et promet un appui ferme de l'État
En visite officielle ce mercredi 8 avril 2026 au Centre national de recherche agronomique, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a livré un message clair : renforcer la recherche agricole pour soutenir la transformation du secteur, tout en engageant une bataille résolue pour la sécurisation du patrimoine foncier de l’institution.
D’entrée, le ministre a salué la qualité de l’accueil et le travail accompli par les équipes du CNRA. Il a insisté sur la mission partagée entre l’État et les structures de recherche : accélérer la transformation de l’agriculture ivoirienne, pilier de l’économie nationale.
« Le succès de la Côte d'Ivoire repose sur l’agriculture. Ce slogan était vrai hier, il l’est aujourd’hui et doit le rester demain », a-t-il affirmé, rappelant que la recherche constitue un levier essentiel pour améliorer la productivité, faire face au changement climatique et renforcer la compétitivité.
Le ministre a également souligné la contribution majeure du CNRA aux performances agricoles du pays, notamment dans des filières stratégiques comme le cacao, l’anacarde ou le palmier à huile.
Le foncier, un enjeu critique pour le CNRA
Mais au-delà des félicitations, c’est la question du foncier qui a dominé son intervention. Le CNRA fait face à des litiges fonciers importants portant sur plusieurs milliers d’hectares de terres, un patrimoine stratégique aujourd’hui menacé.
Sur ce point, Bruno Nabagné Koné s’est voulu rassurant et déterminé : « À tout moment, si vos droits sont établis juridiquement, ces parcelles peuvent vous être restituées. Ne vous découragez pas. »
Il a dénoncé les pratiques illégales observées sur certains sites, notamment la délivrance d’attestations villageoises sans valeur juridique, qui favorisent des occupations irrégulières.
Face à cette situation, le ministre a proposé une démarche structurée pour défendre les intérêts du CNRA, à savoir, exploiter les archives foncières, c'est à dire, identifier tous les documents légaux attestant de la propriété des terres. Obtenir des décrets d’utilité publique en renforçant la protection institutionnelle des sites. Assurer une sécurisation physique à travers le déploiement de forces de sécurité, déjà amorcé sur certains sites. Engager une sécurisation juridique complète à travers des titres fonciers reconnus (ACD, CPF, etc.).
Il a rappelé que seul un titre foncier légalement établi confère un droit de propriété, soulignant que toute attribution irrégulière peut être contestée et annulée par la justice.
« Si les procédures n’ont pas été respectées, le juge peut casser la décision administrative », a-t-il insisté.
Le ministre a mis en lumière l’importance stratégique de ces terres, évoquant une superficie estimée à environ 27 000 hectares. À ses yeux, leur valorisation pourrait transformer en profondeur la situation financière du CNRA.
« Rien que certains sites à Abidjan peuvent changer complètement votre bilan », a-t-il indiqué, appelant à une mobilisation totale pour préserver ce patrimoine.
Au-delà du foncier, Bruno Nabagné Koné a pris plusieurs engagements. Il s'agit d'examiner la création d’un conseil d’orientation scientifique et technique, réévaluer le statut juridique et fiscal du CNRA, améliorer les conditions de recrutement et de rémunération des chercheurs, de soutenir l’augmentation des ressources budgétaires, estimées à 10 milliards FCFA par an. Il a insisté sur la nécessité d’investir dans le capital humain :
« On ne peut pas réussir sans des chercheurs de qualité, et cela a un coût. »
Au terme de cette visite, le ministre a réaffirmé la place centrale du CNRA dans la politique agricole nationale. Il s’est engagé à accompagner l’institution pour renforcer son efficacité et sa performance.
« C’est notre intérêt collectif de vous rendre plus forts », a-t-il conclu, promettant des réponses concrètes dans les prochaines semaines.
Wassimagnon
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