Côte d'Ivoire : Décès d'un jeune militant du PPA-CI en prison, Katinan s'indigne
Le défunt prisonnier (Ph Koaci)
La disparition de Koffi Monnet Marius, survenue en détention au pôle pénitentiaire d'Abidjan (PPA) ex Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), suscite une vive émotion et relance les discussions autour des conditions de détention et du traitement des personnes arrêtées dans un contexte politique.
L’annonce a été rendue publique le jeudi 16 avril 2026 par Justin Koné Katinan, cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), lors d’une tribune du parti.
Âgé de plusieurs années et originaire de Diapé, dans la sous-préfecture d’Adzopé, le jeune homme était incarcéré depuis le 17 octobre 2025. Selon les informations communiquées, il aurait été victime d’un malaise dans l’après-midi du 15 avril, peu après son repas. Pris de violentes douleurs abdominales, il a été évacué en urgence vers un centre de santé, où il est décédé avant de pouvoir bénéficier d’examens médicaux approfondis. À ce stade, les causes exactes de sa mort restent inconnues.
Le défunt était présenté par son entourage politique comme un militant engagé, interpellé dans le contexte des manifestations liées à la contestation d’un quatrième mandat présidentiel. Des proches affirment qu’il aurait été arrêté par erreur, alors qu’il vaquait à ses occupations quotidiennes. Placé en détention provisoire, il attendait toujours d’être jugé au moment de son décès.
S’exprimant publiquement, Justin Koné Katinan a dénoncé une situation qu’il juge préoccupante, évoquant non seulement ce décès, mais aussi l’état de santé critique d’autres militants détenus. Il a mis en cause les conditions de détention et appelé à une prise de conscience sur le respect des droits des personnes incarcérées, insistant sur le fait que la présomption d’innocence devrait prévaloir tant qu’un jugement n’a pas été rendu.
Le PPA-CI a affirmé par ailleurs que de nombreux militants du parti seraient actuellement détenus dans différentes prisons du pays à la suite des événements liés aux tensions politiques de 2025. Selon cette formation politique, il s’agirait de détentions abusives concernant un grand nombre de personnes, dont certaines en situation de vulnérabilité.
Ces accusations sont fermement rejetées par les autorités ivoiriennes. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a récemment rappelé que les personnes incarcérées l’ont été pour des faits qualifiés de graves infractions, notamment des actes de violence et de destruction de biens. Il récuse toute qualification de « prisonniers politiques », estimant que la justice suit son cours dans le respect des lois en vigueur.
La mort de Koffi Monnet Marius intervient ainsi dans un climat déjà marqué par des divergences profondes entre pouvoir et opposition. Elle soulève des interrogations sur les conditions de prise en charge sanitaire en milieu carcéral, mais aussi sur la gestion judiciaire des dossiers liés aux troubles politiques récents. Une affaire sensible dont les suites pourraient avoir des répercussions au-delà du cadre strictement judiciaire.
Jean Chresus, Abidjan
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