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Côte d'Ivoire : Danané, routes impraticables, agriculture asphyxiée, le cri d'alarme du député Guillaume Gbato
 

Côte d'Ivoire : Danané, routes impraticables, agriculture asphyxiée, le cri d'alarme du député Guillaume Gbato

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 22 avril 2026 - 10:19

Guillaume Gbato (Ph Koaci)



 Après 7 jours d’immersion sur le terrain, l’honorable Guillaume Gbato ne mâche pas ses mots. Face à la presse, le député de Danané a dressé un tableau préoccupant d’un département à fort potentiel, mais freiné par un enclavement persistant et des infrastructures défaillantes.


De Mahapleu à Danané, en passant par Gouiné, Bloléquin et Séileu, la délégation parlementaire a parcouru près de 45 kilomètres de routes dégradées. Un périple révélateur des contrastes du département. « Danané présente deux réalités : celle de certaines zones accessibles et celle, beaucoup plus difficile, des localités enclavées », a souligné le député. Sur le terrain, les populations évoquent un quotidien rythmé par l’isolement et les difficultés d’accès aux services de base.


Au cœur des préoccupations : le Gouroussé. Cette zone, qualifiée de « terre fertile » par l’élu, constitue un véritable grenier agricole. Cacao, café et vivriers y abondent, portés par une cohabitation harmonieuse entre autochtones et allogènes. Mais ce potentiel reste largement sous-exploité. « Sans route, il ne peut y avoir de développement », rappelle un chef de canton, cité par le député. Depuis la crise de 2002, les investissements en infrastructures routières y sont restés insuffisants.


 

L’enclavement a un coût élevé. Faute de routes praticables, les produits ne quittent pas les champs. Les pertes post-récolte atteignent des proportions alarmantes. « Les populations produisent en abondance, mais les denrées n’arrivent même pas jusqu’à Danané, encore moins à Abidjan », déplore Guillaume Gbato. Une situation qui accentue la cherté de la vie et compromet les ambitions d’autosuffisance alimentaire.


À ces difficultés s’ajoute la multiplication des barrages routiers. Les transporteurs dénoncent des prélèvements récurrents oscillant entre 3 000 et 4 000 FCFA par trajet, voire jusqu’à 20 000 FCFA sur certains axes. « Nous sommes obligés de multiplier les voyages pour rentabiliser », confie l’un d’eux. Entre impératifs sécuritaires et abus dénoncés, le député appelle à un encadrement plus rigoureux.


Face à l’urgence, Guillaume Gbato interpelle le Président de la République et le gouvernement. Il salue toutefois l’inscription annoncée du bitumage de l’axe Danané–Sipilou dans le Programme national de développement. « Il faut trouver un équilibre entre les exigences de sécurité et les conditions de vie des populations », insiste-t-il.


À Pompleu, un pont de fortune détruit n’a jamais été reconstruit, paralysant les activités économiques locales, notamment celles des jeunes. Un symbole de l’abandon dénoncé par les populations.


Pour le député, le diagnostic est clair : sans réhabilitation urgente des routes, Danané restera à la traîne. Désenclaver le Gouroussé apparaît comme une priorité pour libérer le potentiel agricole et redonner espoir aux populations.


 


Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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