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Cameroun : Liberté de la presse, le Cameroun recule, inquiétudes dans un paysage médiatique sous pression
 

Cameroun : Liberté de la presse, le Cameroun recule, inquiétudes dans un paysage médiatique sous pression

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 30 avril 2026 - 10:24


Reporters sans frontières (RSF) a publié ce jeudi son 25ᵉ classement mondial de la liberté de la presse.


Ce rapport 2026 de Reporters sans frontières (RSF) confirme une tendance alarmante : la liberté de la presse se dégrade dans plus de 100 pays sur 180. Le Cameroun ne fait pas exception. Le pays recule à la 133ᵉ place mondiale, contre 131ᵉ en 2025, avec un score global qui chute de 42,75 à 40,88 — une dégringolade de près de deux points en un an.


Paysage médiatique riche, mais sous contrôle


Le paradoxe camerounais est frappant : le pays compte plus de 600 journaux, environ 200 radios et plus de 60 chaînes de télévision — un des écosystèmes médiatiques les plus denses du continent. Pourtant, cette abondance de façade masque une réalité bien plus sombre. La radiotélévision publique CRTV est progressivement transformée en instrument de communication du régime du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quarante ans et réélu en 2025 pour un huitième mandat. RSF le qualifie sans détour de « prédateur de la liberté de la presse ».


Signaux d'alerte


 

L'analyse comparative des scores 2025-2026 révèle une détérioration sur presque tous les fronts : Ce que les chiffres révèlent


L'indicateur politique est celui qui chute le plus brutalement : de 41,11 à 36,91, avec un recul de 13 places au classement (107ᵉ → 120ᵉ). La réélection de Paul Biya en 2025 pour un huitième mandat, et l'interdiction ministérielle en octobre 2024 de tout débat médiatique sur la santé du président, illustrent concrètement cette dégradation. Le chef de l'État contrôle par décret les nominations à la tête de tous les médias publics et les membres du Conseil national de la communication.


L'indicateur économique est le plus préoccupant en termes de rang absolu : 152ᵉ sur 180 avec un score de 30,83. Les journalistes des médias privés travaillent dans une précarité extrême, et l'aide à la presse est distribuée selon l'alignement politique des rédactions — une mécanique de contrôle financier redoutable. Des proches du pouvoir peuvent même créer de nouveaux médias dans le seul but d'asphyxier économiquement un titre critique.


L'indicateur sécuritaire stagne à 33,17 (157ᵉ) — le seul indicateur qui ne recule pas significativement. Mais ce chiffre figé cache une réalité tragique : l'assassinat du directeur général d'Amplitude FM, Martinez Zogo, dont le corps a été retrouvé mutilé cinq jours après son enlèvement en janvier 2023, demeure emblématique d'une impunité structurelle. La mort d'Anye Nde Nsoh à Bamenda en mai 2023 rappelle le danger particulier qui pèse sur les journalistes des régions anglophones, où la couverture du conflit entre militaires et séparatistes peut valoir à un journaliste d'être accusé de « sécession et complicité de bande armée ».


L'indicateur légal recule de 121ᵉ à 129ᵉ. La loi sur la liberté de la presse de 1990 reste théorique : la dépénalisation des délits de presse n'est pas à l'ordre du jour, l'accès à l'information n'est pas garanti, et le recours aux tribunaux d'exception est courant. Le cas de l'ancien directeur général de la CRTV, Amadou Vamoulké, condamné à 32 ans de prison après 178 renvois successifs, est cité par RSF comme un record mondial de l'acharnement judiciaire.


Seul l'indicateur social résiste un peu, à 56,74 (99ᵉ), mais il est lui aussi en recul d'une demi-unité. La prolifération de médias fondés sur des critères ethniques ou religieux accentue la polarisation du débat public et alimente une forme de censure culturelle, particulièrement visible dans les zones de tradition forte.


 

Les cinq dimensions mesurées par RSF — politique, économique, légale, sociale et sécuritaire — sont toutes dégradées, et elles se renforcent mutuellement. La précarité économique des journalistes les rend vulnérables à la corruption ; le contrôle politique de la régulation prive les médias de tout recours institutionnel ; le cadre légal offre des instruments de répression (poursuites pénales, tribunaux d'exception) ; la pression sécuritaire entretient l'autocensure ; et le contexte socioculturel fragmente le champ médiatique.


Avec un score global de 40,88 sur 100 et un classement à 133ᵉ sur 180 pays, le Cameroun se situe dans la zone rouge des pays où exercer le journalisme constitue un risque quotidien. 


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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