Rwanda-France : La cour d'appel annule le non-lieu pour l'ex-Première dame Agathe Habyarimana
La justice française a décidé de relancer l’affaire visant Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, en annulant le non-lieu prononcé en 2025.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ordonné, mercredi 6 mai 2026, la poursuite des investigations contre l’ex-première dame, visée depuis 2008 par une enquête pour « complicité de génocide » et « crimes contre l’humanité ».
Cette décision revient sur l’ordonnance rendue en août dernier par deux magistrates parisiennes, qui avaient estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour poursuivre Agathe Habyarimana.
Une analyse désormais jugée insuffisante par la cour d’appel, qui a décidé de renvoyer le dossier devant les juges d’instruction.
Selon les parties civiles, Agathe Habyarimana aurait joué un rôle clé au sein de l’« Akazu », considéré comme le cercle rapproché du pouvoir hutu à l’époque. Elle est soupçonnée d’avoir participé à la planification et à l’exécution des massacres perpétrés contre les Tutsis lors du génocide de 1994.
Les motivations détaillées de la décision de la cour d’appel doivent être communiquées ultérieurement aux avocats des différentes parties.
Du côté des organisations de défense des droits humains, cette décision est perçue comme une avancée majeure.
L’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Maître Patrick Baudoin, a évoqué « une victoire pour la vérité et contre l’impunité », estimant que ce dossier symbolise les longues difficultés à juger certains acteurs présumés du génocide.
La relance de cette procédure judiciaire pourrait ouvrir une nouvelle phase dans ce dossier sensible, plus de trente ans après les faits.
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