Côte d'Ivoire : Insertion professionnelle des jeunes, Moussa Diaby et Béhi Togba sonnent la révolte pour une école tournée vers l'emploi
À Yopougon, le débat sur l’avenir de la jeunesse ivoirienne a pris une dimension particulière le dimanche 17 mai 2026. Dans une salle du cinéma Majestic Yopougon Cosmos acquise à la cause de l’excellence, étudiants, enseignants, cadres et acteurs du monde éducatif ont répondu massivement à l’appel de l’organisation Les Enfants de Yop. Au cœur des échanges : la nécessité urgente de repenser la formation des élites africaines pour mieux répondre aux réalités du marché du travail.
Animée autour du thème « Excellence académique et performance professionnelle », cette conférence-débat a réuni deux figures du monde académique et professionnel ivoirien : Moussa Diaby et Béhi Togba. Les deux intervenants ont livré un diagnostic sans détour sur les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes diplômés en Côte d’Ivoire.
Face à un public attentif, Moussa Diaby et Béhi Togba ont plaidé pour une refonte profonde du système éducatif ivoirien. Pour eux, l’université et les grandes écoles doivent désormais former des profils capables de répondre efficacement aux besoins des entreprises.
« Il est impératif de créer une passerelle solide entre l’école et le monde professionnel », a soutenu le Docteur Moussa Diaby, estimant que les entreprises doivent être davantage associées à la définition des compétences recherchées et aux contenus pédagogiques.
Dans la même dynamique, Béhi Togba a insisté sur le rôle stratégique du secteur productif dans la formation des élites africaines. Selon lui, les entreprises doivent contribuer au financement des formations, accueillir davantage de stagiaires et participer activement à l’encadrement pratique des étudiants.
Les conférenciers ont également dénoncé les inégalités sociales qui freinent encore l’ascension de nombreux jeunes talents. Pour eux, la réussite ne doit pas dépendre du milieu social ou des ressources financières des familles.
« L’école publique doit redevenir un véritable ascenseur social », a martelé Béhi Togba sous les applaudissements nourris des participants.
Saluant les efforts consentis par l’État dans la construction et la réhabilitation des infrastructures éducatives, les intervenants ont toutefois estimé que ces investissements doivent être accompagnés de réformes structurelles plus ambitieuses.
Parmi les pistes évoquées figurent la modernisation des méthodes d’enseignement, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les parcours académiques, ainsi que le développement de l’entrepreneuriat et de la pratique professionnelle dès les premières années de formation.
Pour Moussa Diaby, l’Afrique doit désormais miser sur « une élite compétente, innovante et capable d’anticiper les mutations économiques mondiales ».
Les deux personnalités ont exhorté la jeunesse ivoirienne à cultiver l’ambition, la discipline et la recherche permanente de l’excellence afin de participer activement au développement économique du pays.
La rencontre s’est achevée par une séance de dédicace de deux ouvrages fortement applaudis par le public. Le premier, En attendant le bout du tunnel, signé Béhi Togba, explore les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes africains face au décalage entre formation et emploi.
Le second ouvrage, Réinventer la formation des élites : capital humain, excellence académique, innovation managériale, du Docteur Moussa Diaby, propose plusieurs pistes de réforme pour adapter la formation universitaire aux besoins réels de l’économie ivoirienne.
Jean Chresus, Abidjan
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