Côte d'Ivoire : L'INTERPRu veut faire de l'élevage local un levier clé de souveraineté alimentaire
Un panel d’échanges et de sensibilisation s’est tenu ce jeudi 21 juin 2026 à l’Université Nangui Abrogoua, à l’initiative de l’Organisation Interprofessionnelle Agricole des Ruminants de Côte d’Ivoire (INTERPRu). La rencontre avait pour thème : « Développement inclusif de l’élevage local pour une souveraineté alimentaire durable ».
Chercheurs, éleveurs, vétérinaires, représentants institutionnels et organisations professionnelles ont dressé un diagnostic sans complaisance de la filière des petits ruminants, tout en explorant des pistes de transformation.
Les échanges ont mis en lumière une réalité préoccupante : malgré un fort potentiel agricole et humain, la Côte d’Ivoire importe encore plus de 50 % de sa consommation de viande. Une situation jugée structurelle mais réversible par plusieurs intervenants.
Représentant la présidence de l’Université Nangui Abrogoua, le Pr Karamoko Yahaya a souligné l’importance de la recherche scientifique dans la transformation du secteur, estimant que le pays dispose des compétences nécessaires pour inverser la tendance.
Du côté du ministère des Ressources animales et halieutiques, le Dr Kanga Kouassi a rappelé que l’élevage constitue une priorité stratégique, notamment en période de forte demande comme la Tabaski. Il a salué la reconnaissance officielle de l’INTERPRU en mars 2025 et réaffirmé l’engagement de l’État à structurer davantage les filières animales.
L’INTERPRU affiche une ambition forte : couvrir 70 % des besoins nationaux en protéines issues des caprins et ovins d’ici 2030, en misant sur une filière modernisée, compétitive et inclusive.
Son président, le Général Gaoussou Soumahoro, a insisté sur la nécessité de structurer la chaîne de valeur des petits ruminants, tout en intégrant les jeunes et les femmes comme acteurs clés du développement.
Les experts présents ont unanimement plaidé pour une transformation profonde des pratiques d’élevage.
Pour la représentante de l’AGEFOP, le renforcement des compétences et l’adéquation formation-emploi sont essentiels pour professionnaliser le secteur.
Le Pr Tuo a, quant à lui, appelé à rompre avec l’élevage extensif traditionnel au profit d’un modèle moderne basé sur la stabulation, la production fourragère et l’amélioration génétique.
Le Dr Komara Moussa a replacé la dépendance actuelle dans une perspective historique, tout en appelant à une recherche plus ancrée dans les réalités de terrain et tournée vers la durabilité.
En clôture, les participants ont convenu de la nécessité de renforcer la collaboration entre universités, État et acteurs professionnels afin de bâtir une filière plus résiliente et performante.
L’Université Nangui Abrogoua a réaffirmé sa volonté de poursuivre ces cadres d’échanges, considérés comme essentiels pour transformer durablement le secteur de l’élevage en Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
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