Côte d'Ivoire : Nawa, des acteurs du système éducatif et de la santé appellent au renforcement de l'encadrement des jeunes filles afin de freiner les grossesses en milieu scolaire
Des acteurs du système éducatif et de la santé ont appelé récemment à Soubré au renforcement de l’encadrement familial et scolaire des jeunes filles afin de freiner les grossesses en milieu scolaire dans la région de la Nawa.
Cet appel a été lancé au cours d’un panel-conférence organisé à la salle Adou Jacques du Collège moderne BAD de Soubré, en prélude à la 5e édition du festival « Nawa ma région », prévue du 10 au 12 juillet à la place Donwahi.
Réunis autour du thème « Les grossesses en cours de scolarité : cas de la Nawa », élèves, parents et encadreurs ont échangé sur les facteurs favorisant ce phénomène et ses répercussions sur la scolarisation des jeunes filles.
Le sociologue N’Guessan Roméo a évoqué des causes sociales, économiques et culturelles, notamment l’influence des réseaux sociaux et le manque d’encadrement.
« Des influenceurs montrent n’importe quoi sur les réseaux sociaux et les jeunes prennent cela comme modèle. Sans encadrement, ces contenus finissent par détruire leur avenir scolaire et social », a-t-il indiqué.
Le chef du service du Centre d’écoute et de conseil/Cellule sociale (CEC/CS) de la DRENAET de Soubré, Arsène Gogoua, a insisté sur le rôle des parents dans l’éducation sexuelle des enfants.
« Si vous laissez les enfants apprendre seuls ce qu’est la sexualité, il ne faut pas être surpris des conséquences », a-t-il déclaré.
Sœur Edwige Boka, sage-femme et assistante technique en planification familiale et santé de la reproduction, a pour sa part mis en garde contre les conséquences sociales et scolaires des grossesses précoces, citant notamment les abandons de classes et les difficultés économiques.
Selon le commissaire général du panel Tape Aristide dit Asco de Monaco opérateur culture a expliqué vouloir profiter du festival “Nawa ma région” pour sensibiliser davantage les populations aux questions touchant la jeunesse et la scolarisation des jeunes filles.
Pour sa part,
La sage-femme du service de santé scolaire et universitaire du médico-scolaire de Soubré chargée de la santé des adolescents et des jeunes, Mme N’dri Amana Blandine, a signalé 195 cas de grossesses en cours de scolarité enregistrés dans la localité cinq mois après la rentrée des classes.
Selon la professionnelle de santé, ces données restent en deçà de la réalité, car elles concernent principalement les élèves affectées par l’État qui se rendent au médico-scolaire pour obtenir un certificat médical en vue d’un report de scolarité.
« Les chiffres que nous enregistrons sont en réalité en dessous de la situation réelle, car seules les élèves affectées par l’État viennent généralement au médico-scolaire pour obtenir un certificat médical pour report de scolarité. Plusieurs autres élèves, notamment dans les établissements privés, ne viennent pas toujours pour un suivi médical », a-t-elle expliqué.
Face à cette situation, Mme N’dri Amana Blandine a appelé les responsables des établissements privés à encourager les élèves concernées à se rendre au médico-scolaire afin de bénéficier d’un suivi médical et de conseils en santé reproductive.
Elle a également relevé l’impact des grossesses précoces sur la scolarité des adolescentes, soulignant qu’elles constituent souvent un obstacle à la poursuite des études.
La sage-femme a enfin plaidé pour un renforcement des actions de sensibilisation auprès des élèves, des parents et du personnel éducatif afin de réduire les cas de grossesses en milieu scolaire dans la région de la Nawa.
L’objectif de ce Panel était de connaitre les causes profondes de ce fléau qui mine l’école dans la Nawa, d’en savoir les conséquences et surtout de chercher les solutions.
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