Côte d'Ivoire : Lutte contre la criminalité financière, l'AGRAC arme magistrats et policiers de Bouaké pour traquer les avoirs criminels
L’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC) poursuit son offensive contre la criminalité économique et financière en renforçant les compétences des acteurs de la chaîne pénale. Du 15 au 18 juin 2026, l’institution organise à Bouaké un atelier de formation destiné aux magistrats et aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) relevant du ressort de la Cour d’Appel de Bouaké.
Cette session de renforcement des capacités est consacrée aux enquêtes financières ainsi qu’aux procédures de saisie et de confiscation des avoirs issus d’activités criminelles. Elle s’inscrit dans le cadre du programme annuel de formation mis en œuvre par l’AGRAC afin d’améliorer l’efficacité des investigations patrimoniales et des poursuites judiciaires en matière de criminalité économique.
À travers cette initiative, l’AGRAC entend promouvoir l’intégration systématique de l’approche patrimoniale dans les enquêtes et les procédures pénales. L’objectif est de permettre aux magistrats et aux enquêteurs de mieux identifier, localiser, saisir et confisquer les biens provenant d’activités illicites.
L’enjeu est de taille : frapper les réseaux criminels au cœur de leurs intérêts financiers en les privant des profits tirés de leurs infractions.
Présidant la cérémonie d’ouverture de la session dédiée aux magistrats, le Procureur général près la Cour d’Appel de Bouaké, Bernard Koné, représentant le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a insisté sur la nécessité d’adapter les pratiques judiciaires à l’évolution des formes de criminalité.
Selon lui, la criminalité économique et financière est aujourd’hui caractérisée par des mécanismes de plus en plus sophistiqués, soutenus par des réseaux transnationaux et des montages juridiques complexes.
« Il n’est plus suffisant de se limiter aux poursuites pénales et aux condamnations à des peines d’emprisonnement. La véritable réponse consiste également à retirer aux criminels les bénéfices de leurs activités illicites », a-t-il souligné.
Il a ainsi invité magistrats et officiers de police judiciaire à renforcer leurs compétences en matière d’investigations financières, de traçabilité des flux financiers et de mise en œuvre des procédures de saisie et de confiscation prévues par la législation.
Pour le Directeur général adjoint de l’AGRAC, Ouattara Bourahiman, ces sessions de formation répondent à des besoins concrets identifiés sur le terrain.
Il a indiqué que la maîtrise des techniques d’enquête patrimoniale constitue désormais un élément indispensable dans la lutte contre la criminalité économique et financière, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Les participants bénéficient ainsi d’un cadre d’échanges et de perfectionnement portant sur les mécanismes juridiques applicables, les méthodes d’investigation financière ainsi que les meilleures pratiques observées aux niveaux national et international.
Les travaux sont animés par deux spécialistes reconnus de la lutte contre la criminalité économique et financière. Il s’agit de Romain Ouattara, magistrat hors hiérarchie et directeur des Affaires juridiques de l’AGRAC, ainsi que de Koffi Goua, commissaire divisionnaire de police et directeur des Opérations de l’Agence.
La première phase de la formation, organisée du 15 au 16 juin, a réuni une vingtaine de magistrats. La seconde session, prévue du 17 au 18 juin 2026, accueille à son tour une vingtaine d’Officiers de Police Judiciaire.
Cette étape de Bouaké s’inscrit dans un vaste programme national de formation initié par l’AGRAC. Après une première session organisée à Abidjan en mars 2026, l’Agence prévoit d’étendre cette dynamique aux ressorts des Cours d’Appel de Daloa et de Korhogo dans les prochains mois.
À travers ce déploiement progressif sur l’ensemble du territoire, l’AGRAC entend consolider les capacités des acteurs judiciaires et renforcer l’efficacité du dispositif national de lutte contre les infractions économiques et financières.
En multipliant les actions de formation et de sensibilisation, l’institution réaffirme sa volonté de promouvoir une justice patrimoniale moderne, performante et conforme aux standards internationaux, où la confiscation des avoirs criminels devient un outil stratégique dans la lutte contre l’impunité financière.
Wassimagnon
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