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Côte d'Ivoire : JAF 2026, à N'Gandana, Ivoiriens et Maliens formés pour relever ensemble les défis climatiques et communautaires
 

Côte d'Ivoire : JAF 2026, à N'Gandana, Ivoiriens et Maliens formés pour relever ensemble les défis climatiques et communautaires

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 17 juin 2026 - 21:06


Paix, cohésion sociale et développement durable au cœur des échanges entre les populations frontalières.


La République de Côte d’Ivoire a procédé, ce 17 juin 2026, au lancement de la célébration de la Journée africaine des frontières dans la localité frontalière de N’Gandana, sous-préfecture de Boubou, département de M’Bengué.


Cette édition, placée sous le signe du renforcement de la coopération transfrontalière et de la promotion de la paix entre les peuples, a réuni les autorités administratives ivoiriennes et maliennes, des élus locaux, des leaders communautaires, ainsi que des jeunes et des femmes des deux pays.


La cérémonie d’ouverture a été marquée par un accueil chaleureux des délégations venues de part et d’autre de la frontière. Elle était présidée par le secrétaire exécutif de la CNFCI, Diakalidia Konaté, Préfet Hors grade. 


Au nom du préfet du département de M’Bengué, le représentant de l’administration locale a souhaité la traditionnelle bienvenue aux invités avant de prendre des nouvelles de la délégation malienne conduite par le préfet du cercle de Kadiolo.


Prenant la parole au nom de la gouverneure de Sikasso, du ministre malien de l’Administration territoriale et du directeur national des Frontières, le préfet du cercle de Kadiolo, Diakité Bakary, a salué l’initiative et l’engagement des autorités ivoiriennes.

Il a particulièrement rendu hommage à la disponibilité du préfet de M’Bengué, soulignant la qualité des échanges entre les deux administrations dans la préparation de l’événement. Selon lui, les frontières ne doivent pas être perçues comme des barrières, mais comme des espaces de vie et de coopération.


« La Côte d’Ivoire et le Mali sont des pays frères. Nos cultures, nos traditions et nos peuples sont intimement liés. Nous devons préserver cet héritage commun et privilégier la sagesse ainsi que le dialogue dans la gestion des différends frontaliers », a-t-il déclaré.


Le préfet malien a également insisté sur le rôle essentiel des populations riveraines dans la préservation de la paix et de la cohésion sociale, estimant que les mécanismes traditionnels de médiation demeurent des outils efficaces pour prévenir les tensions.


Dans son allocution, le préfet du département de M’Bengué a exprimé sa gratitude au gouvernement ivoirien et à la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI) pour le choix porté sur sa circonscription afin d’accueillir cette importante célébration.


Il a remercié la délégation malienne conduite par le préfet du cercle de Kadiolo pour sa présence et son engagement en faveur du rapprochement des peuples frontaliers.

« Les échanges entre les commissions des frontières, les préfets, les sous-préfets et les populations ont permis d’aboutir à cette belle mobilisation. La paix commence à la base. Lorsque les populations vivent en harmonie, les relations entre les États s’en trouvent renforcées », a-t-il souligné.


 

Le préfet a également félicité le sous-préfet de Boubou pour son implication dans l’organisation de l’événement et exhorté les communautés à poursuivre leurs efforts pour préserver la paix, condition essentielle du développement.


Chef de projet à la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire, Issa Bouda a, au nom du secrétaire exécutif de la CNFCI, rappelé que la Journée africaine des frontières est une initiative de l’Union africaine visant à promouvoir le dialogue entre les peuples et à renforcer la coopération entre États voisins.


Selon lui, la Côte d’Ivoire commémore cette journée depuis 2020 et, depuis quatre ans, les célébrations sont organisées directement dans les zones frontalières afin de rapprocher les institutions des réalités vécues par les populations.


« Il est important de vivre aux côtés des populations frontalières pour comprendre leurs préoccupations et construire avec elles des solutions durables », a-t-il expliqué.

Pour cette édition 2026, quatre localités frontalières ont été retenues : N’Gandana pour la frontière ivoiro-malienne, Tagadi pour la frontière avec le Ghana, Koulaléu pour la frontière avec la Guinée et Papara, dans le département de Tengréla.


Le responsable de la CNFCI a indiqué que les activités comprennent des formations, des rencontres communautaires, des manifestations sportives ainsi que des inaugurations d’infrastructures destinées à améliorer les conditions de vie des populations.


L’une des principales activités de la journée a été la formation de cinquante participants, dont vingt Maliens et trente Ivoiriens, aux techniques d’agriculture climato-intelligente.

Animée par Irié Bi Flih Jean-Claude, directeur départemental de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière de M’Bengué, cette session a permis de sensibiliser les producteurs aux effets du changement climatique sur les rendements agricoles.


Le formateur a expliqué les causes et les conséquences du dérèglement climatique avant de présenter plusieurs solutions adaptées aux réalités locales, notamment l’utilisation de semences améliorées, la gestion rationnelle de l’eau et la fertilisation organique.


Il a particulièrement insisté sur la technique du « zaï », une méthode de conservation de l’eau et de fertilisation des sols largement utilisée au Sahel.


« Face à la réduction de la durée des saisons pluvieuses, les semences traditionnelles ne suffisent plus. Les semences améliorées offrent de meilleurs rendements et contribuent à renforcer la sécurité alimentaire », a-t-il indiqué.


 

Le directeur départemental a également encouragé les producteurs à valoriser la bouse de vache pour la fabrication du compost, une solution accessible permettant d’améliorer durablement la fertilité des sols.

Une autre session de formation a porté sur la gestion communautaire des conflits, notamment ceux opposant agriculteurs et éleveurs.


Animée par Soro Mamadou, directeur régional des Ressources animales et halieutiques du Poro, cette rencontre a permis d’expliquer les causes profondes de ces tensions récurrentes.


Selon lui, la pression foncière, l’obstruction des pistes de transhumance, l’occupation des points d’eau et certains comportements inadaptés constituent les principaux facteurs de conflit.


« Les terres disponibles n’augmentent pas alors que les superficies agricoles et le cheptel continuent de croître. Cette pression crée inévitablement des tensions », a-t-il expliqué.


Le responsable régional a rappelé les mécanismes prévus par la législation ivoirienne pour prévenir et résoudre ces différends. Ceux-ci privilégient le règlement à l’amiable à travers le dialogue direct entre agriculteurs et éleveurs puis, en cas d’échec, l’intervention des chefs de village, des sous-préfets et des autorités préfectorales.

« La cohésion sociale exige que chacun privilégie la concertation. La justice administrative doit rester une ultime étape », a-t-il insisté.


À l’issue des formations, les jeunes des deux pays ont été invités à participer à un match de gala opposant le village de N’Gandana à une sélection de la sous-préfecture de Misséni.


Pour les organisateurs, au-delà du résultat sportif, cette rencontre symbolise la volonté des communautés frontalières de renforcer leur fraternité et leur vivre-ensemble.

À travers cette édition 2026 de la Journée africaine des frontières, la Côte d’Ivoire et le Mali réaffirment leur volonté commune de faire des espaces frontaliers des zones de coopération, de développement et de paix durable.


Les différents intervenants ont unanimement appelé les populations à préserver les liens historiques qui unissent les deux pays, à promouvoir le dialogue et à s’engager dans des initiatives favorisant la cohésion sociale, condition indispensable au développement des territoires frontaliers.


Wassimagnon


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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