Côte d'Ivoire: Un financement de plus de 100 millions d'euros pour rapprocher universités et entreprises
La consultation nationale des parties prenantes du projet ACE INNOVATE s’est achevée ce jeudi à l’UEMOA-CRRAE, au Plateau, marquant une étape majeure dans la transformation du système d’enseignement supérieur ivoirien. Placée sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, cette rencontre de trois jours a permis de définir les grandes orientations d’un programme ambitieux destiné à renforcer l’employabilité des jeunes et à accélérer l’innovation au service du développement économique du pays.
Au terme des travaux, les différents acteurs réunis ont adopté une feuille de route commune visant à rapprocher davantage les universités du monde de l’entreprise, tout en adaptant les formations aux besoins réels du marché du travail.
Représentant le ministre Adama Diawara lors de la cérémonie de clôture, le Professeur Arsène Kobéa a rappelé l’enjeu fondamental du projet ACE INNOVATE.
« Le capital humain est la clé de la transformation socio-économique de notre pays. L’employabilité de notre jeunesse demeure l’objectif premier d’ACE INNOVATE », a-t-il déclaré.
Selon lui, la Côte d’Ivoire fait face à un paradoxe persistant : de nombreux diplômés rencontrent des difficultés d’insertion professionnelle alors que plusieurs secteurs stratégiques peinent à recruter les compétences dont ils ont besoin. Une situation que le projet entend corriger grâce à une meilleure adéquation entre formation, recherche et emploi.
Troisième phase du programme des Centres d’Excellence Africains (ACE), ACE INNOVATE se distingue par une approche plus globale et inclusive. L’ambition n’est plus seulement de créer des pôles d’excellence, mais de favoriser une transformation institutionnelle à grande échelle au sein de l’enseignement supérieur.
Le projet repose sur quatre axes majeurs, le renforcement des capacités des centres d’excellence et des universités hôtes, l’élargissement de l’accès aux compétences de niveau supérieur à travers des consortiums nationaux, le développement de partenariats durables entre universités et entreprises, le renforcement de la coopération régionale en matière d’enseignement supérieur et de recherche.
Initialement prévue pour accueillir 150 participants, la consultation a finalement réuni plus de 200 acteurs issus de divers horizons : présidents d’université, directeurs de grandes écoles, responsables de centres d’excellence, représentants du secteur privé, fédérations professionnelles, enseignants-chercheurs et partenaires techniques et financiers.
Les échanges se sont articulés autour de quatre groupes thématiques consacrés aux secteurs jugés prioritaires pour le développement national, l’agro-industrie et l’agriculture à forte valeur ajoutée, l’énergie, les mines et les infrastructures, la santé, le tourisme et l’industrie manufacturière, le numérique, l’intelligence artificielle et l’entrepreneuriat.
Les travaux ont permis de dégager huit messages clés qui serviront de socle à la mise en œuvre du programme :
Le capital humain constitue le principal levier de transformation économique et sociale.
L’employabilité des jeunes demeure la priorité centrale, avec un accent particulier sur les compétences intermédiaires et l’enseignement technique.
Les priorités sectorielles nationales sont confirmées, notamment dans l’agro-industrie, l’énergie, les mines, la santé et le numérique. La réussite du projet dépendra d’une collaboration étroite entre le monde universitaire et le secteur productif.
ACE INNOVATE s’inscrit en complémentarité avec les réformes nationales en cours, notamment le programme A IMPACT et les Instituts Universitaires de Technologie.
La sélection des centres bénéficiaires se fera sur une base compétitive et axée sur les résultats.
Un point focal national sera désigné et une requête de financement sera soumise au ministère en charge de l’Économie.
Un comité national de pilotage, présidé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, sera mis en place dans les meilleurs délais.
Présent à la rencontre, Modibo Sidibé, économiste principal à la Banque mondiale, a salué la qualité des contributions et la pertinence des recommandations formulées par les participants.
Il a notamment souligné l’importance de renforcer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi, tout en favorisant la valorisation des résultats de la recherche scientifique.
À cette occasion, il a annoncé un important soutien financier au projet, avec un cofinancement de 83 millions de dollars de la Banque mondiale et de 20 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD).
L’appel à manifestations d’intérêt sera lancé dès la semaine prochaine, avec une période de candidature de six semaines ouverte aux institutions éligibles.
La Banque mondiale et l’AFD prévoient d’achever l’instruction du projet dans les deux prochains mois afin de permettre son entrée en vigueur effective avant décembre 2026.
Clôturant officiellement les travaux, le Professeur Arsène Kobéa a insisté sur la portée stratégique et sociétale du programme.
« Au-delà des dispositifs et des financements, il s’agit d’un véritable projet de société visant à offrir à notre jeunesse les compétences de son temps et à notre pays les talents de sa transformation, conformément à la Vision 2030 portée par le Chef de l’État », a-t-il affirmé.
Avec cette consultation nationale, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape vers la construction d’un enseignement supérieur plus inclusif, plus performant et davantage connecté aux réalités économiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’emploi des jeunes et la compétitivité du pays.
Wassimagnon
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