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Cameroun : Guerre de succession,  Oswald Baboke accusé de pillage, sans la moindre preuve publique pour être écarté
 

Cameroun : Guerre de succession, Oswald Baboke accusé de pillage, sans la moindre preuve publique pour être écarté

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 06 juillet 2026 - 16:53

Palais d'Etoudi (Ph)



Le DCC adjoint est la cible d'une meute de « lanceurs d'alerte » qui crient à l'« enrichissement illicite ». Pas un document, pas une pièce, pas une source vérifiable. Face à l'emballement, la Présidence choisit le silence.


Le Directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence, Oswald Baboke, est depuis plusieurs jours livré à une véritable exécution numérique. Des comptes se présentant comme des « lanceurs d'alerte » l'accusent sans détour de « pillage » et d'« enrichissement illicite » sur Facebook et X. On lui colle même, sans l'ombre d'une preuve, un coup d'État manqué qu'il aurait fomenté avec Chantal Biya.


Accusations virales, mais du vent


Selon plusieurs publications consultées par la rédaction camerounaise de Koaci, dont un post du 1er juillet 2026 partagé 10 fois, le DCC adjoint « aurait bâti sa fortune sur le dos de l'État ». On y parle de « milliards détournés » et de « biens mal acquis » — mais aucun relevé bancaire, aucun acte notarié, aucune décision de justice ne vient étayer ces affirmations. Rien. Ce ne sont, à ce stade, que des accusations lancées dans le vide, portées par la seule force de la répétition.


Vérification, zéro dossier, zéro plainte


Notre rédaction a vérifié auprès des instances compétentes. La Conac, l'Anif et le Tribunal Criminel Spécial n'ont, à notre connaissance, rendu public aucun dossier visant Oswald Baboke pour enrichissement illicite. Aucune plainte n'a été officiellement annoncée contre lui sur ces faits. Un juriste contacté par nos soins tranche sans détour : « L'enrichissement illicite est défini et réprimé par le Code pénal, mais il revient aux organes habilités d'enquêter et à la justice de trancher. Une publication sur les réseaux sociaux ne vaut pas condamnation. »


 

Sollicité ce 06 juillet 2026 pour une réaction, le service du DCC adjoint n'a pas daigné répondre à nos questions. Aucun démenti officiel n'a été publié à l'heure où nous mettons sous presse. Oswald Baboke n'a pas non plus, à notre connaissance, engagé la moindre action en diffamation — un silence qui, dans un contexte pareil, interroge autant qu'il inquiète.


Cible facile, dans un climat de tous les dangers


Influent et discret, Oswald Baboke est un habitué des règlements de comptes qui agitent les réseaux autour d'Etoudi. À l'heure où les Camerounais retiennent leur souffle en attendant la nomination du vice-président et d'un nouveau gouvernement, le lynchage numérique de hautes personnalités - preuves ou pas - est devenu une arme de déstabilisation à part entière.


« On assiste à une judiciarisation du débat public par Facebook », résume un internaute. « Le problème, c'est que la présomption d'innocence y est purement et simplement piétinée. » Faute d'éléments matériels, l'affaire Baboke n'est, pour l'heure, qu'une rumeur qui enfle - mais elle dit long sur la facilité avec laquelle une réputation peut être exécutée en ligne, sans procès, sans preuve, et sans aucun compte à rendre.


Rumeur dans un climat de rivalités


Cette campagne contre Oswald Baboke ne surgit pas dans le vide. Elle intervient alors que le Cameroun vient de créer, par la révision constitutionnelle adoptée le 4 avril 2026, un poste de vice-président appelé à succéder immédiatement à Paul Biya en cas de vacance du pouvoir - une réforme qui a ouvert, selon plusieurs médias camerounais et régionaux, une compétition feutrée mais réelle entre plusieurs cercles proches du palais d'Etoudi. Le pays est depuis quelques temps dans une « impitoyable guerre de succession », notamment autour de l'hypothèse d'une candidature de Franck Biya, tandis que d'autres analyses pointent des recompositions régionales (axe Nord-Sud) et des affrontements entre ce que certains observateurs appellent le « clan des grands commis de l'État » et le « clan des barons du parti ».


 

Dans ce contexte de tension croissante, où chaque nomination et chaque signal envoyé depuis la présidence est scruté et interprété, les campagnes de dénigrement anonymes visant des personnalités jugées influentes — qu'elles soient ou non fondées -s'inscrivent dans une logique de guerre d'usure entre prétendants ou soutiens de prétendants à l'après-Biya.


Aucune preuve d'un financement identifié


Reste que rien, à ce jour, ne permet d'attribuer cette campagne contre Oswald Baboke à un clan, un individu ou une source de financement précis. Aucun média sérieux, aucune enquête, aucun document n'a établi de lien entre les comptes qui l'accusent et une quelconque officine ou personnalité rivale. Formuler une telle accusation sans preuve reviendrait à commettre la même faute que celle dénoncée dans cet article : accuser dans le vide. Ce qu'on peut affirmer, en revanche, c'est que le climat de succession - encore incertain, encore verrouillé par le silence de Paul Biya lui-même sur le nom de son « dauphin » - crée un terreau propice à ce type d'attaques anonymes, dont l'objectif, qu'il soit isolé ou concerté, est d'affaiblir des figures jugées gênantes avant une éventuelle recomposition du pouvoir.



-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com


 
 
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