Togo : Dialogue politique, réunion du CPC sur fond de boycott et griefs des poids lourds de l'opposition
Des membres du CPC lors de la réunion à Lomé (ph)
Les représentants des partis politiques réunis au sein du Cadre permanent de concertation (CPC) ont formulé des recommandations sur plusieurs questions relatives au fonctionnement des institutions dans le contexte de la Ve République.
La cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l'année 2026 du Cadre a été présidée par le président du CPC, Me Tchassona Traoré, en présence du ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, rapporteur du CPC, le Colonel Awaté Hodabalo.
Les discussions, qui ont réunis des représentants des partis politiques, se sont déroulées du 30 juin au 03 juillet 2026 à Lomé. Les rapports issus des différentes commissions seront transmis aux autorités compétentes pour la suite du processus
Le CPC
Dans son intervention, le ministre de l’Administration territoriale a rappelé que le CPC demeure un instrument essentiel du dialogue politique au Togo.
Il a précisé que c’est un véritable espace d’échanges, de concertation et de propositions. Il offre aux acteurs politiques l’occasion de réfléchir ensemble aux questions d’intérêt général afin de soumettre au gouvernement des recommandations consensuelles.
Discussions sur la CENI
Une large part des travaux a porté sur l’avenir de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Selon une publication du ministère de l’Administration territoriale, les échanges ont porté sur la réorganisation de la CENI. Les participants ont analysé les perspectives d’évolution de cette institution, en s’interrogeant sur le maintien d’une CENI à dominante politique ou sur son évolution vers une structure davantage technique.
Les discussions ont permis de dégager une convergence de vues en faveur du maintien de la configuration actuelle, tout en préconisant des réformes destinées à améliorer son fonctionnement, sa gouvernance, ainsi que la transparence et la crédibilité du processus électoral.
Cas des inondations
La cérémonie de clôture a été marquée par la lecture d’une déclaration des acteurs politiques du CPC sur les récentes inondations ayant affecté plusieurs localités du pays. Le président du parti Togo Autrement, Fulbert Sassou Attisso, a exprimé les condoléances du CPC aux familles endeuillées ainsi que sa compassion et sa solidarité envers les sinistrés et les personnes déplacées.
À la clôture de la session, le président du CPC, Me Tchassona Traoré, a salué le climat de dialogue qui a prévalu durant les travaux et a rappelé que la concertation demeure un levier essentiel pour favoriser la cohésion nationale, consolider les institutions et accompagner la gouvernance locale.
Au terme des travaux, les participants ont formulé diverses recommandations destinées à contribuer au renforcement du dialogue politique et à l’amélioration du fonctionnement institutionnel. Les conclusions des commissions seront transmises aux autorités compétentes pour examen.
Boycott des poids lourds de l’opposition
Des principaux partis de l’opposition togolaise à l’instar de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et le Comité d'Action pour Le Renouveau (CAR) ont décliné l’invitation des autorités à prendre part aux travaux du dialogue CPC. Quant à l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), elle a suspendu en fin mars dernier sa participation aux travaux du CPC, dénonçant un processus fragilisé par des pratiques jugées peu rassurantes.
Pendant que l’ANC a estimé que le CPC est loin de constituer un véritable espace de dialogue politique ouvert et crédible et ne sert essentiellement qu’à cautionner des décisions arrêtées à l’avance par le pouvoir, la DMP a souligné avoir déjà notifié dans son communiqué en date du 6 juillet 2025, son retrait du CPC car le cadre est une chambre d’enregistrement, incapable de prendre en compte les préoccupations essentielles de l’opposition, de la société civile et du peuple togolais.
La DMP a motivé son retrait par le fait que « Le peuple du Togo attend aujourd’hui l’ouverture d’une transition politique véritablement inclusive, seule capable de refonder les institutions de la République, de restaurer la légalité constitutionnelle et de rétablir la confiance entre les acteurs politiques, les institutions et les citoyens.
Pour sa part, le CAR après avoir estimé que sans une vraie assise politique nationale sincère et inclusive pour régler de manière durable les difficultés dans le pays, « la tenue précipitée d'un CPC n'apportera pas de solution à la crise socio-politique que traverse le pays ».
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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