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Cameroun : Affaire Martinez zogo, révélations explosives du 34e témoin
 

Cameroun : Affaire Martinez zogo, révélations explosives du 34e témoin

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 15 juillet 2026 - 09:07

colonel Jean-Pierre Otoulou, (Ph)


 Ce mardi 14 juillet 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé, le procès de l'assassinat du journaliste Martinez zogo s'est poursuivi avec l’audition du colonel Jean-Pierre Otoulou, 34ᵉ témoin à charge pendant plus de 5h de temps.


Ancien commandant de la Légion de gendarmerie du Centre au moment des faits en janvier 2023, le colonel Otoulou a affirmé avoir suivi le dossier « du début jusqu’au déferrement ». Il dit s’être senti directement interpellé en apprenant que l’enlèvement s’était produit devant un poste de gendarmerie à Nkolkodi.


Une opération de "spécialistes"


D’après sa déposition, le véhicule de Martinez Zogo a été bloqué pour faire un tête-à-queue devant le portail. La victime aurait tenté d’entrer dans la brigade mais, gêné par la pente, a heurté le portail avant d’être enlevée par des hommes descendus d’un Prado noir. 


Pour le colonel, la rapidité et le choix d’une zone sans vidéosurveillance prouvent qu’il ne s’agissait pas de « simples bandits » mais d’un commando de professionnels appartenant à une unité spéciale.


Il décrit un dispositif en deux équipes : une pour la surveillance, l’autre pour l’enlèvement. Deux véhicules auraient été utilisés, le Prado étant ensuite abandonné car trop repérable.


La piste DGRE et le rôle présumé de Justin Danwe


Le témoin indique que les investigations ont mené à Justin Danwe, alors directeur des opérations à la DGRE (contre espionnage camerounais). 


Les relevés téléphoniques l’auraient localisé dans une zone baptisée Total Yannick au moment du passage du Prado.


 Lors d’un entretien, Danwe manipulait son téléphone de façon suspecte.


Face aux enquêteurs, il aurait fini par reconnaître : « C’est moi qui ai fait l’opération ». 


 

Il a cité l’adjudant-chef Ebo’o comme membre du commando. Selon Otoulou, Ebo’o a confirmé et détaillé l’organisation du groupe.


Le colonel ajoute avoir appris que Danwe avait demandé des renseignements sur Martinez Zogo avant l’enlèvement.


Jean-Pierre Amougou Belinga et Maxime Eko Eko cités


Le cœur des révélations porte sur les liens présumés entre Justin Danwe et l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga.


Le colonel Otoulou raconte avoir organisé une confrontation.


 Après avoir d’abord nié, Danwe a reconnu connaître Amougou Belinga. Il aurait expliqué l’avoir sollicité pour une avance sur solde et que c’est à cette occasion qu’on lui aurait demandé de

« faire taire Martinez Zogo ».


Toujours selon Otoulou, plusieurs remises d’argent auraient eu lieu à la résidence du Club BEAC et à l’immeuble Ekang (appartenant à Amougou Belinga), avant et pendant l’opération. Le lendemain de l’enlèvement, Danwe serait retourné rendre compte et aurait encore reçu de l’argent avec cette phrase : « J’attends de voir le résultat ».


 Après la découverte du corps, il serait venu informer Amougou Belinga sans rien recevoir.


Le témoin évoque aussi un enregistrement audio remis par l’ex-DG de la DGRE, Maxime Eko Eko, dans lequel on entendrait Amougou Belinga dire : « même Eko Eko est ma personne ».


 Interrogé, Eko Eko aurait répondu : « Allez demander à Danwe et à Amougou Belinga ce qu'ils ont fait ».


 

Un message mentionnant « Le jour J ça sera sans pitié pour lui » et attribué au journaliste Bruno Bidjang fait également partie des pièces versées au dossier.


 Amougou Belinga aurait nié vouloir l’emprisonner, affirmant : « Quand un enfant me dérange, je fais qu'on le fouette ».


Éléments matériels 


Le colonel Otoulou dit s’être appuyé sur des vidéos de surveillance montrant Danwe garer loin de l’immeuble Ekang et s’y rendre à pied par différents chemins. Il pointe aussi la difficulté d’exploitation des téléphones saisis : seulement 18% des données d’Amougou Belinga auraient été analysées, et un iPhone reste porté disparu.


Concernant la découverte du corps à Ebogo, il précise avoir alerté le médecin légiste et la famille pour identification.


Après des contestations des avocats de la défense sur la qualité du témoin, rejetées par le président du tribunal au nom de l’article 317 du Code de procédure pénale, l’audience a été renvoyée aux 3 et 4 août 2026 pour la suite de la contre-interrogatoire.


Le colonel Otoulou a dressé le portrait d’un enlèvement minuté, exécuté par des professionnels, et mis en cause une chaîne allant de Justin Danwe à Jean-Pierre Amougou Belinga, avec des implications évoquées au sein de la DGRE.


 

-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun. 


-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com



 
 
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