Cameroun : À l'ouest, 110 millions FCFA cotisés pour remercier Biya après le choix de Datouo
Datouo PAN (ph)
À Bafoussam région de l'ouest, les élites cotisent à prix d’or pour célébrer la nomination d’un des leurs. Un rituel bien rodé qui transforme chaque promotion en dette envers le Prince.
Ils ont sorti le chéquier. 110 millions FCFA.
Objectif : remplir ce samedi 25 juillet le stade omnisports de Toket à Bafoussam pour un seul message : "Merci Paul Biya".
La raison de cette liesse ?
L’élection de Théodore Datouo, député des Hauts-Plateaux, à la tête de l’Assemblée nationale. Proposé par le RDPC pour succéder à Cavaye Yeguie Djibril, il a été porté au perchoir par ses pairs.
Le code Biya : une nomination = un meeting = une facture
Au Cameroun, une nomination à un poste stratégique ne fait pas seulement les choux gras des journaux. Elle déclenche un réflexe : les élites de la région du promu se cotisent, s’organisent et viennent publiquement s’acquitter.
L’Ouest ne déroge pas à la règle. Sous la houlette du délégué permanent régional du Comité central, les cadres RDPC ont mis les petits plats dans les grands.
Logistique, sonorisation, mobilisation des sous-sections : rien n’a été laissé au hasard.
Le message est clair. Datouo au perchoir, c’est "la main du Président". Et cette main, il faut la baiser en public.
Bafoussam, vitrine et examen de passage
Pour la région de l’Ouest, fief historique du RDPC, l’enjeu dépasse la simple gratitude. En année pré-électorale, c’est un test.
Le stade sera-t-il plein ? Les images feront-elles le tour des télévisions ?
La réponse en nombre d’hommes et de femmes sera lue à Yaoundé comme un baromètre de fidélité.
110 millions pour dire merci. Une somme qui fait grincer des dents quand les populations de la même région attendent toujours routes, hôpitaux et emplois.
Gratitude ou clientélisme ?
Derrière les discours d’allégeance, la question dérange : pourquoi transformer une fonction républicaine en faveur personnelle ?
Pourquoi chaque promotion doit-elle se payer par un show de loyauté ?
Le meeting de Toket n’est donc pas qu’une fête. C’est la photographie d’un système où le pouvoir se monnaye en ovations et où la reconnaissance se mesure en millions et en banderoles.
Samedi, Bafoussam dira "merci". Reste à savoir à qui profite vraiment ce merci.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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