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Côte d'Ivoire : Stocks résiduels de cacao, des sociétés coopératives et acheteurs exigent toute la vérité sur les 1 400 coopératives bénéficiaires
 

Côte d'Ivoire : Stocks résiduels de cacao, des sociétés coopératives et acheteurs exigent toute la vérité sur les 1 400 coopératives bénéficiaires

 
 
 
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© Koaci.com - dimanche 09 août 2026 - 06:00



La décision du Conseil du Café-Cacao de mettre fin à l’opération d’enlèvement d’urgence des stocks résiduels de cacao continue de susciter des réactions au sein de la filière. Dans un communiqué adressé à l’ensemble de ses membres, le Collectif des Sociétés Coopératives et Acheteurs de Côte d’Ivoire exprime son profond désaccord face à la situation et réclame davantage de transparence sur la mise en œuvre de cette opération.


Au cœur des préoccupations du collectif figure notamment l’absence de publication d’une liste nominative des 1 400 coopératives agréées qui auraient été concernées par l’opération portant sur un volume de 100 000 tonnes de cacao.


Selon le collectif, le Conseil du Café-Cacao a indiqué que l’inventaire de ces 100 000 tonnes avait été réalisé conjointement avec l’OIA-Café-Cacao auprès de 1 400 coopératives agréées. Toutefois, déplore-t-il, aucune liste publique permettant d’identifier ces coopératives et de connaître les volumes effectivement enlevés pour chacune d’entre elles n’aurait, à ce jour, été rendue disponible.


Pour les responsables du collectif, cette absence de données détaillées constitue un obstacle majeur à la vérification de l’équité de l'opération.


Ils souhaitent notamment savoir quelles coopératives ont effectivement bénéficié de l’enlèvement des stocks, dans quelles zones elles sont implantées et quels volumes ont été pris en charge pour chacune d’entre elles.


« Sans liste publique des 1 400 coopératives et des volumes exacts enlevés par zone et par coopérative, il est difficile pour nous de vérifier si la répartition a été équitable », soutient le collectif.


Cette exigence de transparence intervient dans un contexte marqué par la persistance, selon les acteurs de terrain, de stocks de cacao qui n’auraient pas encore été enlevés dans plusieurs magasins de stockage.


Le collectif estime ainsi que la publication des données relatives à l’opération permettrait de clarifier la situation, de réduire les interrogations et de restaurer la confiance entre les différents acteurs de la filière.


Dans sa prise de position, le collectif déplore également que les acheteurs, qu’il présente comme un maillon important de la chaîne de commercialisation et comme des partenaires ayant contribué au financement de nombreuses sociétés coopératives, ne soient pas suffisamment pris en compte dans la communication autour de l’opération.


Pour le collectif, la question ne se limite donc pas aux seules coopératives bénéficiaires. Elle concerne l’ensemble de l’écosystème de la commercialisation du cacao, notamment les producteurs, les coopératives, les acheteurs et les opérateurs dont les investissements seraient directement exposés par la présence de stocks résiduels.


 

Le collectif reconnaît que le Conseil du Café-Cacao peut être amené à protéger certaines informations commerciales ou financières détenues dans le cadre de ses missions. Il estime néanmoins que cette exigence de confidentialité ne devrait pas empêcher la publication d’informations permettant aux acteurs de vérifier objectivement la réalité de l’opération.


Pour les responsables du collectif, il existe aujourd’hui un décalage entre la logique institutionnelle fondée sur les plafonds d’intervention, les procédures de contrôle et les mécanismes internes de reddition de comptes, et l’attente des acteurs de terrain qui souhaitent disposer d’éléments concrets permettant de comprendre comment les 100 000 tonnes annoncées ont été réparties.


Ils considèrent que la transparence constitue, dans une période de crise de commercialisation, le meilleur moyen de dissiper les rumeurs et de rétablir la confiance.


Le collectif réagit particulièrement à l’annonce faite le 5 août 2026 par le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Brahima Koné, marquant la fin de l’opération d’urgence.


Cette décision intervient alors que, selon les acteurs du terrain, des stocks résiduels demeurent encore dans certains magasins. Le collectif estime dès lors qu’une solution juste et équitable doit être recherchée pour les opérateurs qui restent confrontés à des difficultés de commercialisation.


Il affirme ne pas accepter que des décisions ayant des conséquences importantes sur les activités des producteurs, des coopératives et des acheteurs soient prises sans que la situation des stocks encore disponibles ne soit pleinement clarifiée.


Face à cette situation, le Collectif des Sociétés Coopératives et Acheteurs de Côte d’Ivoire appelle ses membres à se tenir prêts et à rester mobilisés.


Le collectif précise toutefois que sa démarche se veut pacifique, responsable et respectueuse de la loi. Il affirme que son combat ne vise aucune personne ou institution en particulier, mais qu’il entend défendre les intérêts économiques et professionnels de ses membres.


« Notre combat n’est dirigé contre personne. Nous défendons nos droits, nos investissements, nos familles et la survie de nos activités », fait valoir le collectif.


Dans cette perspective, il appelle les producteurs, sociétés coopératives, acheteurs et autres opérateurs concernés à renforcer leur unité et leur solidarité afin de faire entendre leurs préoccupations.


Autre décision annoncée, c'est la mise en place rapide d’un collectif d’avocats compétents pour accompagner et défendre les intérêts des membres.


Le collectif entend ainsi donner une dimension juridique à sa démarche et examiner, avec ses conseils, les voies et moyens permettant de faire valoir les droits et intérêts des acteurs concernés.


 

Pour ses responsables, l’heure est désormais à l’organisation et à la vigilance. Ils invitent donc chacun des membres à contribuer à cette dynamique et à rester attentif aux prochaines décisions qui pourraient être prises.


Pour le collectif, la publication de la liste des 1400 coopératives bénéficiaires permettrait de vérifier les conditions dans lesquelles l’opération a été exécutée et de déterminer si les acteurs concernés ont été traités de manière équitable.


Dans un secteur aussi stratégique que celui du cacao, le collectif estime que la confiance passe nécessairement par des informations vérifiables et accessibles.


En attendant d’éventuelles clarifications des autorités de régulation, le Collectif des Sociétés Coopératives et Acheteurs de Côte d’Ivoire maintient son appel à la mobilisation.


Il promet de communiquer ultérieurement sur les prochaines étapes de sa démarche, tout en réaffirmant sa volonté de rester déterminé, organisé et pacifique dans la défense de ce qu’il considère comme les droits et intérêts légitimes des acteurs concernés.


« Unis, nous serons plus forts. Organisés, nous serons entendus. Solidaires, nous irons jusqu’au bout de la défense de nos droits », conclut le collectif.


Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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