Niger-Tchad : Un officier nigérien évoque une possible intervention étrangère, N'Djaména répond indirectement
Le capitaine Roger Gabriel
Un officier nigérien a affirmé mardi à la Radio Télévision du Niger (RTN) avoir été informé, lors des troubles des 28 et 29 août à Niamey, de projets d’intervention extérieure impliquant notamment le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France.
Le capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon parachutiste de Niamey, assure ne pas avoir pris part aux affrontements à la base aérienne 101.
Réveillé par les tirs, il dit avoir reçu pour mission de sécuriser le camp Bagagi puis le deuxième pont, avant d’être sollicité par des officiers du BSR-COS pour envoyer des renforts à la base. Son unité aurait finalement refusé.
Selon son récit, un officier tchadien qu’il identifie comme le colonel Hassan Adoum l’aurait ensuite informé d’une intervention préparée depuis le Tchad, qu’il affirme avoir été « pilotée » par les autorités tchadiennes avec l’appui des forces spéciales françaises.
Le capitaine évoque également des informations faisant état d’une possible intervention depuis le Bénin, avec un soutien de la Côte d’Ivoire et de militaires français.
L’officier affirme par ailleurs avoir reçu des appels et messages provenant notamment de France, Dubaï et Belgique, ainsi qu’un message qu’il attribue au chef d’état-major de l’armée de l’air tchadienne annonçant une intervention.
Ces accusations, qui mettent en cause plusieurs pays, n’étaient toutefois accompagnées d’aucun élément permettant une vérification indépendante dans le témoignage diffusé par la RTN.
Les autorités des pays cités n’avaient pas, à ce stade, confirmé les faits rapportés.
Quelques heures après la diffusion du témoignage, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a publié sur Facebook un verset de la sourate Al-Baqara appelant à ne pas « mêler le faux à la vérité ».
Sans citer directement le Niger ni le capitaine Gabriel, cette publication intervient dans le contexte immédiat de ces accusations.
Les événements des 28 et 29 août à Niamey avaient été qualifiés de tentative de déstabilisation par les autorités nigériennes et la Confédération des Etats du Sahel (AES). Les forces restées loyales au pouvoir avaient annoncé avoir repris le contrôle des sites visés.
Trois membres de la Garde présidentielle ont été tués lors des affrontements. Leurs obsèques officielles sont prévues lundi à la Base militaire 101 de Niamey.
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