Cameroun : Yaoundé, une dizaine d'enfants découverts dans une concession, deux femmes interpellées
Une intervention policière menée dans l'après-midi du 2 septembre à Essos, dans le 5e arrondissement de Yaoundé, a permis de découvrir une dizaine d'enfants mineurs à l'intérieur d'une concession jusque-là inconnue du voisinage pour ce qui s'y déroulait réellement. Deux femmes ont été interpellées. Une enquête est ouverte pour établir l'origine de ces enfants et la nature des activités menées sur les lieux. Deux jours après les faits, aucune autorité ne s'est encore exprimée publiquement sur le dossier.
Découverte
Selon un témoignage recueilli sur place, c'est la population du quartier qui a précipité les événements. Vers 14 heures, des riverains auraient forcé l'entrée de la concession pour vérifier ce qui s'y tramait. Cette intrusion aurait permis de mettre au jour des jouets d'enfants, des dortoirs, plusieurs véhicules et motos, ainsi que du matériel informatique - ordinateurs et mallettes -que la police aurait ensuite fait sortir des lieux.
Une source proche du dossier évoque également la présence de personnel visiblement affecté à la garde des enfants, ainsi qu'une pièce faisant office d'infirmerie. Ces éléments restent à ce stade des témoignages non confirmés officiellement par les autorités.
L'intervention a finalement été prise en charge par les services du 16e arrondissement de police, qui ont procédé à l'interpellation de deux femmes présentes sur les lieux.
De l'extérieur, rien ne distinguait cette concession des habitations environnantes. Portail fermé, façade sans particularité : les riverains interrogés décrivent une maison discrète, dont l'activité nocturne -de gros véhicules y entrant et en sortant, souvent après la tombée du jour - n'éveillait pas de soupçons particuliers.
Une commerçante du marché voisin, installée dans le quartier depuis plusieurs années, rapporte que l'occupante des lieux se fournissait régulièrement en grande quantité de produits alimentaires, sans que personne ne s'interroge sur leur destination réelle. Selon cette même source, la femme serait originaire de l'Ouest du pays, et son père serait de nationalité nigériane - des informations qui, à ce stade, relèvent du témoignage de voisinage et n'ont pas été vérifiées de façon indépendante.
Rumeurs
Plusieurs versions circulent dans le quartier quant à l'identité et à la situation personnelle de la présumée responsable des lieux, décrite comme veuve et en couple avec un pasteur qui serait, selon certains témoignages, associé à cette activité. Ces éléments n'ont fait l'objet d'aucune confirmation officielle et doivent être traités avec la plus grande prudence tant que l'enquête n'a pas établi les faits.
De même, l'hypothèse d'un réseau d'exploitation sexuelle de mineurs, avancée par une partie de la population rassemblée sur place, n'est à ce stade qu'une supposition. Aucune autorité judiciaire ou policière n'a confirmé la nature exacte des activités qui se déroulaient dans cette concession.
Tension
Sur place, l'attroupement de riverains est resté dense, entre curiosité et colère. Des habitants filmaient les allées et venues des forces de l'ordre avec leurs téléphones, tandis que d'autres tentent de reconstituer le fil des événements auprès de leurs voisins. Des propos hostiles, appelant à une justice expéditive contre les occupants de la maison, ont été entendus dans la foule - un climat qui illustre la vive émotion suscitée par cette affaire, mais qui ne saurait se substituer aux conclusions de l'enquête en cours.
Enquête
Il revient désormais aux autorités compétentes de déterminer dans quelles conditions ces enfants se trouvaient dans cette concession, d'établir leur provenance, et de faire la lumière sur la nature exacte des activités qui y étaient menées. Par souci de protection des mineurs concernés, aucun élément permettant leur identification n'est communiqué à ce stade.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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