Côte d'Ivoire : Cacao, Don Mello : « Le prix à 1 200 FCFA/kg pour la campagne 2026-2027 remet au premier plan la vulnérabilité de notre économie cacaoyère »
À l'issue des arbitrages, le Gouvernement ivoirien a annoncé, le mardi 1er septembre, à l'occasion de l'ouverture de la 10ᵉ édition des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC), les nouveaux prix d'achat pour la campagne principale 2026-2027 du cacao et du café.
Le kilogramme de cacao bien fermenté, bien séché et bien trié est fixé à 1 200 FCFA, celui du café à 1 300 FCFA.
Réagissant à cette décision, Ahoua Don Mello, relève que, le prix bord champ fixé à 1 200 FCFA/kg pour la campagne 2026-2027 remet au premier plan la vulnérabilité de notre économie cacaoyère.
Selon ce dernier, le modèle ivoirien est à bout de souffle et la transformation reste la seule solution.
« Cette crise est le symptôme d'un modèle économique qui montre ses limites. Bien que la Côte d'Ivoire fournisse 40% de la production mondiale et que le cacao pèse 17% de son PIB, le pays ne capte que 6% de la valeur ajoutée globale », a-t-il relevé.
Face à ce constat, les acteurs de la filière, réunis lors des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC), affichent leur volonté d’« accélérer la transformation » locale.
L'objectif traiter 100% de la production nationale d'ici 2030. Cette transformation permettra de multiplier par 3 la valeur des fèves broyées et par 100 celle du produit fini au stade de chocolat.
Pour que cette politique profite réellement aux paysans, Don Mello propose qu’une évolution statutaire s’impose.
« Passer du rôle de simple planteur à celui d'entrepreneur agro-industriel (individuellement ou en coopératives), avec l'accompagnement de l'État, afin d'éliminer les intermédiaires qui captent les marges au détriment des producteurs. Les enfants de paysans, aujourd'hui hautement diplômés, sont prêts à prendre la relève. Il ne manque que le changement du « logiciel « de 1960, époque caractérisée par le manque de cadres et de capitaux -, désormais obsolète en 2026, où des fils de producteurs titulaires de doctorats se retrouvent au chômage. »
Notons que, la mise en place d'un Système National de Traçabilité (SNT) et d'une carte à puce pour les producteurs, entrée en vigueur le 1er septembre, vise à sécuriser les transactions et à garantir une juste rémunération.
Mais pour Don Mello, les millions de producteurs qui vivent de la sueur de leur front, ces mesures techniques ne suffiront pas à panser les plaies d'une filière à bout de souffle.
Donatien Kautcha, Abidjan
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