Côte d'Ivoire : Charles Blé Goudé appelle les Ivoiriens à « tourner le dos au buzz » et à se concentrer sur l'essentiel
Dans une intervention publiée lundi 7 septembre au soir sur son réseau social, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a appelé les Ivoiriens à ne pas se laisser détourner des enjeux qu’il juge prioritaires pour l’avenir du pays. Parmi eux : la lutte contre l’orpaillage illégal, la préservation des ressources naturelles, la sécurité alimentaire et le renforcement de l’unité nationale. Il a également plaidé pour une attention accrue aux questions institutionnelles, notamment la mise en place d’un organe électoral crédible.
Charles Blé Goudé veut remettre les « fondamentaux » au cœur du débat public. Dans une intervention adressée aux Ivoiriens lundi 7 septembre au soir, le président du COJEP a appelé ses compatriotes à ne pas se laisser absorber par les polémiques et les phénomènes de « buzz » au détriment des problèmes qui touchent directement leur quotidien.
« Je suis Charles Blé Goudé, président du COJEP. Mais ce soir, je suis ici avant tout en tant qu’Ivoirien », a-t-il déclaré, se présentant comme un citoyen soucieux de l’avenir de son pays.
Selon lui, les préoccupations essentielles doivent porter sur la santé, l’éducation, l’économie, l’agriculture, la pisciculture et, plus largement, sur les secteurs déterminants pour le présent et l’avenir de la Côte d’Ivoire.
L’ancien responsable politique estime que la lutte contre l’orpaillage illégal doit rester une priorité nationale. Il alerte notamment sur ses conséquences environnementales et sanitaires, mais aussi sur les risques qu’il fait peser sur l’agriculture et la sécurité alimentaire.
« Aucun buzz ne doit nous distraire », a-t-il martelé, invitant les Ivoiriens à ne pas perdre de vue les questions liées à leur santé, leur sécurité, leur souveraineté et à l’avenir des générations futures.
Pour Charles Blé Goudé, l’orpaillage illégal ne constitue pas seulement une activité clandestine portant atteinte à l’environnement. Il menace également les ressources en eau, les terres agricoles, les forêts et les activités économiques des populations.
Il s’est notamment interrogé sur l’avenir des terres agricoles dans un pays présenté comme le premier producteur mondial de cacao. « Où cultiverons-nous demain si les terres sont progressivement détruites par l’orpaillage illégal ? », s’est-il demandé.
Le président du COJEP a salué le travail des forces de l’ordre engagées dans le démantèlement des sites clandestins. Il estime toutefois que les opérations de déguerpissement ne suffisent pas et qu’il faut s’attaquer aux réseaux qui organisent et financent ces activités.
« Qui finance ? Qui fournit les engins ? Qui achète l’or ? »
Charles Blé Goudé souhaite ainsi que les investigations remontent jusqu’aux différents acteurs de la chaîne de l’orpaillage illégal.
Qui recrute les travailleurs ? Qui finance les opérations ? Qui fournit les engins lourds et le mercure ? Qui commercialise l’or extrait des sites clandestins ? Autant de questions qui, selon lui, doivent faire l’objet d’enquêtes approfondies.
Il a également dénoncé l’existence présumée de complicités permettant à certains exploitants d’être informés à l’avance des opérations des forces de sécurité.
Pour lui, la lutte doit donc dépasser la simple fermeture des sites. Elle doit permettre d’identifier les commanditaires, les financeurs et les différents intermédiaires afin de démanteler l’ensemble du système.
Dans son intervention, Charles Blé Goudé a également établi un lien entre la dégradation de l’environnement et la dépendance de la Côte d’Ivoire vis-à-vis des importations.
Il a notamment évoqué la pêche, estimant que le pays couvre seulement une faible partie de ses besoins en ressources halieutiques malgré l’importance de son réseau hydrographique et de son ouverture sur l’océan.
Il a cité la lagune Ébrié ainsi que plusieurs cours d’eau, notamment les fleuves Cavally, Agnéby, Bandama, Sassandra et Comoé, pour illustrer le potentiel naturel du pays.
Le même constat, selon lui, concerne d’autres produits de consommation. Il a évoqué la dépendance de la Côte d’Ivoire aux importations de viande de porc ainsi que les difficultés rencontrées dans la production rizicole.
À ses yeux, la destruction progressive des espaces agricoles constitue donc une menace directe pour l’autosuffisance alimentaire du pays.
Au-delà de l’orpaillage illégal, Charles Blé Goudé a consacré une partie importante de son intervention à la question de l’unité nationale.
Il a appelé les Ivoiriens à tourner le dos aux discours de victimisation et aux clivages religieux, ethniques ou régionaux. Il estime que les références répétées aux appartenances géographiques ou communautaires ne doivent plus servir de ressort aux débats politiques.
« Nous avons une seule mère qui a besoin de tous ses enfants : la Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé.
Pour le président du COJEP, tout responsable aspirant à diriger le pays doit prendre en compte sa diversité. La Côte d’Ivoire, rappelle-t-il, rassemble plus de soixante ethnies qui vivent ensemble, se fréquentent et partagent des préoccupations communes.
Il s’est appuyé sur l’exemple du football pour illustrer cette communauté de destin. Lorsque les Éléphants ont connu des moments difficiles ou remporté des victoires, a-t-il expliqué, c’est l’ensemble de la nation qui s’est mobilisé, au-delà des appartenances communautaires.
Dans cette logique, Charles Blé Goudé appelle à faire de l’unité nationale un enjeu central de la construction du pays.
« Nous sommes la Côte d’Ivoire », a-t-il insisté, estimant que les crises traversées par le pays doivent désormais servir de leçons pour éviter de reproduire les divisions du passé.
Il a cité le Rwanda, l’Afrique du Sud et les États-Unis comme exemples de pays ayant connu de graves crises et ayant, selon lui, su tirer des enseignements de leur histoire pour se projeter vers l’avenir.
La Côte d’Ivoire, estime-t-il, doit également « tourner cette page » et privilégier les questions liées au développement, à la cohésion sociale et à l’avenir des générations futures.
Au terme de son intervention, Charles Blé Goudé a invité les Ivoiriens à recentrer le débat sur leurs préoccupations quotidiennes : le coût de la vie, l’accès au logement, la santé, l’éducation, l’alimentation, le foncier et l’emploi.
Il a également appelé à maintenir l’attention sur les questions institutionnelles et électorales, notamment la mise en place d’un organe électoral répondant aux exigences de crédibilité et de confiance.
Pour le président du COJEP, l’enjeu dépasse les querelles politiques du moment. Il s’agit, selon lui, de préserver les ressources naturelles, de renforcer la sécurité alimentaire, de protéger les populations et de consolider l’unité nationale.
Son message tient ainsi en une formule : ne pas se laisser distraire par le « buzz », mais se concentrer sur les défis structurels qui engagent l’avenir de la Côte d’Ivoire.
« Ensemble, unis et conscients de nos responsabilités, nous pouvons relever ce défi et bâtir une Côte d’Ivoire plus forte, plus solidaire et plus prospère », a-t-il conclu.
Wassimagnon
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