Côte d'Ivoire : Face à la désinformation, le ministère de la Santé muscle sa communication audiovisuelle
Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHPCMU) veut renforcer son dispositif d’information sanitaire. Il a inauguré, jeudi 10 septembre 2026, son premier studio de production audiovisuelle à l’Institut national de santé publique (INSP), à Adjamé, et lancé officiellement Santé TV Côte d’Ivoire, sa télévision en ligne. Un nouvel outil destiné à mieux informer, sensibiliser et prévenir les populations dans un contexte marqué par la circulation croissante de fausses informations sur la santé.
Le ministère de la Santé veut désormais occuper davantage le terrain de l’information sanitaire. Son premier studio de production audiovisuelle, installé à l’Institut national de santé publique (INSP) à Adjamé, a officiellement été inauguré ce jeudi, en présence de plusieurs acteurs du secteur de la santé et de la communication.
La cérémonie, présidée par le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, représenté par la directrice de Cabinet adjointe, Dr Coulibaly Soltié, a également été marquée par le lancement des activités de Santé TV Côte d’Ivoire, la plateforme audiovisuelle du ministère.
À travers cette initiative, le département veut renforcer sa capacité à produire et diffuser directement des contenus sanitaires fiables, accessibles et adaptés aux nouveaux usages numériques.
Pour le ministère, l’enjeu dépasse la simple modernisation de sa communication. Il s’agit aussi de répondre à la multiplication des informations erronées ou trompeuses qui circulent sur les réseaux sociaux et peuvent influencer les comportements des populations.
« L’information sanitaire n’est pas une simple formalité administrative. Elle est importante, vitale et stratégique pour la population », a déclaré Dr Coulibaly Soltié, au nom du ministre Pierre Dimba.
La nouvelle chaîne aura ainsi pour principales missions d’éduquer, de sensibiliser et de prévenir. Elle produira notamment des émissions, des interviews, des débats, des capsules de prévention et des messages d’information destinés au grand public.
L’objectif est de permettre aux citoyens de disposer de contenus produits à partir de sources institutionnelles et de renforcer, par l’image et la pédagogie, la compréhension des questions de santé.
Nutrition, vaccination, hygiène, prévention des maladies, santé maternelle et infantile ou encore bonnes pratiques sanitaires : plusieurs thématiques seront abordées à travers les programmes de la nouvelle télévision en ligne.
Pour Paul Allé Kouadio, directeur de la Communication et des Relations publiques du ministère, cette initiative ne vise pas à se substituer aux médias traditionnels, mais à renforcer l’offre d’information disponible.
« Nous ne coupons pas les cordons avec les médias. Nous complétons l’offre », a-t-il expliqué, appelant à développer davantage de pédagogie autour des questions sanitaires.
La prévention occupe une place centrale dans cette stratégie. « Investir dans la prévention par l’image, c’est désengorger nos hôpitaux à terme », a estimé le responsable de la communication.
Déjà disponible sur YouTube, Santé TV Côte d’Ivoire devrait progressivement étendre sa présence à d’autres plateformes numériques, notamment Facebook et TikTok, afin de toucher un public plus large, particulièrement les jeunes.
Le nouveau studio constitue l’un des maillons d’un dispositif de communication plus vaste. Le ministère s’appuie également sur un important réseau de professionnels chargés de relayer l’information sanitaire dans les différentes régions du pays.
Selon Paul Allé Kouadio, quelque 286 communicateurs sont déployés dans les régions sanitaires, les districts et les établissements hospitaliers, auxquels s’ajoutent 57 services de communication à Abidjan.
Cette organisation doit permettre de rapprocher davantage les messages de prévention des réalités vécues par les populations et de mieux faire remonter les préoccupations du terrain.
La cérémonie a également permis de mettre en lumière le fonctionnement du centre d’appels du ministère, accessible au 143. Mis en place depuis la période de la pandémie de Covid-19, ce service fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Il compte aujourd’hui 43 téléconseillers et constitue un autre canal d’accès à l’information sanitaire pour les populations. En août 2026, le centre a enregistré 3 768 appels, portant notamment sur des questions liées au tabac, à la santé mentale et à la Couverture maladie universelle (CMU). Le dispositif comprend également neuf psychologues mobilisés pour l’assistance psychologique.
Le ministère ne compte pas s’arrêter à la mise en service du studio. Il envisage déjà de renforcer ses équipements avec l’acquisition de caméras supplémentaires, de kits mobiles de reportage et d’écrans connectés destinés notamment aux centres de santé.
Pour la directrice générale du Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), Awa Dosso, cette infrastructure constitue un nouvel instrument au service de l’information du public. Elle a salué le travail réalisé par la Direction de la Communication ainsi que l’accompagnement des partenaires techniques et financiers.
Avec le Centre de production audiovisuelle Pierre Hoondeba, le ministère dispose désormais d’un outil pour produire rapidement ses propres contenus et répondre plus efficacement aux besoins d’information des citoyens.
Au-delà de l’aspect technologique, le défi sera désormais de faire de Santé TV un véritable canal de référence, capable de proposer une information régulière, compréhensible et crédible. Dans un environnement où les fausses informations sanitaires peuvent rapidement se propager, le ministère entend ainsi reprendre l’initiative : mieux informer pour mieux prévenir et, à terme, contribuer à améliorer la santé des populations.
Wassimagnon
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