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Côte d'Ivoire : Garde à vue de Katinan Koné, le PPA-CI dénonce un « traquenard judiciaire » et une tentative d'étouffer l'opposition
 

Côte d'Ivoire : Garde à vue de Katinan Koné, le PPA-CI dénonce un « traquenard judiciaire » et une tentative d'étouffer l'opposition

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 10 septembre 2026 - 18:37

Hubert Oulaï, Assoa Adou et Emmanuel Monnet devant la presse ce jeudi à Cocody (Ph Koaci)



Réuni ce jeudi 10 septembre 2026 à son siège de Cocody, le PPA-CI a organisé une conférence de presse pour revenir sur la garde à vue de son quatrième vice-président, Justin Katinan Koné, et sur ce qu’il considère comme une offensive concertée du pouvoir RHDP contre la liberté d’expression de l’opposition. Devant les journalistes, Emmanuel Monnet, président exécutif du parti, a présenté la chronologie des événements et livré l’analyse d’une formation politique qui dénonce une justice instrumentalisée à des fins partisanes.


Tout commence le jeudi 3 septembre 2026. Ce jour-là, dans le cadre de La Tribune du PPA-CI, Justin Katinan Koné prend la parole au nom de son parti pour dénoncer le scandale de l’orpaillage clandestin qui secoue la Côte d’Ivoire. L’ancien ministre y voit la responsabilité, voire la complicité, du pouvoir RHDP, qu’il accuse également d’avoir orchestré la rébellion armée de 2002. Quatre jours plus tard, le lundi 7 septembre, le RHDP réplique par la voix de son secrétaire exécutif, Ibrahim Cissé Bacongo, qui saisit le procureur de la République d’une plainte pour diffamation visant Justin Katinan Koné et Laurent Gbagbo, référent politique et président du PPA-CI.


Le mercredi 9 septembre, Justin Katinan Koné est convoqué à la préfecture de police. La direction du parti l’accompagne. Sur place, les policiers lui notifient les motifs de la plainte : diffamation, injures et diffusion de fausses nouvelles. Les avocats du PPA-CI soulèvent aussitôt un préalable juridique : en tant qu’ancien ministre, leur client est protégé par la loi de 2005, qui exige la saisine préalable de la Cour de cassation avant qu’un ancien membre du gouvernement puisse être entendu dans une procédure judiciaire. C’est alors que les enquêteurs, sur instruction du procureur, brandissent une seconde accusation : trouble à l’ordre public, lié à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Une infraction supposée commise près d’un an plus tôt, et qui sert de fondement à son maintien en garde à vue durant la nuit du 9 au 10 septembre. Selon les avocats du parti, l’audition devait reprendre dans l’après-midi.


 

Pour le PPA-CI, cette affaire marque un tournant inquiétant. Le parti estime qu’il s’agit de la première fois, dans l’histoire de la démocratie ivoirienne, qu’une formation au pouvoir engage des poursuites judiciaires contre un parti d’opposition pour avoir simplement exercé son droit constitutionnel de dénoncer un scandale de gouvernance. Cette démarche, selon lui, vise à criminaliser la parole politique de l’opposition et traduit la volonté du RHDP d’instrumentaliser la justice lorsqu’il se trouve en difficulté face aux critiques. Le PPA-CI y voit une tentative de réduire au silence ses cadres, et en particulier Justin Katinan Koné, dont les prises de position déstabilisent le pouvoir.


Le parti dénonce un harcèlement judiciaire systématique, rappelant que plus de mille de ses militants et cadres seraient détenus sans jugement depuis plusieurs années. Il pointe également ce qu’il qualifie de « traquenard » : profitant d’une plainte civile du RHDP, le gouvernement aurait introduit une plainte politique contre Justin Katinan Koné pour trouble à l’ordre public, alors même que le porte-parole du gouvernement affirmait, à l’issue du conseil des ministres du 9 septembre 2026, que cette affaire relevait exclusivement du parti RHDP et non de l’État.


Face à ce qu’il perçoit comme une tentative de retour au système du parti unique, le PPA-CI se veut ferme. Il rappelle que Laurent Gbagbo et ses compagnons ont lutté au péril de leur vie pour mettre fin à ce système et faire advenir le multipartisme en Côte d’Ivoire, un combat dont la naissance du RDR est elle-même un fruit. Le parti exige donc l’arrêt immédiat, total et sans conditions des procédures politiques engagées contre Justin Katinan Koné, affirmant que dire la vérité des faits et défendre le patrimoine national ne constituent pas un délit, mais un droit constitutionnel et un devoir citoyen.


Le PPA-CI a exprimé sa solidarité indéfectible à son quatrième vice-président, ainsi qu’à tous les militants emprisonnés pour leurs opinions. Il prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur les menaces que les pratiques du régime RHDP font peser, selon lui, sur la paix sociale et la cohésion nationale.


Le parti dit qu'il se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire barrage à cette dérive et de saisir les organisations nationales et internationales de défense des droits fondamentaux. Enfin, il a appelé ses structures, ses militants, ses sympathisants et tous les démocrates ivoiriens à rester vigilants et mobilisés face à ce qu’il considère comme une dérive totalitaire.


 


Jean Chresus


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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