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Côte d'Ivoire : Foncier à Anyama 4 Croix, une opération à 1,79 milliard FCFA vire à l'escroquerie, des soupçons de faux et une plainte au Pôle pénal économique et financier
 

Côte d'Ivoire : Foncier à Anyama 4 Croix, une opération à 1,79 milliard FCFA vire à l'escroquerie, des soupçons de faux et une plainte au Pôle pénal économique et financier

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 10 septembre 2026 - 19:44



Une opération foncière à Anyama 4 Croix tourne au contentieux judiciaire. L’entreprise ESTP, dirigée par Mory Soumahoro, affirme avoir investi 1,79 milliard de FCFA dans la mise en valeur d’un vaste domaine foncier avant de découvrir, selon ses responsables, des irrégularités dans les droits revendiqués sur les parcelles. Une plainte pour des faits présumés de faux, usage de faux et escroquerie a été déposée auprès du parquet près le Pôle pénal et financier.'


Une affaire foncière fait l’objet d’un différend entre opérateurs économiques et acteurs du domaine coutumier à Anyama 4 Croix. Face à la presse, jeudi 10 septembre 2026, Mme Ouattara Ahoua, partenaire financière de l’entreprise ESTP, a dénoncé ce qu’elle présente comme une opération présumée d’escroquerie ayant occasionné, selon elle, un investissement de 1,79 milliard de FCFA.


Au cœur du dossier se trouve un projet de mise en valeur d’un domaine de 72 hectares, pour lequel Mory Soumahoro aurait été sollicité par une famille du village d’Anyama 4 Croix. Avec le concours financier de l’entreprise ESTP, plusieurs travaux auraient été engagés, notamment le décapage du site, le lotissement, la pose de bornes ainsi que différentes démarches administratives en vue de l’obtention de l’Arrêté de concession définitive (ACD).


Selon les explications fournies lors de la conférence de presse, les promoteurs du projet auraient également entrepris de réunir les documents coutumiers et les procès-verbaux familiaux nécessaires à la sécurisation de l’opération.


Alors que le projet avançait, les travaux ont toutefois été interrompus après l’intervention d’un commissaire de justice mandaté par M. Touré Ahmed Bouah. Ce dernier se serait présenté comme le propriétaire légitime des terrains concernés.


Cette intervention aurait conduit les partenaires à approfondir leurs recherches sur l’origine et la nature des droits fonciers revendiqués.


D’après Mme Ouattara Ahoua, ces recherches les auraient amenés à découvrir que M. Touré Ahmed Bouah aurait acquis, une vingtaine d’années auparavant, auprès des mêmes propriétaires coutumiers, un ensemble foncier de 346 hectares.


Toujours selon cette version des faits, l’opération n’aurait pas été intégralement réglée. Une somme de 5 milliards de FCFA resterait ainsi due aux propriétaires coutumiers, a affirmé la partenaire financière, citant les éléments dont elle dit disposer.


Après l’interruption du chantier, M. Touré Ahmed Bouah se serait rapproché de Mory Soumahoro afin de proposer un partenariat présenté comme « gagnant-gagnant ».

L’accord envisagé aurait consisté, selon Mme Ouattara Ahoua, à permettre aux partenaires de financer sur leurs fonds propres la mise en valeur des 346 hectares, avant la commercialisation des parcelles et le partage des bénéfices issus de l’opération.


 

Pensant avoir affaire à une opportunité foncière viable, l’entreprise ESTP aurait alors mobilisé d’importantes ressources financières. Le montant total de l’investissement est évalué à 1,79 milliard de FCFA, selon les responsables de la société.


Les partenaires ont par la suite, mandaté un notaire pour effectuer des recherches complémentaires sur la situation juridique et foncière des terrains.


Selon Mme Ouattara Ahoua, les vérifications réalisées auraient fait apparaître que M. Touré Ahmed Bouah ne disposerait plus de droits sur certaines des parcelles concernées.


Elle affirme également qu’une partie du domaine initial de 346 hectares aurait, au cours de la période durant laquelle M. Touré Ahmed Bouah était absent du pays pendant près de vingt ans, été cédée à deux structures, notamment la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et la Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE).


Ces éléments sont présentés par les responsables de l’ESTP comme des indices justifiant leurs interrogations sur la régularité de l’opération et sur les documents utilisés dans le cadre du partenariat.


Face à ces révélations présumées, Mory Soumahoro a décidé de saisir la justice. Selon Mme Ouattara Ahoua, une plainte a été déposée le 17 août 2026 auprès du parquet près le Pôle pénal et financier contre M. Touré Ahmed Bouah.


La plainte porte, selon elle, sur des faits présumés de faux et usage de faux, suivis d’escroquerie, pour un préjudice évalué à 1,79 milliard de FCFA correspondant aux sommes investies par l’entreprise ESTP dans le cadre de cette opération.


Les responsables de l’entreprise disent désormais s’en remettre à la justice afin que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles les investissements ont été réalisés et sur les droits effectivement détenus sur les parcelles concernées.


Lors de la conférence de presse, Mme Ouattara Ahoua a assuré que la démarche engagée ne visait pas à organiser un « procès médiatique », mais à protéger les intérêts de l’entreprise et à préserver les investissements réalisés.


Elle a également appelé le ministère en charge de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie ainsi que le gouvernement à renforcer les mécanismes de sécurisation des opérations foncières et immobilières.

Pour elle, la multiplication des initiatives privées dans le secteur du logement rend nécessaire un environnement foncier plus sécurisé pour les investisseurs et les citoyens.


Elle estime que les éventuelles pratiques frauduleuses sont susceptibles de fragiliser les opérateurs économiques qui investissent dans le développement de l’offre immobilière et de porter atteinte à la confiance dans le secteur.


 

En attendant les suites judiciaires de la plainte, les responsables de l’ESTP affirment vouloir poursuivre les démarches nécessaires à la défense de leurs intérêts.


Mme Ouattara Ahoua a réaffirmé sa confiance dans les autorités judiciaires et appelé les institutions compétentes à prendre les mesures nécessaires pour renforcer la protection des investisseurs et des propriétaires dans le secteur foncier.


L’affaire reste désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la réalité des faits dénoncés, la validité des documents en cause et, le cas échéant, les responsabilités dans cette opération foncière à Anyama.




Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
 

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