Côte d'Ivoire : Agents des ministères sans primes, le collectif syndical appelle le gouvernement à sortir du silence
La question des primes accordées aux agents de certains ministères revient au centre des préoccupations syndicales en Côte d’Ivoire. Réunis autour du Collectif des syndicats des ministères sans prime (Cosymis-Primes), les représentants des travailleurs demandent au gouvernement de communiquer sur l’état d’avancement du dossier et de poursuivre les discussions afin d’éviter une montée de la tension sociale.
Porte-parole du collectif et secrétaire général du Syndicat national des agents de la culture (Syna-Culture), Nohonain Ange Martial a fait le point sur la situation lors d’une conférence de presse tenue mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan-Cocody. Il a notamment rappelé que la revendication n’est pas nouvelle et qu’elle remonte à la création de son organisation syndicale en 2018.
À cette époque, l’une des principales demandes des agents du ministère de la Culture portait sur la mise en place d’une prime d’incitation interne. Après plusieurs années de démarches, le dossier a progressivement dépassé le seul cadre du ministère pour devenir une question commune à plusieurs administrations dépourvues de primes.
Selon le porte-parole du collectif, le dossier a ensuite été pris en compte dans le cadre des discussions liées à la Fonction publique. Après l’adoption, en 2023, de la nouvelle loi portant statut général de la Fonction publique, les questions à caractère transversal comportant des incidences financières devaient notamment être examinées au sein du Conseil consultatif de la Fonction publique.
Des représentants des ministères concernés se sont par la suite réunis et ont décidé de confier le dossier à un cabinet spécialisé afin d’évaluer la situation et de formuler des recommandations. Cette étude aurait été réalisée au cours de l’année 2025, avec des résultats attendus à la fin de cette même année.
C’est précisément sur ce point que les organisations syndicales disent aujourd’hui attendre des réponses. Pour Nohonain Ange Martial, l’absence d’informations sur les suites données à cette étude alimente l’impatience sur le terrain.
Il affirme que les bases syndicales sont désormais particulièrement mécontentes et que plusieurs militants demandent aux responsables syndicaux d’engager des actions. « Si on y prend garde, la situation peut devenir explosive », a-t-il prévenu, tout en soulignant que les organisations syndicales privilégient encore le dialogue.
Les revendications portent notamment sur l’instauration de primes prenant en compte les grades et les responsabilités des agents. Chaque secteur aurait formulé des propositions, lesquelles auraient été transmises aux autorités compétentes. Pour les agents du ministère de la Culture, le syndicat souhaite notamment que les montants envisagés puissent être rapprochés de ceux dont bénéficient les agents de la Fonction publique.
Face à cette attente, le collectif demande au gouvernement de communiquer clairement sur l’évolution du dossier. Pour son porte-parole, les responsables syndicaux ont une obligation d’information envers leurs adhérents. Ils doivent pouvoir leur rendre compte des démarches engagées et des réponses obtenues auprès des autorités.
Nohonain Ange Martial estime ainsi qu’il serait préférable d’apporter des éléments de réponse avant que la pression exercée par les bases ne conduise à des mouvements sociaux plus importants. Il rappelle que les organisations syndicales restent attachées à la trêve sociale et au principe d’un dialogue permanent avec le gouvernement.
Pour l’heure, le collectif dit donc privilégier la négociation. Mais l’impatience grandit parmi les agents concernés, qui attendent désormais des éclaircissements sur les conclusions de l’étude réalisée en 2025 et sur les éventuelles mesures que les autorités pourraient envisager concernant leurs revendications.
Jean Chresus
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