Côte d'Ivoire : Emploi et transformation économique, Adama Coulibaly trace les nouvelles priorités du partenariat avec la Banque mondiale
Adama Coulibaly et l'ensemble des personnalités ce lundi à Abidjan
À l’ouverture, lundi 21 septembre 2026, de la première édition des Journées portes ouvertes du portefeuille du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a mis en avant les résultats de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale. Santé, protection sociale, emploi des jeunes, énergie et développement économique : le ministre a dressé le bilan de plusieurs interventions, tout en appelant à inscrire ce partenariat dans les priorités du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
« Une coopération ne se résume pas à une addition de financements : elle constitue une architecture. » C’est autour de cette idée qu’Adama Coulibaly a articulé son intervention lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la première édition des Journées portes ouvertes du portefeuille du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire.
Pendant deux jours, les projets et programmes financés ou cofinancés par le Groupe de la Banque mondiale sont présentés aux populations bénéficiaires, aux jeunes, aux entrepreneurs, au secteur privé, aux universitaires et à la société civile. Pour le ministre des Finances et du Budget, cette initiative constitue une occasion de donner davantage de visibilité aux résultats de la coopération et de rapprocher les interventions de leurs bénéficiaires.
Placée sous le thème « Emplois et Opportunités — Bâtir Ensemble pour une Croissance Inclusive », la rencontre intervient dans un contexte où la création d’emplois et l’amélioration des revenus figurent parmi les priorités affichées par le gouvernement.
Dans son discours, Adama Coulibaly a rappelé que la coopération avec le Groupe de la Banque mondiale couvre plusieurs domaines et mobilise les différents instruments de ses composantes.
La Banque mondiale intervient notamment dans le financement des projets et programmes de développement ainsi que dans l’accompagnement des réformes à travers les opérations d’appui budgétaire. La Société financière internationale (IFC) intervient davantage dans le financement et la mobilisation de ressources en faveur du secteur privé, tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) contribue à la couverture des risques non commerciaux liés aux investissements.
Pour le ministre, la complémentarité de ces interventions permet d’inscrire le partenariat dans une logique plus large, au service des priorités nationales.
Dans le domaine de la santé et de la protection sociale, il a notamment souligné l’appui apporté à la mise en œuvre de la Couverture maladie universelle (CMU), avec plus de 25 millions de personnes enrôlées, ainsi que la contribution de la Banque mondiale à la riposte contre la pandémie de Covid-19.
Le Programme multisectoriel d’appui au système national des filets sociaux constitue également, selon le ministre, un autre exemple de cette coopération. Il a indiqué que 527 000 ménages ont bénéficié du programme, dont 200 000 ménages actifs percevant des transferts monétaires productifs. Le volume cumulé des transferts directs et des subventions de sortie est estimé à 218,1 milliards de francs CFA.
L’emploi et le développement des compétences ont également occupé une place importante dans l’intervention du ministre.
Adama Coulibaly a cité les résultats de la troisième phase du Projet emploi jeunes et développement des compétences. Alors que le projet visait une progression de 20 % du revenu mensuel moyen de ses bénéficiaires, la progression constatée à ce jour dépasse, selon les données présentées, 55 %.
Le dispositif a également été renforcé au niveau territorial. Les 24 conseils régionaux disposent désormais d’unités d’emploi des jeunes opérationnelles, dans une logique de proximité destinée à mieux répondre aux besoins des populations.
« Une croissance n’est pleinement durable que lorsqu’elle crée de l’emploi », a souligné le ministre, établissant ainsi un lien direct entre les performances économiques, la création d’activités et l’amélioration des revenus des ménages.
Le secteur de l’énergie figure également parmi les domaines dans lesquels Adama Coulibaly a relevé des résultats.
Le Projet d’accès aux services d’énergie et de digital dans le Grand Nord, présenté sous l’appellation NEDA, a permis, selon les chiffres communiqués par le ministre, le raccordement au réseau de plus de 350 000 ménages, soit l’intégralité de l’objectif fixé.
Cette opération aurait ainsi permis de donner accès à l’électricité à plus de 1,8 million de personnes. À fin août 2026, plus de 3 100 kilomètres de lignes électriques de distribution résilientes avaient par ailleurs été réalisés ou réhabilités.
Pour le ministre, ces résultats illustrent la nécessité de mesurer la coopération à l’aune de ses effets concrets sur les populations.
Au-delà du bilan des programmes en cours, Adama Coulibaly a inscrit la coopération avec la Banque mondiale dans la perspective du Plan national de développement 2026-2030.
Le ministre a rappelé que le PND 2021-2025 avait permis, selon les données présentées, de consolider plusieurs acquis. Son taux d’exécution aurait atteint 94,1 %, pour plus de 55 466 milliards de francs CFA d’investissements réalisés.
Il a également indiqué que la croissance économique s’était établie à une moyenne de 6,5 % sur la période 2021-2026, tandis que le PIB par habitant serait passé de 2 335 dollars en 2021 à 3 148,2 dollars en 2025. Le déficit budgétaire a, selon lui, été ramené à 3 % du PIB, tandis que les investissements directs étrangers ont progressé.
Le nouveau PND 2026-2030 doit désormais prolonger cette dynamique en mettant l’accent sur la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain et la création d’emplois.
Le ministre a rappelé que le coût global du PND 2026-2030 s’élève à 114 838,5 milliards de francs CFA, soit environ 209 milliards de dollars, avec une contribution attendue du secteur privé de 70,2 %.
Cette configuration traduit, selon Adama Coulibaly, la nécessité d’une mobilisation importante de l’investissement privé en complément des efforts de l’État et de l’appui des partenaires au développement.
Le ministre a ainsi présenté le secteur privé comme un acteur essentiel de la réalisation des ambitions du nouveau plan de développement, notamment en matière d’investissement, de création d’emplois et de transformation de l’économie.
« Une responsabilité commune » entre la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale
Dans son intervention, Adama Coulibaly a également insisté sur la notion de co-construction. Il a estimé que la réussite des programmes dépendait de la capacité des différentes parties prenantes à faire converger leurs interventions avec les priorités nationales et les besoins des populations.
Le prochain Cadre de partenariat-pays du Groupe de la Banque mondiale devrait constituer, à cet égard, le principal instrument de continuité de cette coopération.
« Notre responsabilité commune » consiste, selon le ministre, à poursuivre cette convergence entre les interventions du Groupe de la Banque mondiale et les orientations du PND 2026-2030.
Adama Coulibaly n’a pas manqué de saluer le travail des équipes chargées de la mise en œuvre des projets. Il a rendu hommage aux coordonnateurs des unités de gestion et à leurs collaborateurs, dont il a souligné le rôle dans l’exécution des accords de financement et l’obtention des résultats.
Ses remerciements se sont également adressés aux ministères sectoriels, aux structures de la chaîne de la dépense ainsi qu’aux équipes du Groupe de la Banque mondiale, pour la qualité du dialogue technique avec les administrations ivoiriennes.
S’adressant enfin aux bénéficiaires, le ministre les a invités à prendre soin des infrastructures et des équipements réalisés dans le cadre des différents projets.
Au terme de son intervention, Adama Coulibaly a rappelé que derrière les financements, les garanties et les réformes se trouvent des femmes et des hommes, des familles, des jeunes, des entreprises, des villages et des quartiers.
C’est, a-t-il relevé en substance, à l’amélioration de leurs conditions de vie que se mesure en définitive la portée de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale.
Il a ensuite déclaré officiellement ouvertes les premières Journées portes ouvertes du portefeuille du Groupe de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
