Côte d'Ivoire : Transition énergétique, BIOVEA, un investissement de 150 milliards FCFA pour éclairer 1,7 million de personnes
La Côte d'Ivoire renforce son dispositif énergétique avec la mise en service officielle de BIOVEA, la plus grande centrale électrique à biomasse d'Afrique de l'Ouest fonctionnant exclusivement à partir de résidus agricoles. Inaugurée le jeudi 5 novembre 2026 à Ayébo, dans le département d'Aboisso, par Nialé Kaba, ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, représentant le Premier ministre, cette infrastructure de 46 MW mobilise un investissement de plus de 150 milliards de FCFA. Elle devrait alimenter près de 1,7 million de personnes, créer plus de 1 000 emplois et offrir de nouvelles perspectives de revenus à des milliers de planteurs.
La Côte d'Ivoire franchit un nouveau cap dans la diversification de son mix énergétique. Le jeudi 5 novembre 2026, Ayébo, dans la région du Sud-Comoé, a accueilli l'inauguration officielle de la centrale électrique à biomasse BIOVEA. Une infrastructure industrielle majeure qui matérialise l'ambition du gouvernement de valoriser les ressources agricoles nationales pour produire une énergie renouvelable, tout en renforçant la sécurité de l'approvisionnement électrique du pays.
La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs personnalités institutionnelles, économiques et coutumières. Elle a été présidée par Nialé Kaba, ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, représentant le Premier ministre, chef du gouvernement, Robert Beugré Mambé. À ses côtés, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a souligné l'importance stratégique de cette réalisation pour l'avenir du secteur énergétique ivoirien.
Prenant la parole au nom du gouvernement, Nialé Kaba a présenté BIOVEA comme une illustration concrète de la politique de diversification des sources de production d'électricité engagée sous le leadership du président de la République, Alassane Ouattara.
Elle a rappelé les progrès réalisés par la Côte d'Ivoire dans le domaine de l'électrification, avec un taux d'accès à l'électricité passé de 33,1 % en 2011 à plus de 99 % aujourd'hui. Après les investissements dans l'hydroélectricité, le thermique et le solaire, la mise en service de BIOVEA ouvre une nouvelle étape avec l'exploitation industrielle de la biomasse.
« Avec sa puissance installée, cette centrale permettra de couvrir les besoins en électricité de près de 1,7 million de personnes », a indiqué la ministre d'État, insistant sur la dimension nationale de cette réalisation. Pour elle, BIOVEA démontre qu'il est possible de transformer les ressources agricoles ivoiriennes en une richesse énergétique au service des populations.
Au-delà de sa contribution à la production électrique, la centrale participe également aux engagements climatiques du pays dans le cadre de l'Accord de Paris. La Côte d'Ivoire ambitionne notamment de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % et de porter la part des énergies renouvelables à 46,3 % dans son mix électrique à l'horizon 2035.
Dans son intervention, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a insisté sur les performances techniques de cette infrastructure, dont la réalisation avait été officiellement lancée en juillet 2023 avec la pose de la première pierre.
Dotée d'une capacité installée de 46 MW, BIOVEA est présentée comme la plus importante centrale d'Afrique de l'Ouest fonctionnant exclusivement à partir de résidus agricoles. Elle devrait injecter annuellement près de 336 GWh d'électricité dans le réseau national.
Pour le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, cette réalisation traduit le passage d'une ambition à une véritable réalité industrielle.
« Aujourd'hui, cette ambition devient une réalité industrielle », s'est-il réjoui, rappelant que la biomasse constitue une opportunité importante pour exploiter le potentiel agricole du pays et diversifier durablement ses ressources énergétiques.
La centrale valorisera près de 450 000 tonnes de résidus issus de l'exploitation du palmier à huile, notamment grâce aux approvisionnements de PALMCI et des producteurs locaux. Une démarche qui établit un lien direct entre les filières agricoles et le secteur de l'énergie, dans une logique d'économie circulaire.
L'un des principaux atouts de BIOVEA réside dans ses retombées économiques et sociales pour les populations locales. Selon les projections présentées par Nialé Kaba, plus de 12 000 planteurs devraient bénéficier de la valorisation des résidus issus de leurs exploitations agricoles, créant ainsi une source complémentaire de revenus.
Le projet prévoit également la génération de plus de 1 000 emplois directs et indirects pérennes, avec des perspectives pour les jeunes et les travailleurs de la région.
L'approche environnementale du projet ne se limite pas à la production d'électricité renouvelable. Les cendres issues du processus de combustion seront réutilisées comme fertilisants naturels au profit de l'agriculture. Sur toute sa durée d'exploitation, estimée à 25 ans, la centrale devrait permettre d'éviter l'émission de près de 4,5 millions de tonnes de CO₂.
« BIOVEA est bien plus qu'une centrale électrique ; c'est un patrimoine économique et industriel qui doit profiter durablement aux générations présentes et futures », a souligné Nialé Kaba.
La ministre d'État a, par ailleurs, appelé les responsables de BIOVEA Énergie à garantir un approvisionnement durable en biomasse, une rémunération juste et transparente des producteurs, le respect des normes environnementales et le développement continu des compétences locales.
La concrétisation de BIOVEA repose également sur un partenariat entre l'État de Côte d'Ivoire et des investisseurs privés internationaux et nationaux.
Le projet a mobilisé plus de 150 milliards de FCFA d'investissements portés par EDF, Meridiam et le groupe SIFCA, actionnaires de BIOVEA Énergie. Il a également bénéficié du concours de partenaires techniques et financiers, notamment Proparco et l'Emerging Africa Infrastructure Fund, avec l'accompagnement de la France.
Nialé Kaba a salué cette mobilisation financière et technique, qu'elle considère comme une nouvelle preuve de l'attractivité de la Côte d'Ivoire auprès des investisseurs.
Elle a également rendu hommage aux ingénieurs, techniciens, entreprises et ouvriers qui ont contribué à la réalisation de cette infrastructure, tout en saluant l'implication du ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie dans le suivi du projet.
De son côté, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a exprimé sa reconnaissance aux partenaires privés, aux autorités administratives et locales, notamment au président du Conseil régional du Sud-Comoé, Eugène Aka-Aouélé, ainsi qu'à Sa Majesté Nanan N'Douffou V, roi du Sanwi, pour leur accompagnement.
L'inauguration de BIOVEA intervient dans un contexte de croissance soutenue de la demande nationale en électricité, qui impose au gouvernement d'accélérer les investissements dans les capacités de production, mais également dans les infrastructures de transport et de distribution.
À ce titre, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a annoncé la réalisation prochaine de deux autres centrales à biomasse. La première, prévue à Divo, fonctionnera à partir de résidus de cacao, tandis que la seconde, à Boundiali, utilisera des tiges de coton comme matière première.
Ces futurs projets s'inscrivent dans la volonté gouvernementale de faire des ressources agricoles un levier supplémentaire de production énergétique et de renforcer la résilience du système électrique national.
Pour le ministre, BIOVEA constitue ainsi une étape importante d'un programme plus vaste de diversification du mix énergétique ivoirien.
Au-delà de ses performances énergétiques, BIOVEA ouvre de nouvelles perspectives pour le développement économique du Sud-Comoé et des territoires agricoles concernés. En créant un débouché industriel pour les résidus de production, le projet contribue à renforcer les liens entre agriculture, industrie et énergie.
À travers cette infrastructure, la Côte d'Ivoire entend démontrer que la transition énergétique peut également constituer un moteur de création de richesses, d'emplois et d'opportunités pour les populations rurales.
En déclarant officiellement mise en service la centrale au nom du Premier ministre, Nialé Kaba a ainsi donné le signal d'une nouvelle étape dans la valorisation industrielle des ressources nationales.
Avec BIOVEA et les projets annoncés à Divo et Boundiali, le pays confirme son ambition de construire un système électrique plus diversifié, plus durable et davantage ancré dans son potentiel agricole. Une orientation stratégique qui place désormais la biomasse parmi les leviers de la souveraineté énergétique et du développement industriel de la Côte d'Ivoire.
Wassimagnon
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