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Côte d'Ivoire : Touré Ahmed Bouah appelle à repenser la gouvernance des territoires et dénonce un «sabotage» du projet «Akwaba City»
 

Côte d'Ivoire : Touré Ahmed Bouah appelle à repenser la gouvernance des territoires et dénonce un «sabotage» du projet «Akwaba City»

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 05 novembre 2026 - 20:10

Touré Ahmed Bouah devant la presse (Ph Koaci)


À la librairie Carrefour Siloé, à Cocody, le promoteur immobilier Touré Ahmed Bouah est venu dédicacer ses ouvrages. Il a surtout plaidé, jeudi 5 novembre, pour que la gouvernance territoriale devienne une cause nationale, en s'appuyant sur ce qu'il vit depuis des années avec un projet de ville nouvelle.


Il décrit un chantier de 60 000 hectares, soit la superficie des treize quartiers d'Abidjan réunis. L'État l'a désigné pour le réaliser et lui a accordé une concession, selon ses mots. Il explique que l'État a organisé la mobilisation du foncier, l'a accompagné à la recherche de financements et a mis à contribution son propre cabinet conseil, qui a rédigé le plan d'aménagement de la ville. Depuis 2008, dit-il, 158 milliards de francs CFA ont été investis. Cent huit personnes y travaillent encore.


Mais le plan d'aménagement, lui, n'a toujours pas reçu l'aval de l'État. « On ne nous dit pas que c'est bon, on ne nous dit pas que c'est mauvais », résume-t-il, en évoquant sept années d'attente. Sans cette approbation, insiste-t-il, il ne peut pas lancer l'exploitation sans s'exposer à l'illégalité. Il parle de sabotage, sans désigner de responsable.


Le promoteur ne présente pourtant pas son cas comme une affaire privée. Aménager le territoire est, rappelle-t-il, une obligation de l'État, au même titre que la sécurité, l'éducation ou la santé, et il renvoie au code de l'urbanisme et du domaine foncier. Faute d'aménagement, avertit-il, les équipements perdent leur valeur : à quoi servent un grand marché de gros, une gare ou une zone industrielle si aucune route n'y mène et si les inondations paralysent tout ?


De cette expérience, il tire un message plus large. Un territoire n'est pas qu'une surface ou une limite administrative, c'est un espace de vie où chaque décision pèse sur les familles, les déplacements, l'accès aux services de base et l'activité économique. Des choix mal encadrés peuvent compromettre des investissements et nourrir des conflits.


 

Il réclame donc des procédures lisibles, une concertation réelle avec les communautés et des décisions traçables. Citoyens, investisseurs et collectivités devraient, selon lui, savoir ce qu'on attend d'eux et obtenir des réponses motivées dans des délais raisonnables. Les lenteurs ont un coût : projets abandonnés, emplois reportés, patrimoines fragilisés.


Sur le foncier, il appelle à concilier les droits des communautés, la sécurité des acquéreurs, les besoins des aménageurs et la planification publique, sans sacrifier les générations futures. Anticiper, concerter et fiabiliser les documents resteraient les meilleurs moyens de prévenir les litiges.


Ses ouvrages prolongent cette réflexion sur la qualité de la décision publique et sur la formation de ceux qui doivent la faire vivre.


Aussi, Touré Ahmed Bouah a affirmé que le projet de ville nouvelle qu'il portait a été victime d'un sabotage. Il a rappellé que l'État l'a lui-même désigné pour le réaliser, lui a accordé une concession (la n° 71, dit-il), a organisé la mobilisation du foncier, l'a accompagné dans sa recherche de financements et a mobilisé son cabinet conseil pour rédiger le plan d'aménagement. Malgré 158 milliards de francs CFA investis depuis 2008 et 108 personnes employées, ce plan, élaboré par le propre cabinet de l'État, n'a jamais été approuvé. Depuis sept ans, on ne lui dit « ni que c'est bon, ni que c'est mauvais », et il ne peut lancer l'exploitation sans risquer de se retrouver hors la loi.


 

« Quand tu fais l'autopsie, c'est un sabotage », lance-t-il, sans désigner de responsable, en demandant qui en paie le prix. Il refuse d'y voir une affaire privée : l'aménagement du territoire est, rappelle-t-il, une obligation de l'État, au même titre que la sécurité, l'éducation ou la santé. Sans aménagement structuré, avertit-il, un marché de gros, une gare ou une zone industrielle perdent toute leur valeur, faute de routes et face aux inondations.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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