Gabon : Ali Bongo sort du silence dans l'affaire des « biens mal acquis »
L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba a pris la parole samedi pour réagir à l’affaire des « biens mal acquis », après les dernières réquisitions de la justice française visant plusieurs membres de sa famille.
Dans une déclaration vidéo, l’ancien chef de l’État conteste notamment les termes employés récemment par l’État gabonais dans cette procédure, estimant qu’ils portent atteinte à la mémoire de son père, Omar Bongo Ondimba.
Fin juillet, le Parquet national financier français (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de 18 personnes et cinq sociétés dans le volet gabonais de l'affaire.
Parmi les personnes visées figurent neuf enfants d’Omar Bongo, ainsi qu’Antoinette Sassou Nguesso, épouse du président congolais Denis Sassou Nguesso. La justice française évalue à environ 85 millions d’euros le patrimoine immobilier concerné.
La prise de parole d’Ali Bongo a suscité une réaction de Marc Ona Essangui, cinquième vice-président du Sénat gabonais.
L’ancien acteur de la société civile estime que l’ancien président intervient alors que le dossier relève désormais de la justice française.
« Le dossier est entre les mains de la justice française », a déclaré Marc Ona, qui rappelle également que l’État gabonais s’était constitué partie civile dans cette procédure sous la présidence d’Ali Bongo.
La Cour d’appel de Paris avait reconnu cette qualité en mars 2023.
Pour Marc Ona, les débats autour de cette affaire doivent désormais rester sur le terrain judiciaire. Il estime que, dans cette procédure, « ce sont les faits, rien que les faits qui sont jugés ».
L’affaire des « biens mal acquis », ouverte en France depuis plus d’une décennie, connaît ainsi une nouvelle séquence politique et judiciaire, alors que les juges d’instruction doivent encore décider des éventuels renvois devant le tribunal.
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