Côte d'Ivoire : 20 ans d'architecture, Abidjan veut réinventer les villes africaines de demain
L’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire (OACI) a officiellement lancé, jeudi 22 octobre 2026, la 11ᵉ édition du Salon de l’architecture et du bâtiment (ARCHIBAT). Prévu du 14 au 18 octobre 2027 au Parc des Expositions d’Abidjan, cet événement célébrera les 20 ans du salon autour du thème « Villes vivables, villes innovantes, architecture de demain ». Au programme : innovations architecturales, rencontres professionnelles et réflexions sur la construction de villes africaines plus durables, inclusives et adaptées aux besoins des populations.
L’architecture et l’urbanisme seront de nouveau au cœur des échanges à Abidjan. Le jeudi 22 octobre 2026, à l’hôtel Novotel de Marcory, l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire a donné le coup d’envoi de la 11ᵉ édition d’ARCHIBAT, dont la tenue est prévue du 14 au 18 octobre 2027 au Parc des Expositions d’Abidjan.
Cette édition revêt un caractère particulier puisqu’elle marque les vingt ans d’existence de ce salon consacré à l’architecture, au bâtiment et aux innovations dans le secteur de la construction. Au fil des années, ARCHIBAT s’est imposé comme un cadre de rencontres entre architectes, entreprises, institutions, promoteurs immobiliers et autres acteurs du cadre bâti.
Pour Ismaël Boga N’Guessan, commissaire général du salon, cet anniversaire représente une occasion de consolider les acquis et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la profession.
« ARCHIBAT 2027 ne sera pas seulement une vitrine d’idées, mais une expérience concrète, vivante et immersive », a-t-il annoncé.
Durant cinq jours, les visiteurs pourront découvrir des expositions, assister à des démonstrations, participer à des conférences et prendre part à des ateliers techniques et à des rencontres professionnelles. La présence d’exposants étrangers est également annoncée, avec notamment un espace international dédié à la Turquie.
Au-delà de la célébration de son anniversaire, le salon entend ainsi renforcer les échanges entre professionnels et favoriser le partage d’expériences autour des nouvelles pratiques architecturales.
Pour cette 11ᵉ édition, les organisateurs ont retenu le thème : « Villes vivables, villes innovantes, architecture de demain ». Une orientation qui traduit leur volonté de placer la qualité de vie des populations au centre des réflexions sur l’urbanisation et la transformation des villes africaines.
Président du comité scientifique, le professeur Désiré Axel Nassa a rappelé les principaux défis auxquels sont confrontées les agglomérations du continent : accès au logement, mobilité urbaine, inégalités territoriales et adaptation aux changements climatiques.
Face à ces enjeux, il estime que les politiques de construction doivent aller au-delà de la multiplication des infrastructures pour privilégier des espaces adaptés aux besoins des habitants.
« La question n’est donc plus seulement de construire davantage, mais de construire mieux », a-t-il souligné.
Cette approche implique notamment de concevoir des bâtiments durables, accessibles et moins consommateurs de ressources, tout en tenant compte des réalités économiques, sociales et culturelles des territoires africains.
Le président du comité scientifique a également mis en avant les perspectives offertes par les matériaux écologiques, l’intelligence artificielle et les nouvelles solutions énergétiques. Autant d’innovations susceptibles de transformer les méthodes de conception, de construction et de gestion des bâtiments.
L’enjeu consiste à tirer parti des avancées technologiques sans perdre de vue les impératifs environnementaux ni les spécificités locales.
Pour Joseph Amon, président de l’Ordre des architectes de Côte d’Ivoire, la transformation des villes africaines doit s’appuyer sur des modèles de développement conçus en fonction des réalités du continent.
« Une ville vivante, c’est une cité qui place l’humain au centre de chaque décision », a-t-il déclaré.
Cette vision suppose, selon l’esprit de son intervention, de concilier modernité architecturale, identité culturelle et amélioration du cadre de vie. Elle invite également les professionnels à valoriser les matériaux, les techniques et les savoir-faire locaux dans la conception des bâtiments et des espaces urbains.
ARCHIBAT 2027 entend aussi accorder une place importante à la nouvelle génération d’architectes. À cet effet, plus de 200 jeunes professionnels africains de moins de 40 ans sont attendus à Abidjan pour des échanges et des rencontres professionnelles.
Le salon prévoit par ailleurs d’accueillir des rencontres continentales réunissant notamment l’Union des architectes d’Afrique et la Fédération des architectes francophones d’Afrique.
Ces rendez-vous devraient favoriser le dialogue entre les professionnels, le partage d’expériences et l'émergence de nouvelles perspectives pour la pratique architecturale sur le continent.
S’adressant aux jeunes architectes, Joseph Amon les a encouragés à faire preuve d’audace, à expérimenter de nouvelles approches et à contribuer à l’émergence d’une architecture africaine innovante, ancrée dans son environnement.
Représentant le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, le conseiller technique Martial Goris a salué les vingt années d’engagement des organisateurs d’ARCHIBAT.
Il a rappelé que la croissance urbaine de la Côte d’Ivoire exerce une pression importante sur le logement, les infrastructures et le foncier. Dans ce contexte, la planification urbaine et l’amélioration de la gestion foncière apparaissent comme des leviers essentiels pour accompagner le développement des villes.
Le représentant du ministre a également évoqué les initiatives de l’État en faveur des logements sociaux et économiques, ainsi que les efforts engagés pour moderniser la gestion des espaces urbains.
Toutefois, les défis liés à l’urbanisation ne peuvent être relevés par les seules autorités publiques. Ils nécessitent une coopération étroite entre l’État, les collectivités territoriales, les architectes, les entreprises du bâtiment, les promoteurs immobiliers et les populations.
« L’avenir de nos villes ne se construira ni par l’État seul, ni par les professionnels seuls », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation collective en faveur de villes plus inclusives et résilientes.
Cette concertation apparaît d’autant plus nécessaire que les choix architecturaux et urbanistiques d’aujourd’hui auront des conséquences durables sur l’environnement, l’organisation des territoires et les conditions de vie des générations futures.
Avec le lancement officiel d’ARCHIBAT 2027, les organisateurs ouvrent une nouvelle étape dans la préparation de cet événement, à un an de sa tenue.
Prévu du 14 au 18 octobre 2027 au Parc des Expositions d’Abidjan, le salon ambitionne de réunir les acteurs de l’architecture et du bâtiment autour des grandes mutations qui façonnent les villes contemporaines.
Pour cette édition anniversaire, l’ambition est double : valoriser vingt années de promotion de l’architecture et ouvrir de nouvelles perspectives sur les modèles urbains de demain.
Dans un contexte marqué par l’accélération de l’urbanisation, les impératifs climatiques et l’évolution des technologies de construction, ARCHIBAT entend contribuer à une réflexion collective sur l’avenir des villes africaines.
Au-delà des innovations techniques et des performances architecturales, le défi sera de concevoir des espaces urbains où le progrès se conjugue avec le bien-être des populations, la préservation de l’environnement et la valorisation des identités culturelles.
Wassimagnon
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