Côte d'Ivoire : Leadership féminin, Abidjan, des voix s'élèvent pour briser les barrières en politique
La deuxième édition du Forum politique des femmes s’est tenue le vendredi 23 octobre 2026, à l’hôtel Azalaï, à Marcory, à l’initiative de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté. Des femmes politiques, des élues et des personnalités d’Afrique de l’Ouest et d’Europe ont échangé sur les obstacles à la participation des femmes à la vie politique et les moyens de renforcer leur accès aux postes de décision.
La participation des femmes à la vie politique reste un défi majeur en Afrique comme en Europe. Pour favoriser leur accès aux postes de responsabilité, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté a organisé, vendredi 23 octobre 2026, à Abidjan, la deuxième édition du Forum politique des femmes, autour du thème : « Une voix, plusieurs terrains : parcours de femmes engagées entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe ».
Cette rencontre a permis aux participantes de partager leurs expériences et de réfléchir aux solutions pour renforcer le leadership féminin, notamment à travers la formation, le financement politique et la création de réseaux de solidarité.
À l’ouverture des travaux, Alexandra Heldt, directrice Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann, a souligné les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées dans leur parcours politique. Elle a notamment évoqué les inégalités d’accès aux financements, à la formation et aux postes de décision.
Pour elle, la promotion des droits des femmes doit se traduire par des actions concrètes. Elle a également insisté sur l’importance des réseaux professionnels pour favoriser les échanges d’expériences, renforcer la confiance et créer des opportunités.
Elle a invité les participantes à nouer des relations durables et à prendre des engagements concrets en faveur de la promotion du leadership féminin.
Intervenant à cette occasion, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nasseneba Touré, a rappelé les avancées enregistrées en Côte d’Ivoire, notamment grâce à la loi du 14 octobre 2019, qui prévoit un quota minimum de 30 % de femmes sur les listes de candidatures aux élections législatives, régionales et municipales.
Cependant, la représentation des femmes à l’Assemblée nationale reste faible. Sur les 253 sièges que compte l’institution, seulement 34 sont occupés par des femmes, soit environ 13 %.
La ministre a expliqué que plusieurs facteurs freinent encore leur engagement politique : le manque de moyens financiers, les violences et le harcèlement, les difficultés d’accès aux investitures et le poids des responsabilités familiales.
Elle a encouragé les femmes à mieux connaître leurs droits afin de pouvoir les défendre efficacement. Elle a également souligné le rôle du numérique dans leur visibilité, tout en mettant en garde contre les violences en ligne.
Selon elle, l’accès aux fonctions politiques ne suffit pas. Les femmes doivent aussi pouvoir participer réellement aux décisions et exercer pleinement leurs responsabilités.
Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidy Touré, a, pour sa part, partagé son expérience en matière de promotion des femmes dans l’administration.
À son arrivée à la tête de ce département, il dit avoir constaté une faible présence des femmes aux postes de responsabilité, malgré leurs compétences. Il a alors décidé de favoriser leur accès aux fonctions de direction en tenant compte de leurs profils et de leurs capacités.
Cette démarche vise, selon lui, à donner davantage de visibilité aux femmes et à leur permettre de contribuer pleinement à la gestion de l’administration. Il a également encouragé les femmes de son ministère à se regrouper au sein d’une association pour mieux défendre leurs intérêts.
Au terme des échanges, un constat s’impose : malgré les progrès réalisés, les femmes restent confrontées à plusieurs obstacles dans leur parcours politique et professionnel.
Pour les intervenants, l’amélioration de leur représentation passe notamment par un meilleur accès au financement, le renforcement des compétences, la lutte contre les violences et la mise en place de réseaux de soutien.
Cette deuxième édition du Forum politique des femmes a ainsi rappelé la nécessité de transformer les engagements en actions concrètes pour permettre aux femmes de prendre toute leur place dans les instances de décision.
Wassimagnon
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