Côte d'Ivoire : Amélioration de l'éducation de base, après deux ans de mise en œuvre, le PATEB à l'épreuve de la performance et des résultats durables
Deux années après son lancement, le Programme d’Appui à la Transformation de l’Éducation de Base (PATEB) aborde un tournant décisif. Financé par le Partenariat mondial pour l’éducation (PME), à hauteur de 44,9 millions de dollars, et mis en œuvre sous la responsabilité du Ministère de l’Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique, avec l’appui technique de l’UNESCO, le programme ambitionne de contribuer à une éducation de base plus accessible, plus équitable et de meilleure qualité en Côte d’Ivoire.
Inscrit dans la dynamique des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (EGENA) et du Pacte de partenariat adopté en 2023, le PATEB accompagne les priorités nationales en matière de transformation du système éducatif. Son intervention s’articule autour de trois axes majeurs que sont l’amélioration de l’accès et de l’équité, le renforcement de la qualité des apprentissages et l’amélioration de la gouvernance et du pilotage du système éducatif.
C’est pour apprécier le chemin parcouru, tirer les enseignements des expériences conduites et définir les orientations de la seconde moitié du programme que les différentes parties prenantes se sont retrouvées à Grand-Bassam, du 21 au 23 octobre 2026. Pendant trois jours, les échanges ont porté sur les acquis enregistrés, les difficultés rencontrées, les mesures correctives à envisager et les perspectives d’utilisation de l’allocation complémentaire destinée à soutenir la poursuite des réformes.
Des avancées encourageantes, mais des résultats à consolider
Au terme de ces deux premières années, plusieurs interventions témoignent de la dynamique engagée en faveur de la transformation de l’éducation de base. Elles concernent notamment le renforcement des ressources pédagogiques, la remédiation aux difficultés d’apprentissage, la formation des enseignants et des responsables éducatifs, la promotion de la scolarisation des filles ainsi que l’amélioration des mécanismes de gouvernance.
L’amélioration de l’accès à l’éducation, particulièrement dans les zones vulnérables, constitue l’un des objectifs structurants du PATEB. À ce titre, le programme prévoit la construction de 386 salles de classe au préscolaire dans 14 régions prioritaires.
Les travaux préparatoires, notamment l’élaboration des plans et la mobilisation des communautés, ont été engagés. L’enjeu est de renforcer l’offre éducative dès les premières années de scolarisation et de favoriser une meilleure préparation des enfants aux apprentissages fondamentaux.
Toutefois, la revue à mi-parcours doit également permettre d'apprécier le niveau d'avancement des travaux et de définir les mesures nécessaires pour accélérer la réalisation des infrastructures prévues. La construction des salles de classe figure ainsi parmi les priorités évoquées par le Partenariat mondial pour l’éducation pour les deux années restantes.
Outre les infrastructures, le programme accorde une attention particulière à la scolarisation et au maintien des filles à l’école. Les mécanismes communautaires et les actions de sensibilisation mis en place visent à renforcer la mobilisation des familles autour de l’éducation des filles et à prévenir les risques de décrochage scolaire.
Parmi les initiatives présentées figurent la mise en place de 120 clubs des mères et des filles, à travers lesquels plus de 1 200 femmes ont été formées aux enjeux liés à la scolarisation et au maintien des filles dans le système éducatif. Ces dispositifs traduisent la volonté de faire de l’éducation une responsabilité partagée entre l’école, les familles et les communautés.
L’un des enjeux majeurs du PATEB réside dans sa capacité à améliorer concrètement les apprentissages des élèves, notamment ceux qui rencontrent des difficultés scolaires.
Dans cette perspective, les organisations partenaires accompagnent la mise en œuvre de dispositifs de remédiation pédagogique au premier cycle du secondaire. L’objectif est de permettre aux élèves de consolider leurs compétences fondamentales et de réduire les écarts d’apprentissage.
Dans les régions du Kabadougou et du Folon, l’ONG AVSI accompagne 32 collèges relevant des directions régionales de l’éducation nationale d’Odienné et de Minignan.
Selon le bilan présenté par le représentant pays d’AVSI Côte d’Ivoire, Dr Bamba Lassiné, cette intervention a notamment permis de concevoir et de valider, en collaboration avec la Direction de la pédagogie et de la formation continue, les inspecteurs, les antennes pédagogiques et les enseignants, quatre kits de remédiation en français, en mathématiques, en physique-chimie et en sciences de la vie et de la Terre.
Ces outils, élaborés et cosignés avec le ministère, constituent un cadre pédagogique destiné à accompagner les enseignants dans la prise en charge des difficultés d’apprentissage.
Les premières données de mise en œuvre font état de 409 enseignants formés, dont 59 femmes. Les séances de remédiation ont démarré le 13 avril 2026. En deux mois, 554 séances ont été conduites dans 29 des 32 collèges concernés, au bénéfice de 4 135 élèves, parmi lesquels 2 001 filles.
En outre, les antennes pédagogiques ont supervisé 58 enseignants, dont la quasi-totalité a atteint un niveau jugé satisfaisant.
Pour le Dr Bamba Lassiné, ces résultats sont encourageants, mais doivent être appréciés avec prudence. « Deux mois, c’est le début de l’histoire, pas son bilan », a-t-il souligné, rappelant la nécessité de poursuivre les efforts de supervision et d’adaptation du dispositif.
La mobilité des enseignants a notamment conduit à engager des sessions de recyclage, amorcées en septembre 2026. L’expérience a également mis en évidence l’importance d’un démarrage précoce des activités dans le calendrier scolaire et du maintien d’un accompagnement de proximité pour favoriser l’appropriation des pratiques de remédiation.
Dans le même esprit, AVSI poursuit ses interventions à travers les bibliothèques mobiles et les dispositifs d’accompagnement socio-émotionnel, notamment les groupes de parole destinés à offrir aux adolescentes et aux adolescents des espaces d’écoute et d’expression au sein des établissements.
Pour son représentant pays, l’enjeu est de faire de ces interventions intégrées un levier durable d’accès, de maintien et d’achèvement du premier cycle du secondaire.
De son côté, Save the Children accompagne les mécanismes de remédiation dans 30 collèges. Son directeur pays, Akebou Sawadogo, a indiqué que l’organisation avait contribué à la conception et à la validation des guides et outils pédagogiques en collaboration avec les structures techniques du ministère.
Plus de 200 enseignants ont également été formés à l’utilisation de ces outils et à la méthodologie de la remédiation.
En matière de promotion de la lecture, l’organisation a mis à la disposition des bibliothèques scolaires 1 080 romans et ouvrages de lecture répartis dans 30 collèges bénéficiaires, au profit de 18 814 élèves.
Ces différentes initiatives illustrent la complémentarité des interventions menées dans le cadre du PATEB pour répondre aux difficultés d’apprentissage et améliorer les conditions de réussite des élèves.
Des ressources pédagogiques et des acteurs éducatifs mieux outillés
L’amélioration de la qualité des apprentissages passe également par la disponibilité des ressources pédagogiques et le renforcement des compétences des professionnels de l’éducation.
Au cours des deux premières années, plus de 300 000 manuels scolaires ont été acquis et distribués, selon les données présentées lors de la revue à mi-parcours. Le programme accompagne par ailleurs, les travaux de révision des curricula et le développement de ressources éducatives adaptées aux besoins des élèves.
En parallèle, plus de 700 personnes ont bénéficié de formations en présentiel sur différentes thématiques, notamment le leadership éducatif, le développement personnel, la gestion de l’environnement scolaire et le développement des partenariats.
Le recours à une plateforme de formation en ligne permet également d’élargir les possibilités de développement professionnel des acteurs du système éducatif.
Ces actions visent à renforcer les capacités des responsables administratifs, des chefs d’établissement et des autres personnels éducatifs, dont l’engagement et les compétences sont essentiels à la mise en œuvre des réformes.
Toutefois, au-delà du nombre de manuels distribués et de personnes formées, l'enjeu demeure celui de l'utilisation effective des ressources et des compétences acquises pour améliorer les pratiques pédagogiques et les performances des élèves.
Une gouvernance davantage axée sur les résultats
Le troisième axe du PATEB concerne l’amélioration de la gouvernance et du pilotage du système éducatif.
Dans ce domaine, le déploiement des contrats d’objectifs et de performance (COP) auprès des directions régionales constitue une avancée importante. Cette démarche vise à renforcer la responsabilisation des acteurs, à améliorer le suivi des résultats et à établir un lien plus étroit entre les objectifs nationaux et les performances attendues sur le terrain.
La généralisation de ces contrats, associée à la vérification de la présence effective des enseignants en classe, a également contribué à l’obtention d’un financement complémentaire du Partenariat mondial pour l’éducation.
Pour les responsables du programme, l’amélioration de la gouvernance doit permettre de renforcer la transparence, de mieux suivre l’exécution des activités et d’orienter les ressources vers les interventions les plus susceptibles de produire des résultats.
La consolidation de ces mécanismes apparaît d’autant plus importante que la seconde moitié du programme devra conjuguer accélération des activités, maîtrise des ressources et amélioration de la performance globale des interventions.
Ouvrant les perspectives de réflexion sur la suite du programme, Mame Omar Diop, représentant résident de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, a insisté sur la nécessité de faire de cette revue un espace de dialogue constructif, d’analyse et de formulation de recommandations concrètes.
« Elles nous offrent l’occasion de porter un regard lucide sur les avancées du projet, d’en tirer des enseignements, et surtout de formuler des recommandations qui nous permettront de faire mieux et de faire plus, ensemble », a-t-il déclaré.
Pour le représentant de l’UNESCO, la mise en œuvre du PATEB engage une responsabilité collective envers les enfants, les familles et les communautés qui placent leur confiance dans l’école ivoirienne.
Il a ainsi appelé les différentes parties prenantes à entretenir un dialogue de qualité et à renforcer la complémentarité de leurs interventions afin de mieux répondre aux besoins du système éducatif.
Insistant sur la nécessité de pérenniser les acquis, Mame Omar Diop a également rappelé l’importance de l’alignement des actions sur les priorités nationales, de l’appropriation des interventions par les acteurs qui les mettent en œuvre et du renforcement des synergies entre partenaires.
L’objectif, a-t-il souligné, est de faire en sorte que les efforts engagés puissent continuer à bénéficier au système éducatif ivoirien au-delà de la durée du programme.
Cette approche place l’apprentissage collectif au cœur de la revue. Il ne s’agit pas seulement de présenter des réalisations, mais aussi de comprendre ce qui fonctionne, d’identifier les difficultés et de convenir des ajustements nécessaires pour obtenir de meilleurs résultats.
Pour Charlotte Lebas, coordonnatrice des programmes du Partenariat mondial pour l’éducation, la revue à mi-parcours constitue un moment privilégié pour reconnaître les progrès accomplis, mais surtout pour prendre les décisions qui permettront de réussir la dernière phase du programme.
Elle a salué le partenariat établi avec la République de Côte d’Ivoire, soulignant que le PATEB représente une traduction concrète des priorités définies dans le Pacte de partenariat adopté en 2023, notamment en matière d’amélioration des apprentissages fondamentaux.
Parmi les avancées relevées, elle a notamment cité l’expérimentation des nouveaux programmes, les dispositifs de remédiation et les interventions en faveur de l’éducation des filles.
Cependant, avec un peu moins de deux années de mise en œuvre restantes, elle a insisté sur l’urgence de finaliser les démarches nécessaires à la restructuration du PATEB et à l’obtention de l’allocation complémentaire, avec l’objectif de soumettre les demandes correspondantes d’ici décembre 2026.
Trois questions doivent, selon elle, guider les décisions à prendre a savoir : quelles interventions fonctionnent et méritent d’être consolidées et pérennisées ? Quelles activités doivent être ajustées ou accélérées pour maximiser les résultats d’ici à la fin du financement ? Comment utiliser au mieux l’allocation complémentaire pour accompagner la transformation du système éducatif ?
Pour Charlotte Lebas, l’enjeu n’est pas d’ajouter de nouvelles activités, mais de concentrer les ressources sur les interventions prioritaires, réalisables dans les délais impartis et susceptibles de produire des résultats durables.
Cette orientation implique notamment de porter une attention particulière aux constructions scolaires et de privilégier les actions qui peuvent être étendues à plus grande échelle.
La représentante adjointe de l’UNICEF, Mariana Stirbu, a également insisté sur le caractère décisif de cette étape.
Selon elle, la revue doit permettre de mesurer les réalisations, de tirer les enseignements de l’expérience et, surtout, de convenir collectivement des ajustements nécessaires pour obtenir des résultats durables pour les enfants et le système éducatif d’ici à septembre 2028.
Cette intervention rejoint les préoccupations exprimées par les autres partenaires, à savoir que les progrès enregistrés doivent désormais se traduire par des améliorations concrètes et pérennes des conditions d’apprentissage et de réussite scolaire.
La coordination entre les institutions nationales, les partenaires techniques et financiers et les organisations chargées de la mise en œuvre apparaît ainsi comme une condition essentielle pour éviter les chevauchements, optimiser les ressources et renforcer l’efficacité des interventions.
La revue de Grand-Bassam a également été l’occasion d’aborder la suspension temporaire, décidée le 18 septembre 2026, de l’expérimentation de la phase pilote des nouveaux programmes éducatifs.
Pour Marie Christ Allou, conseillère technique du ministre Koffi N’Guessan en charge de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, cette suspension doit être considérée comme une mesure de prudence et de responsabilité, destinée à préserver les acquis, à renforcer la qualité du processus de transformation et à éviter une généralisation prématurée.
Elle a rappelé que cette étape doit permettre de mieux s’assurer de la conformité du processus aux principes directeurs du Guide UNESCO-BIE, qui préconise une démarche progressive articulant vision, planification, élaboration, expérimentation, généralisation, évaluation, coordination, suivi et régulation.
Cette question soulève un enjeu fondamental pour la réforme éducative: celui de la nécessité de concilier l’ambition de transformation avec une démarche méthodologique rigoureuse, fondée sur l'expérimentation, l'évaluation et les ajustements nécessaires avant toute généralisation.
La suspension temporaire ouvre ainsi un espace de réflexion sur les enseignements tirés de la phase pilote et sur les conditions à réunir pour garantir la pertinence et la qualité des nouveaux programmes.
Pour les responsables nationaux, l’objectif est de faire en sorte que les réformes engagées reposent sur des bases suffisamment solides pour répondre aux besoins des élèves et des enseignants, tout en s’inscrivant dans les orientations stratégiques du ministère pour la période 2026-2030.
Les deux prochaines années : passer des activités aux effets mesurables
Au-delà des réalisations présentées, l’un des principaux enseignements de la revue à mi-parcours réside dans la nécessité de mieux distinguer les activités menées, les résultats obtenus et les effets réels sur les apprentissages.
Le nombre de manuels distribués, d’enseignants formés, de collèges accompagnés ou de dispositifs communautaires mis en place témoigne de l’ampleur des interventions. Toutefois, ces données ne suffisent pas, à elles seules, à établir que les compétences des élèves se sont améliorées ou que les inégalités scolaires ont diminué.
La seconde moitié du programme devra donc accorder une place plus importante au suivi des résultats, à la remontée des données du terrain et à l’évaluation des effets des interventions.
Dans le domaine de la remédiation, par exemple, il sera essentiel de mesurer les progrès réalisés par les élèves bénéficiaires, de documenter les pratiques pédagogiques les plus efficaces et de déterminer les conditions nécessaires à l’extension des dispositifs.
De même, les interventions en faveur des filles devront être appréciées non seulement à travers le nombre de clubs mis en place ou de femmes sensibilisées, mais aussi au regard de leur contribution au maintien des filles à l’école et à la réduction des risques de décrochage.
La pérennisation constitue un autre enjeu majeur. Les outils pédagogiques, les mécanismes de supervision, les dispositifs de formation et les pratiques de gouvernance développés dans le cadre du PATEB devront pouvoir être progressivement intégrés aux mécanismes ordinaires du système éducatif national.
Cela suppose une appropriation renforcée par les structures du ministère, un accompagnement continu des acteurs de terrain et une articulation cohérente entre les interventions des différents partenaires.
Une allocation complémentaire à orienter vers les priorités nationales
L’utilisation de l’allocation complémentaire, évaluée à près de 9 millions de dollars dans les orientations évoquées lors de la revue, constitue un autre dossier stratégique.
Pour les participants, ces ressources supplémentaires doivent contribuer à accélérer la mise en œuvre du programme et à consolider les interventions susceptibles de produire des résultats significatifs avant septembre 2028.
La question n’est donc pas uniquement celle du volume de financement disponible, mais aussi celle de sa répartition, de son utilisation et de sa capacité à soutenir les priorités nationales.
Les décisions à prendre devront tenir compte du niveau d’avancement des activités, des besoins identifiés sur le terrain, des résultats observés et des possibilités de pérennisation des interventions.
Cette approche implique également de renforcer la coordination entre les partenaires, afin que les ressources mobilisées produisent des effets complémentaires plutôt que des interventions dispersées.
Comme l’a rappelé Marie Christ Allou, la réussite du PATEB dépendra fondamentalement de la capacité collective à transformer les ressources mobilisées et les réformes engagées en résultats concrets et durables pour les élèves, les enseignants, l’encadrement pédagogique et l’ensemble de la communauté éducative.
Après deux années de mise en œuvre, le PATEB a contribué à poser des bases importantes pour la transformation de l’éducation de base en Côte d’Ivoire. Les avancées présentées à Grand-Bassam concernent notamment le renforcement des ressources pédagogiques, la formation des acteurs éducatifs, le développement de la remédiation, le soutien à la scolarisation des filles et l’amélioration des mécanismes de défense.
Cependant, la revue à mi-parcours a rappelé que la réussite du programme ne se mesurera pas uniquement au nombre d’activités réalisées ou de ressources mobilisées. Elle dépendra également de la capacité des interventions à améliorer effectivement les apprentissages, à réduire les inégalités scolaires et à renforcer durablement les pratiques du système éducatif.
À Grand-Bassam, le message partagé par les différentes parties prenantes est clair, la transformation de l’éducation exige une vision commune, une coordination efficace et un engagement durable de tous les acteurs.
D’ici à septembre 2028, le défi sera de faire en sorte que les acquis du PATEB dépassent le cadre du programme pour se traduire par des changements tangibles dans les écoles et les salles de classe. Car, au-delà des réformes, des financements et des dispositifs mis en place, la finalité demeure la même. Celle de garantir à chaque enfant en Côte d’Ivoire une éducation de qualité, équitable et porteuse de perspectives d’avenir.
Wassimagnon
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