Cameroun : Affaire Martinez Zogo, coup de tonnerre au tribunal militaire de Yaoundé, le colonel Ayissi Nanga déballe et indexe 4 noms
Le témoin de l'accusation accuse le secrétaire d'État à la Défense en charge de la gendarmerie nationale Galax Etoga et Martin Savom. Il a également fait de nouvelles révélations sur la gestion de l'enquête.
Cité comme témoin de l'accusation dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, le colonel Justin Danwe Ayissi Nanga a livré un grand déballage à la barre du tribunal militaire de Yaoundé, ce lundi 27 octobre 2026.
Quatre noms ressortent de son témoignage
D'abord, Galax Landry Etoga, le secrétaire d'État à la Défense en charge de la gendarmerie nationale (SED). Le colonel l'accuse de tentative de musèlement et d'intimidations.
Devant les juges, il a été très clair : "C'est le Secrétaire d'État à la Défense chargé de la gendarmerie qui m'a écarté de la commission d'enquête, pour m'empêcher de dire la vérité".
Selon lui, le patron du SED lui aurait formellement interdit de communiquer quoi que ce soit à la commission d'enquête mixte police-gendarmerie. Tout ce qu'il savait devait être rapporté directement au SED.
Deuxième nom : Martin Savom. Le colonel l'accuse de tentative d'assassinat à son encontre, mais surtout d'être au cœur du crime.
Sur le téléphone déclaré disparu de Martinez Zogo, le témoin indique que l'appareil bornait à l'intérieur même des locaux de la gendarmerie nationale. Il aurait fait l'objet d'un traitement visant à détruire son contenu.
Il pointe directement deux officiers : "Le Colonel Otoulou et le Colonel Bialo ont volontairement ignoré les derniers appels du téléphone de Martinez Zogo, juste pour protéger Martin Savom qui aurait assassiné Martinez Zogo avant de déposer le corps à Ebogo".
Pour le colonel Ayissi Nanga, le rôle de Martin Savom est central : c'est lui qui aurait reçu la victime à Yaoundé, l'aurait exécutée, avant de faire déposer son corps sur le lieu de sa découverte à Ebogo. "Son implication est certaine", a-t-il insisté à la barre.
Autre révélation : une lettre de sa propre initiative adressée au Directeur général de l'Agence nationale des technologies de l'information et de la communication (Antic) aurait confirmé la coupure d'Internet sur les téléphones des numéros mis en cause. Il y aurait suggéré la saisine des responsables de MTN et Orange.
Enfin, le témoin est revenu sur le cas d'Amougou Belinga. Il a évoqué le rôle du colonel Bialo qui, face au refus de l'ancien Colegion du Centre, se serait vu confier la mission de persécution d'Amougou Belinga et ses co-accusés.
Sur ce point, le colonel a asséné : "J'ai plusieurs fois dénoncé l'acharnement qu'il y avait contre certains accusés à l'instar de Amougou Belinga", alors même qu'il avait suggéré leur libération faute de preuves.
En conclusion, il a dénoncé : "Il est inhumain que des officiers supérieurs embarquent des soldats dans une affaire et tentent de leur faire porter le chapeau pour un crime qu'ils n'ont pas commis".
Le procès se poursuit. La défense de Martin Savom n'a pas encore réagi à ces accusations.
-Armand Ougock, correspondant permanent de KOACI au Cameroun - -Joindre la rédaction camerounaise de KOACI au WhatsApp 691 154 277 -
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