Côte d'Ivoire : Salaires impayés et rémunérations sous le SMIG, le SYNADES hausse le ton et menace de paralyser les établissements sanitaires publics dès le 6 novembre
En Côte d’Ivoire, le Syndicat national des agents de santé (SYNADES) tire la sonnette d’alarme sur les retards de paiement des salaires des contractuels des établissements sanitaires publics. Dans un courrier adressé au ministre de la Santé, son secrétaire général national, Hubert KPANSAÏ, dénonce des arriérés de salaires allant de deux à cinq mois et menace de déclencher une procédure d’arrêt de travail si la situation n’est pas régularisée au plus tard le 6 novembre 2026.
La situation sociale des agents contractuels des établissements sanitaires publics se dégrade. Selon un courrier attribué au SYNADES et diffusé sur les réseaux sociaux, ces travailleurs accumuleraient entre deux et cinq mois d’arriérés de salaires, une situation que le syndicat juge désormais intenable.
Dans cette correspondance adressée au ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le secrétaire général national du SYNADES, Hubert KPANSAÏ, dénonce les difficultés financières auxquelles sont confrontés les agents concernés.
Le syndicat affirme que les contractuels représentent plus de 30 % des effectifs nécessaires au fonctionnement des établissements sanitaires publics. Il souligne ainsi leur rôle dans la continuité des services de santé et s’inquiète des conséquences de ces retards de paiement sur leurs conditions de vie.
Au-delà des salaires impayés, le SYNADES dénonce également le niveau de rémunération de certains contractuels. Selon le syndicat, les montants perçus par une partie de ces travailleurs seraient inférieurs au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
Pour illustrer la précarité dans laquelle se trouveraient les agents concernés, l'organisation syndicale évoque leurs difficultés à subvenir aux besoins essentiels de leurs familles, notamment le paiement du loyer et la scolarisation des enfants.
« Comment un agent peut-il exercer avec le ventre vide ? Comment peut-il payer son loyer et scolariser ses enfants avec un salaire inférieur au SMIG ? », s'interroge le syndicat dans sa lettre.
Le SYNADES estime que cette situation est en contradiction avec les objectifs affichés par les autorités ivoiriennes en matière d'insertion professionnelle des jeunes et d'amélioration des conditions de vie des travailleurs.
Dans son courrier, le SYNADES affirme avoir entrepris plusieurs démarches pour obtenir le règlement des sommes dues, sans qu'une solution durable ait été trouvée à ce jour.
Le syndicat rappelle également la contribution des contractuels au fonctionnement du système sanitaire, notamment durant la pandémie de COVID-19 et les épisodes épidémiques qu'a connus le pays.
S'appuyant sur cet engagement, l'organisation appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour régulariser les arriérés de salaires et garantir le respect des actes administratifs concernés.
Face à cette situation, le syndicat fixe un ultimatum aux autorités sanitaires. Il demande la régularisation totale des arriérés de salaires ainsi que le respect des actes d'État au plus tard le vendredi 6 novembre 2026.
À défaut d'une réponse satisfaisante dans ce délai, le SYNADES annonce son intention de déposer un préavis d'arrêt de travail et évoque la possibilité d'une fermeture de l'ensemble des établissements sanitaires concernés.
Cette menace fait planer le risque de perturbations dans le fonctionnement des structures publiques de santé si aucun compromis n'est trouvé entre les représentants des travailleurs et les autorités.
Il convient toutefois de distinguer l'annonce d'un futur préavis de grève du déclenchement effectif d'un arrêt de travail. À ce stade, le courrier évoque une action envisagée en l'absence de régularisation dans le délai fixé.
Malgré la fermeté de son message, le SYNADES affirme rester ouvert au dialogue. Il invite le ministre de la Santé à intervenir rapidement afin de trouver une issue à cette crise sociale annoncée.
L'enjeu est double : répondre aux revendications salariales des contractuels et prévenir d'éventuelles perturbations susceptibles d'affecter le fonctionnement des établissements sanitaires publics.
À quelques jours de l'échéance annoncée, l'évolution de ce dossier dépendra notamment des réponses que les autorités apporteront aux revendications du syndicat.
Pour l'heure, les affirmations contenues dans le courrier diffusé sur les réseaux sociaux, notamment sur le nombre de mois d'arriérés et la proportion de contractuels dans les effectifs, restent à confirmer auprès des autorités sanitaires. Aucune réponse officielle du ministère n'est rapportée dans les éléments disponibles.
La régularisation des salaires et l'ouverture d'un dialogue avec les représentants des travailleurs apparaissent ainsi comme les principales conditions pour éviter une escalade du conflit social dans le secteur de la santé en Côte d'Ivoire.
Wassimagnon
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
