Cameroun : À Douala, le gouvernement veut transformer la petite épargne des Camerounais en moteur de souveraineté
Pour sa 102e édition, la Journée mondiale de l'épargne a réuni banques, assurances et jeunes à Bonanjo. Message du Minfi : sans épargne locale, pas d'économie forte.
Mettre 5 000 francs de côté aujourd'hui pour financer une usine demain. C'est le pari que le ministère des Finances a défendu à Douala, métropole économique du pays.
Du 29 au 31 octobre 2026, la Maison du Parti de Bonanjo,- quartier administratif et d'affaires dans le premier arrondissement de Douala-, a abrité la célébration de la Journée mondiale de l'épargne, placée sous le thème "Soutenir ses projets par une épargne efficace". Une 102e édition présidée par Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre des Finances, représentant Louis Paul Motaze.
Devant plusieurs centaines de jeunes, de banquiers, d'assureurs, de responsables de microfinances et de chefs d'entreprise, le membre du gouvernement a été direct : "Le Cameroun entend faire de l'épargne nationale un véritable levier de transformation économique".
Autrement dit, le Cameroun ne peut plus continuer à financer son développement uniquement avec l'argent venu de l'extérieur. Il faut mobiliser l'argent des Camerounais eux-mêmes.
Au centre des échanges : la digitalisation des services financiers, la sécurité des placements, l'innovation et surtout, l'accompagnement des jeunes porteurs de projets. Comment un jeune qui épargne 20 000 francs par mois dans une microfinance peut-il obtenir demain un crédit pour lancer son entreprise ?
Pour le Minfi, la réponse est claire. Épargner, ce n'est pas thésauriser. C'est préparer son avenir et, en même temps, donner à l'État les moyens de créer des emplois et de consolider sa souveraineté économique.
Reste le défi le plus dur : convaincre. Les Camerounais épargnent encore très peu, par manque de confiance et de pouvoir d'achat. Beaucoup préfèrent garder leur argent à la maison plutôt que de le confier à une banque ou une microfinance dont la solidité n'est pas toujours garantie. Sans confiance, pas d'épargne. Sans épargne, pas de transformation.
-Armand Ougock, correspondant permanent de KOACI au Cameroun
- Joindre la rédaction camerounaise de KOACI au WhatsApp 691 154 277
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