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Côte d'Ivoire : Défi démographique africain, 2,5 milliards d'habitants en 2050, le pari de transformer la jeunesse en richesse
 

Côte d'Ivoire : Défi démographique africain, 2,5 milliards d'habitants en 2050, le pari de transformer la jeunesse en richesse

 
 
 
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© Koaci.com - jeudi 05 novembre 2026 - 12:25

À l’horizon 2050, l’Afrique devrait compter près de 2,5 milliards d’habitants et devenir le principal moteur de la croissance démographique mondiale. Un potentiel considérable qui impose toutefois aux États d’investir davantage dans l’éducation, la santé, la formation et l’emploi. C’est autour de cet enjeu stratégique que responsables politiques, organisations internationales et représentants de la jeunesse ont engagé, mercredi 4 novembre 2026, à Abidjan, un dialogue continental de haut niveau.


L’Afrique est à un tournant de son histoire démographique. Sa population augmente rapidement, sa jeunesse représente une part importante de ses habitants et ses besoins en infrastructures et en services sociaux ne cessent de croître. Pour les dirigeants du continent, l’enjeu n’est donc plus seulement d’anticiper cette évolution, mais surtout de savoir comment en faire un moteur de développement.


Réunis au siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), au Plateau, les participants ont placé cette problématique au cœur de leurs échanges, sous le thème : « Tirer parti des changements démographiques pour la prospérité, la résilience et l’inclusion ». L’initiative est portée conjointement par l’État de Côte d’Ivoire, l’Union africaine, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et les réseaux de jeunesse.


Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a insisté sur l’ampleur des mutations attendues dans les prochaines décennies. Selon les projections, l’Afrique devrait représenter plus du quart de la population mondiale à l’horizon 2050, avec une population active particulièrement jeune et nombreuse.


« D’ici à 2050, notre continent devrait représenter plus du quart de la population mondiale et compter la population active la plus jeune et la plus nombreuse », a-t-il indiqué.


Pour le chef du gouvernement, cette évolution constitue autant une opportunité qu'une responsabilité pour les États. La croissance démographique ne pourra produire ses effets positifs sans des investissements conséquents dans les secteurs sociaux et économiques.


« La jeunesse africaine représente une véritable richesse. Mais pour qu’elle devienne une force, chaque enfant doit pouvoir aller à l’école, chaque jeune doit bénéficier d’une formation adaptée et chaque femme doit pouvoir participer pleinement à la vie économique », a-t-il souligné.


Il a notamment plaidé pour une transformation des économies africaines, avec une attention particulière accordée à l’agriculture, à l’industrie, au numérique et aux services, secteurs susceptibles de générer des emplois en nombre.


Évoquant la réponse ivoirienne, Robert Beugré Mambé a présenté le Plan national de développement (PND) 2026-2030 comme un instrument majeur de la politique de développement du président Alassane Ouattara. Il a cependant appelé à une mobilisation collective, estimant que les défis démographiques nécessitent une coopération renforcée entre les États, le secteur privé, les chercheurs et les partenaires internationaux.


 

Prenant la parole, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a rappelé les perspectives démographiques du continent. À l’horizon 2050, l’Afrique devrait atteindre près de 2,5 milliards d’habitants, dont environ 60 % auront moins de 25 ans.


Pour le ministre, cette réalité doit conduire les gouvernements à placer le capital humain au centre de leurs politiques publiques.


La Côte d’Ivoire connaît déjà cette dynamique. Sa population est passée de 6,7 millions d’habitants en 1975 à 29,4 millions en 2021. Selon les données du dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), les moins de 35 ans représentaient alors 75,6 % des habitants.


Souleymane Diarrassouba a également mis en avant la création de l’Office national de la population, appelé à contribuer au suivi et à la coordination de la politique démographique nationale.


Concernant les perspectives économiques, il a rappelé que le PND 2026-2030 est doté d'une enveloppe de 209 milliards de dollars et ambitionne de générer plus de trois millions d’emplois formels. « Le capital humain doit rester au centre de toutes nos actions », a-t-il martelé.


La directrice exécutive de l’UNFPA, Diene Keita, a, pour sa part, appelé à ne pas perdre de vue l’urgence des décisions à prendre. Elle a souligné que l’Afrique pourrait contribuer à plus de la moitié de la croissance de la population mondiale au cours des 25 prochaines années, avec près de 900 millions d’habitants supplémentaires.


 

À ses yeux, cette perspective impose d’agir dès maintenant. « Un enfant qui naît aujourd’hui aura environ 24 ans en 2050. Il est donc important de lui garantir dès maintenant une bonne éducation, une formation adaptée et des possibilités d’emploi », a-t-elle expliqué.


Elle a également relevé les progrès accomplis dans l’éducation, avec un taux d’achèvement du primaire passé de 55 % en 2000 à environ 85 % aujourd’hui. Des avancées qui, selon elle, doivent s’accompagner d’efforts supplémentaires dans la santé, les infrastructures et la protection sociale.


La responsable onusienne a enfin insisté sur la nécessité de disposer de données démographiques fiables pour orienter les décisions publiques, tout en prenant en compte les effets des changements climatiques, des conflits, des déplacements de populations et des mutations technologiques.


Réaffirmant l’engagement de l’UNFPA aux côtés des États africains, elle a rappelé que les politiques de développement doivent intégrer les droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que les aspirations de la jeunesse.


« L’enfant qui naît aujourd’hui en Afrique ne participera peut-être pas à nos échanges, mais les décisions que nous prenons aujourd’hui détermineront son avenir », a-t-elle conclu.


À Abidjan, le message des différents intervenants converge ainsi vers une même exigence : faire de la démographie un avantage plutôt qu’une contrainte. Car le véritable défi de l’Afrique à l’horizon 2050 ne sera pas seulement de compter davantage d’habitants, mais de donner à chacun les moyens de contribuer à la richesse du continent.


Jean Chresus, Abidjan


 
 
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