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Cameroun : La bataille de l'après - Biya s'intensifie, Ngoh Ngoh et Motaze s'affrontent, le pays retient son souffle
 

Cameroun : La bataille de l'après - Biya s'intensifie, Ngoh Ngoh et Motaze s'affrontent, le pays retient son souffle

 
 
 
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 Il y a 2 heures
 
 
 
 
 
© Koaci.com - vendredi 30 janvier 2026 - 08:25


Alors que Paul Biya, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, semble un peu éloigné des décisions, une lutte souterraine fait rage entre les barons du régime autour d'un contrat lucratif de scanning au Port de Douala. Cette situation montre une inquiétante désintégration de l'autorité de l'État.


Bras de fer 


Le Port Autonome de Douala (PAD), véritable poumon économique du Cameroun, traverse ces dernières semaines une crise sans précédent concernant le contrôle des marchandises. Au centre de ce conflit : le contrat de scanning attribué à la Société Générale de Surveillance (SGS) depuis 2015, qui a commencé à être appliqué en 2022 et est censé durer jusqu'en 2032. 


La chronologie des événements révèle une confusion institutionnelle alarmante. Le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, impose, avec le Directeur Général du Port Autonome de Douala, une nouvelle société, TRANS ATLANTIC D. S.A, pour remplacer SGS


Dans une lettre, le DG du PAD se débarrasse purement et simplement du prestataire actuel. Face à cette offensive, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s'oppose fermement, bloque le processus et, par conséquent, paralyse les activités portuaires. De son côté, SGS refuse de quitter, arguant que son contrat est valide jusqu'en 2032.


Cacophonie 


Le 21 janvier, le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh convoque une réunion d'urgence à la Présidence de la République. Il demande au Premier ministre Joseph Dion Ngute d'envoyer « toute affaire cessante » un représentant. Ce même jour, le SGPR convoque également le Secrétaire Général des Services du Premier ministre. Au ton triomphant qui suit cette rencontre, le clan soutenant le Directeur du Port semble sortir vainqueur. Le 26 janvier, c'est le général Emmanuel Amougou, chef d'état-major particulier du président, qui transmet par écrit le "OUI" du chef de l'État au ministre des Transports pour le départ de SGS au profit de TRANS ATLANTIC D.S.A, « afin d'éviter le sabotage du travail de la société TRANS ATLANTIC D.S.A », précise le général.


 

Le PM remet les pendules à l’heure 


Mais le 29 janvier, un rebondissement spectaculaire a eu lieu. Le gouvernement, sous la direction du Premier ministre, se mobilise pour une communication forte. Joseph Dion Ngute reprend le dossier en main et tranche avec fermeté : le contrat de SGS ne peut pas être annulé par ceux qui ne l'ont pas signé. 


À l'issue d'une réunion de crise qui s'est tenue ce jeudi à l'immeuble Étoile avec toutes les parties concernées, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a partagé la position du gouvernement : « Nous venons de participer à une réunion convoquée par le PM, et nous tenons à le remercier pour cette initiative. Cette démarche découle d'un constat des incompréhensions qui ont eu lieu au Port autonome de Douala. En résumé, le gouvernement a signé un contrat avec la SGS en 2015, qui est entré en vigueur en 2022 et qui court jusqu'en 2032 », a expliqué le ministre des Transports. 


Il a également insisté : « Le Premier ministre a décidé, conformément à la loi, qu'un contrat signé par le gouvernement doit être résilié par le gouvernement. Ce contrat, qui court jusqu'en 2032, va se poursuivre... »


 Plusieurs éléments intrigants entourent cette affaire et soulèvent des questions sur l'état réel du pouvoir au Cameroun. Premièrement, le ministre des Transports conclut sa communication sans remercier le président de la République, ce qui est très rare au Cameroun, où le protocole exige de toujours mentionner les « hautes instructions » présidentielles. Deuxièmement, c'est le Premier ministre qui a pris la décision « en conformité avec la loi ». Depuis quand le PM prend-il des décisions sur des questions de souveraineté nationale sans référence explicite au Président ?


Troisième anomalie, et pas des moindres : pourquoi le chef d'état-major « particulier » du président a-t-il ressenti le besoin d'envoyer cette lettre au ministre des Transports ? Quel jeu joue-t-il dans cette lutte de clans ? Son intervention laisse penser que des « hautes instructions » auraient été données lors de la réunion du 21 janvier convoquée par le SGPR.


Paul Biya dirige-t-il encore ?


 

La question, qui était encore un tabou il y a quelques années, est maintenant posée sans détour : Paul Biya, à 93 ans, est-il toujours aux commandes du Cameroun ? L'affaire du Port de Douala met en lumière une fragmentation du pouvoir, où chaque baron essaie d'imposer sa volonté en se prévalant de l'autorité présidentielle. 


D'un côté, il y a Ferdinand Ngoh Ngoh, le SGPR tout-puissant, qui convoque et prend des décisions. De l'autre, Louis Paul Motaze, le ministre des Finances, qui veille à l'orthodoxie des contrats. Entre ces deux figures, un Premier ministre s'efforce de rétablir l'ordre institutionnel, tandis qu'un chef d'état-major particulier intervient, semant le trouble.


Ngoh Ngoh-Motaze, le pays au bord de l'embrasement


Cette lutte de pouvoir autour de l'après-Biya pourrait bien plonger le pays dans le chaos. Le conflit entre le PAD et la société SGS met en lumière une fracture sans précédent au sommet de l'État camerounais, où la rigueur du droit commercial se heurte aux exigences de la souveraineté nationale – ou plutôt aux ambitions des différentes factions au pouvoir. La « nuit des longs couteaux » se poursuit, et le « Grand Soir » se rapproche inéluctablement. Il s'agit d'une guerre dont l'enjeu n'est rien de moins que l'après-Biya, c'est-à-dire le contrôle de l'État une fois Paul Biya écarté.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com


 
 
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