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Côte d'Ivoire : Montée en puissance du feminicide, la société civile se mobilise pour briser le silence et sauver des vies
 

Côte d'Ivoire : Montée en puissance du feminicide, la société civile se mobilise pour briser le silence et sauver des vies

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 04 février 2026 - 17:36



Face à la recrudescence des violences basées sur le genre (VBG) et à l’augmentation inquiétante des féminicides en Côte d’Ivoire, la mobilisation de la société civile s’intensifie. À l’initiative de Women in Law and Development in Africa – Côte d’Ivoire (WILDAF-CI), avec l’appui financier de Urgent Action Fund (UAF), un vaste programme de formation et de sensibilisation intitulé « Stop aux féminicides » est actuellement mis en œuvre dans les communes d’Abobo, Yopougon et Port-Bouët. 


Pour Yao Kra Filias, consultant-formateur et formateur en santé sexuelle et reproductive, intervenant aux côtés de WILDAF-CI, la question du féminicide ne relève plus de faits divers isolés, mais bien d’un problème majeur de santé publique.


« Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, les cas de meurtres de femmes sont de plus en plus fréquents. Il ne s’agit pas uniquement de femmes analphabètes. Nous avons enregistré des cas de jeunes filles de l’INFAS, de femmes travaillant aux champs, de femmes de tous horizons », a-t-il expliqué.


Selon lui, aucune justification ne peut être avancée pour ôter la vie à une femme : refus d’avances, soupçons d’infidélité, volonté de domination ou prétexte de faiblesse supposée. « On ne tue pas une personne parce qu’elle est une femme », martèle-t-il.


Les données officielles confirment l’ampleur du phénomène. Selon l’Annuaire statistique 2024 du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, présenté en juin 2025, 9 607 cas de violences basées sur le genre ont été recensés au cours de l’année 2024. Un chiffre en deçà de la réalité, de nombreux cas n’étant jamais dénoncés.


Concernant les féminicides, forme la plus extrême des VBG, le monitoring médiatique de l’Organisation pour la Réflexion et l’Action Féministe (ORAF) fait état de 46 cas recensés entre 2022 et 2024, soit une moyenne annuelle de 23 à 24 cas. Entre janvier et octobre 2025, plus de 10 nouveaux cas ont déjà été rapportés par les médias.


Dans la majorité des situations, les auteurs sont le conjoint ou un proche, et les motifs évoqués sont souvent banals : refus de séparation, honneur prétendument bafoué, jalousie ou dépendance économique.


Au cœur des échanges avec les participantes, les intervenants ont insisté sur les violences basées sur le genre qui conduisent au féminicide, leur répression et le cadre juridique ivoirien protégeant les femmes.


 

Pour Yao Kra Filias, la prévention reste la première réponse. « Il faut informer les femmes sur les facteurs de risque, encourager la dénonciation et rappeler que se taire peut coûter la vie », a-t-il souligné, évoquant le cas d’un homme ayant brûlé sa femme avec un fer à repasser, se croyant protégé par sa position professionnelle.


Il insiste également sur l’autonomie des femmes : « Même sans argent, la vie est plus précieuse que tout. Une femme doit pouvoir compter sur elle-même avant de dépendre entièrement de son mari. »


Psychologue intervenante à l’ONG SOS Violence Sexuelle, Miss Guy Doriane a salué une formation « enrichissante et essentielle », qui renforce les capacités des acteurs engagés dans la lutte contre les VBG.


« La libération de la parole est une étape fondamentale du processus de guérison. Elle représente près de 50 % du chemin vers le mieux-être », a-t-elle expliqué, rappelant que chaque survivante vit sa souffrance de manière singulière et nécessite un accompagnement adapté.


Cette formation lui a permis d’approfondir les différentes formes et sous-types de féminicides, tout en enrichissant ses pratiques professionnelles et celles de son organisation sur le terrain.


Vice-présidente de l’Organisation Nationale des Parents pour Handicapés Auditifs de Côte d’Ivoire (ONPHA-CI), section Abourguie (Fâchie), Tano Anna a salué l’initiative de WILDAF-CI, qu’elle juge particulièrement bénéfique pour les parents d’enfants en situation de handicap auditif.


« La communication est essentielle. Si le parent n’est pas informé, lorsqu’un enfant dénonce une violence, cela risque de ne pas être pris au sérieux », a-t-elle souligné, annonçant son intention de relayer les acquis de la formation à travers des actions communautaires.



Le projet « Stop aux féminicides » vise à renforcer les capacités de 78 femmes leaders communautaires (26 par commune) issues d’ONG, d’associations et de groupements féminins. Trois ateliers d’une journée sont organisés, avec pour objectifs :

d’améliorer les connaissances sur les VBG et les féminicides, de renforcer la compréhension des droits des femmes et du cadre juridique, d’outiller les participantes sur les mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge et de constituer des noyaux de femmes relais communautaires capables d’agir localement.


 

Face à la persistance des violences, alimentées par les normes patriarcales, la précarité économique, la culture de l’impunité et le manque d’information, les acteurs engagés appellent à une mobilisation collective.



Le message est clair : briser le silence, protéger les femmes et agir en amont pour que plus aucune femme ne perde la vie parce qu’elle est une femme.



Wassimagnon




 
 
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