Cameroun : Miss Cameroun 2025, Josiane Golonga sera-t-elle destituée avant la fin de son règne ?
Le monde du glamour et de l'élégance camerounaise n'est pas vraiment habitué aux tempêtes. Pourtant, ces derniers jours, une crise ouverte a éclaté entre le Comité Miss Cameroun (COMICA) et sa reine actuelle, Josiane Harangada Golonga, couronnée Miss Cameroun 2025.
C'est par voie juridique que cette affaire a fait surface. Dans une lettre datée du 13 février 2026, le cabinet de Maître Pierre-Alexis Bayebec a adressé à Josiane Golonga une « ultime demande d'explications » qui inclut une mise en demeure de respecter les clauses de son contrat. Le ton de ce courrier, sans équivoque, montre à quel point la rupture entre la Miss et l'institution qui l'a couronnée est profonde.
Le COMICA a dressé une liste de reproches précis à l'encontre de la jeune femme. On lui reproche notamment un retard jugé inacceptable lors d'un rendez-vous à l'Ambassade de Turquie, un incident qui aurait entraîné une « perte considérable de crédibilité » auprès de cette institution partenaire.
De plus, elle aurait abandonné ses fonctions et refusé à plusieurs reprises de représenter le Comité lors d'événements organisés par des partenaires stratégiques, y compris la chaîne Canal 2.
Le COMICA lui reproche également des propos irrespectueux envers la présidente du Comité, ainsi que le blocage de certains membres sur les réseaux sociaux. Enfin, elle aurait formellement interdit au COMICA d'utiliser son image à des fins quelconques — une décision qui, si elle est confirmée, rendrait sa mission de représentation presque impossible. L'ultimatum est clair : Josiane a cinq jours (à partir du 18 février 2026) pour se présenter et fournir des justifications solides. Sinon, elle risque une destitution immédiate, accompagnée d'une obligation de rembourser la somme de 13 millions de francs CFA, correspondant aux investissements réalisés en son nom, y compris les dons effectués dans la région du Nord et sa participation à une compétition internationale.
Les accusations de Josiane
Du côté de la Miss et de ses proches, la situation est complètement différente. Josiane Golonga demande le paiement de deux mois de salaire en retard - décembre 2025 et janvier 2026 - ainsi que la restitution de sa voiture de fonction, dont elle serait, selon le COMICA, la seule à avoir les clés, et qu'elle aurait laissée dans un état jugé insalubre.
La question que soulèvent ses défenseurs est pourtant d'une logique implacable : comment peut-on exiger d'une personne qu'elle respecte ses engagements quand on ne remplit pas soi-même ses obligations les plus élémentaires envers elle ? Le respect d'un contrat est une responsabilité partagée. On ne peut pas brandir les clauses d'un accord uniquement quand cela sert ses propres intérêts. L'entourage de la Miss va même plus loin, affirmant qu'aucune autre Miss Cameroun n'a jamais été traitée avec un tel mépris. La menace de lui retirer sa couronne, sa voiture, son logement et tous ses attributs en cinq jours est perçue par ses proches comme une forme de pression et d'intimidation, incompatible avec les valeurs que devrait défendre une organisation dédiée à la promotion de la femme camerounaise.
La communauté Massa monte au créneau
L'affaire a rapidement évolué au-delà d'un simple différend contractuel pour devenir une question communautaire et identitaire. Le peuple Massa, dont Josiane Golonga est originaire, s'est mobilisé pour demander des explications au COMICA concernant leur fille. La communauté dénonce ce qu'elle considère comme un harcèlement médiatique orchestré contre la jeune femme, et appelle à respecter sa dignité, tout comme l'image qu'elle porte fièrement : celle d'une Camerounaise venant d'une région souvent mise à l'écart des projecteurs.
Lorsqu'une Miss est couronnée, elle ne représente pas seulement elle-même. Elle incarne une région, un peuple, une culture. La blesser, c'est aussi blesser ceux qui s'identifient à elle. Dans ce contexte tendu, une voix s'est élevée avec sagesse et mesure.
Princesse Issie, Miss Cameroun 2023, a choisi de ne pas attiser les flammes. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a appelé à l'humilité et à l'empathie, rappelant avec justesse qu'on ne peut bien juger que ce qu'on a vécu. Elle a également souligné l'acharnement observé sur les réseaux sociaux, où chacun se prend pour un juge sans jamais avoir porté ce que les initiées appellent le « graal ».
Le compte à rebours de cinq jours est enclenché. Josiane Golonga se présentera-t-elle devant le COMICA ? Trouvera-t-on un terrain d'entente avant que la situation ne franchisse le point de non-retour ? Wait and see.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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