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Cameroun : 29 % d'enfants camerounais souffrent de retard de croissance, l'alimentation scolaire, un investissement urgent pour l'avenir les petits (FAO)
 

Cameroun : 29 % d'enfants camerounais souffrent de retard de croissance, l'alimentation scolaire, un investissement urgent pour l'avenir les petits (FAO)

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 27 février 2026 - 12:11


Chaque matin, des milliers d'enfants camerounais poussent la porte de leur école le ventre vide. Un constat alarmant que dresse Cécile Patricia Ngo Sak, spécialiste en nutrition à la FAO Cameroun. Dans le même temps, la spécialiste appelle à faire de la cantine scolaire une priorité nationale.


Un droit, pas un luxe


Pour l'experte, la question dépasse le simple cadre de la restauration. « L'alimentation scolaire n'est pas un privilège : c'est un investissement structurant dans le capital humain, un déterminant majeur de la réussite éducative et un pilier incontournable de la lutte contre l'insécurité alimentaire et nutritionnelle », affirme-t-elle. En clair, un enfant qui n'a pas mangé ne peut pas apprendre.


Les données viennent confirmer cette réalité. Selon l'enquête démographique et de santé de 2018, 29 % des enfants camerounais souffrent de retard de croissance, 57 % sont anémiques et 11 % sont touchés par l'obésité infantile. Des chiffres que les crises climatiques, sécuritaires et économiques ne font qu'aggraver. Pourtant, selon les annuaires statistiques du Minedub, seuls 2,8 % des élèves du primaire bénéficient aujourd'hui d'un repas chaud et gratuit à l'école.


Cantine au secours de l'économie locale


Au-delà de la nutrition, Cécile Patricia Ngo Sak défend un modèle où la cantine scolaire devient un véritable levier de développement. « Elle devient un espace d'apprentissage des bonnes pratiques alimentaires », explique-t-elle, ajoutant qu'elle « crée un écosystème où agriculture, nutrition, éducation et développement local se renforcent mutuellement. »


La Stratégie nationale d'alimentation scolaire (SNAS) adoptée par le Cameroun va dans ce sens, en liant les cantines directement à la production agricole locale. L'objectif est double : soutenir les petits producteurs ruraux tout en garantissant des repas sains et diversifiés aux élèves.


 

Les résultats concrets de la FAO sur le terrain


En 2025, la FAO a mis ce modèle à l'épreuve dans les régions de l'Est et du Sud Cameroun. À travers le projet « Promotion d'une production innovante, ludique et éducative pour une alimentation saine et nutritive en milieu scolaire », 18 jardins scolaires ont été créés, produisant près de 237 000 kg de légumes, 70 000 œufs et 1 275 kg de poissons. Chaque semaine, ce sont 10 833 élèves qui ont pu bénéficier d'un repas équilibré.


Les effets ont été rapidement visibles : hausse de la fréquentation scolaire de 2 %, baisse des absences, formation de 48 restauratrices locales et mise en place de comités de gestion dans chaque école participante.


Passer du pilote au national


Malgré ces avancées encourageantes, la spécialiste en nutrition est formelle : il ne s'agit plus de multiplier les expérimentations, mais de changer d'échelle. « L'alimentation scolaire doit désormais être pensée comme une obligation nationale, pas comme une action pilote », insiste-t-elle.


Elle appelle à une mobilisation collective impliquant l'État, les collectivités locales, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les communautés. Car selon elle, « le Cameroun dispose des ressources, des savoir-faire et de nombreux exemples locaux de réussite ». Ce qui manque encore, précise-t-elle, c'est « l'opérationnalisation pleine et entière de la volonté politique. »


Choix de société


Cécile Patricia Ngo Sak rappelle une évidence trop souvent oubliée dans les arbitrages budgétaires : « Aucun enfant ne devrait avoir à choisir entre apprendre et se nourrir. » Et de conclure avec force : « Nourrir les enfants n'est pas un coût, c'est un choix de société. »


 

Un message clair adressé aux décideurs camerounais, à l'heure où construire un capital humain solide est plus que jamais une condition sine qua non du développement du pays.


-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.


-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com





 
 
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