Côte d'Ivoire : PURE 2026-2035, la filière hévéa mise sur la diaspora pour transformer le paysage agricole
En marge du Salon International de l’Agriculture (SIA) 2026, la filière hévéa de Côte d’Ivoire a franchi une étape majeure dans sa stratégie de modernisation. Réunis à Nanterre le 28 février, les responsables de la Fédération des organisations professionnelles agricoles de producteurs de la filière hévéa (FPH-CI) ont engagé un dialogue direct avec la diaspora ivoirienne afin de l’associer au financement et à la mise en œuvre du Programme d’urgence de renouvellement et d’extension du verger hévéicole (PURE).
Porté par l’Association des Professionnels du Caoutchouc Naturel de Côte d’Ivoire, le PURE couvre la période 2026-2035. Il prévoit la création et la réhabilitation de 500 000 hectares de plantations d’hévéa, soit 50 000 hectares par an.
Ce vaste chantier poursuit un double objectif, sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles et améliorer durablement les revenus de plus de 240 000 producteurs.
Pour la filière, l’enjeu est stratégique. La Côte d’Ivoire, 3ᵉ producteur mondial et 1er producteur africain de caoutchouc naturel, doit consolider son verger afin de maintenir sa compétitivité sur un marché international exigeant, tout en répondant aux impératifs croissants de durabilité.
Face à un auditoire fortement mobilisé, le président du Conseil d’administration de la FPH-CI, Jules Dally, a lancé un appel explicite aux Ivoiriens de l’extérieur, les invitant à investir dans le renouvellement et l’extension des plantations.
De nombreux membres de la diaspora possèdent déjà des exploitations agricoles en Côte d’Ivoire, faisant d’eux des acteurs économiques déjà engagés dans la dynamique nationale. L’objectif est désormais de structurer et d’amplifier cette participation.
L’approche défendue repose sur une convergence d’intérêts, accroître les revenus des producteurs, renforcer la transformation économique des zones rurales, positionner l’hévéaculture comme un moteur de prospérité territoriale.
Cette mobilisation s’inscrit dans une vision partenariale associant producteurs, investisseurs privés et institutions publiques.
Au-delà de l’expansion des superficies, le PURE ambitionne de bâtir une hévéaculture plus performante et durable. Le programme prévoit notamment, la diffusion de plants améliorés, la professionnalisation des exploitants, le développement de l’agroforesterie, une meilleure intégration des jeunes et des femmes et la réduction des impacts environnementaux.
L’implantation de nouvelles plantations dans des zones dites marginales, notamment à Bondoukou, Dabakala et Touba, vise à créer de nouveaux bassins hévéicoles. Selon les responsables de la filière, l’extension du couvert végétal pourrait stimuler la pluviométrie locale et renforcer la résilience environnementale des territoires concernés.
La rencontre a enregistré la participation de plusieurs personnalités et partenaires techniques, dont l’Ambassadeur Aly Touré, représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ainsi que des représentants du Fonds international de développement agricole (FIDA) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
La présence de ces acteurs institutionnels confirme le caractère structurant du PURE pour l’économie rurale ivoirienne.
En choisissant Paris et le Salon International de l’Agriculture comme tribune, la filière hévéa ivoirienne inscrit clairement son ambition dans une perspective internationale.
Le message adressé à la diaspora est sans équivoque : participer au PURE, c’est investir dans un secteur stratégique, soutenir la modernisation agricole et accompagner la transformation durable des territoires ruraux ivoiriens.
Wassimagnon
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