Cameroun : Un réfugié camerounais obtient l'asile au nom de l'homosexualité, mais cache une famille restée au pays
Marius Kamna, un délégué de la cop26 a obtenu l’asile comme réfugié « homosexuel » malgré une épouse et un enfant au Cameroun.
Marius Kamna un Camerounais de 35 ans, aujourd'hui réfugié reconnu et mécanicien dans la banlieue de Cardiff, se retrouve au cœur d'une polémique révélée par le Daily Mail. Selon le journal anglais, il aurait une épouse prénommée Segning et un fils de sept ans, Emanuel, restés au Cameroun — une réalité qui n'aurait jamais été portée à la connaissance des autorités britanniques lors de l'examen de son dossier.
Tout commence à Glasgow en novembre 2021, lors de la COP26. Kamna y représente officiellement le Cameroun en tant que délégué à la conférence des Nations Unies sur le climat. Mais à la clôture de l'événement, il ne prend pas l'avion du retour. Il dépose une demande d'asile, invoquant les risques qu'il courrait dans son pays en raison de son homosexualité — comportement criminalisé au Cameroun et pouvant entraîner de lourdes peines d'emprisonnement.
Ses collègues délégués auraient été déconcertés par ce revirement soudain. Ils l'auraient été davantage encore, selon le Daily Mail, en apprenant l'existence de cette cellule familiale laissée sur le continent africain.
Double vie
Confronté aux journalistes dans son lieu de travail, Marius Kamna livre une explication nuancée. Son mariage, dit-il, n'aurait jamais été librement consenti : chassé par sa famille après la révélation de son orientation sexuelle, il aurait été contraint de se plier à une union arrangée pour restaurer son honneur familial. Un fonctionnaire aurait même été corrompu pour accélérer les démarches administratives liées à cette union de façade. Il reconnaît toutefois que ce mariage a été consommé, ce qui a abouti à la naissance de son fils. Depuis son départ en 2021, il affirme contribuer financièrement à l'éducation de l'enfant, sans l'avoir revu.
Sur sa propre identité sexuelle, ses déclarations ont varié au fil de l'entretien : d'abord bisexuel, il s'est ensuite présenté comme exclusivement homosexuel depuis l'adolescence, évoquant des années de dissimulation sous la pression d'un environnement hostile.
Au-delà du cas individuel, c'est la robustesse du dispositif britannique d'évaluation des demandes d'asile qui se trouve questionnée. Selon les chiffres cités par le Daily Mail, près de 1 400 personnes — environ 2 % des demandeurs — invoquent actuellement leur orientation sexuelle comme motif de protection sur le territoire britannique. Face à l'impossibilité pratique de vérifier objectivement ces déclarations intimes, le ministère de l'Intérieur se trouve dans une position délicate : comment protéger efficacement les véritables victimes de persécutions liées à leur identité sexuelle, tout en évitant que ce motif ne devienne une voie d'accès détournée au séjour légal ?
Marius Kamna, lui, assure être victime de pressions au sein même de la communauté camerounaise de Cardiff, certains compatriotes cherchant selon lui à nuire à sa réputation. Une vie britannique qui, visiblement, ne ressemble guère au nouveau départ espéré. Au Cameroun, l'homosexualité est illégale et sévèrement réprimée. Selon l'article 347-1 du code pénal, les rapports sexuels entre personnes de même sexe sont punis de six mois à cinq ans d'emprisonnement et d'une amende, faisant du pays l'un des plus répressifs d'Afrique en la matière
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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