Côte d'Ivoire : Sécurité routière, l'urgence d'un sursaut collectif face à l'incivisme
La cérémonie d’honneur à l’emblème national du mois de mai a servi de tribune pour alerter sur une réalité préoccupante : l’insécurité persistante sur les routes ivoiriennes. Organisée sur l’esplanade de la cité administrative du Plateau, cette rencontre s’est tenue simultanément au ministère des Affaires étrangères et à Postel 2000, marquant ainsi une mobilisation élargie autour d’un enjeu national majeur.
Invité à prendre la parole, Ettienne Kouakou, directeur de l’Office de sécurité routière (Oser), a dressé un constat sans détour. Malgré les investissements et les initiatives de l’État pour améliorer la fluidité des déplacements, les routes continuent de faire de nombreuses victimes, endeuillant chaque année des familles.
Selon les données officielles présentées, les facteurs humains demeurent la principale cause des accidents de la circulation. À eux seuls, ils représentent 95 % des cas, loin devant l’état des routes (2 %) et celui des véhicules (3 %). Excès de vitesse, non-respect des règles de priorité, imprudence ou encore indiscipline des usagers illustrent cette réalité qui interpelle.
Face à ce constat, l’accent a été mis sur la nécessité d’un changement de comportement. Pour les usagers, il ne s’agit pas seulement de connaître le code de la route, mais surtout de l’appliquer avec rigueur. Respecter les limitations de vitesse, suivre les indications des agents de circulation, circuler dans les voies appropriées et adopter une attitude responsable sont autant de gestes simples susceptibles de sauver des vies. La patience et la courtoisie sur la route, souvent négligées, ont également été présentées comme des valeurs essentielles à promouvoir.
Mais au-delà des comportements individuels, la responsabilité est aussi collective. Les autorités publiques sont appelées à maintenir des infrastructures routières de qualité, tandis que les entreprises sont invitées à intégrer la sécurité routière dans leurs politiques internes, notamment à travers des formations destinées à leurs employés. Les communautés, qu’elles soient religieuses, associatives ou familiales, ont également un rôle clé à jouer dans la sensibilisation et l’éducation des citoyens.
À travers cet appel à la mobilisation générale, les autorités entendent rappeler que la lutte contre l’incivisme routier ne peut être efficace sans l’implication de tous. La sécurité routière apparaît ainsi comme un défi partagé, qui exige une prise de conscience collective et des actions concrètes à tous les niveaux de la société.
Jean Chresus, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
